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Déconfinement : pourquoi des députés veulent rouvrir les restaurants à la mi-mai

Des députés demandent que les restaurants puissent rouvrir dès le 15 mai, avec tout un plan de soutien à la filière touristique pour cet été. Ils souhaitent ainsi éviter au secteur un manque à gagner trop important.

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Déconfinement : pourquoi des députés veulent rouvrir les restaurants à la mi-mai Crédit Image : duha127 / Getty Images | Crédit Média : RTL | Date :
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Martial You édité par Maxime Magnier

Alors que le Premier ministre doit présenter, ce mardi 28 avril à l’Assemblée nationale, le plan de déconfinement de l’exécutif en vue du 11 mai, de nombreux députés, y compris dans la majorité, demandent que les restaurants puissent rouvrir dès le 15 mai, avec tout un plan de soutien à la filière touristique pour cet été.

Le secteur de l’hôtellerie-restauration et du tourisme, c’est à la fois un champion du monde pour notre économie - première destination touristique avec près de 90 millions de touristes l’an dernier -, c’est un maillon essentiel de l’économie des régions, puisque la moitié des Français partent en vacances l’été, mais 20% seulement les passent à l’étranger. Et puis, c’est aussi un survivant qui vient de traverser, année après année, les attentats du Bataclan et de Nice, la crise des "gilets jaunes", les grèves contre la réforme des retraites.

Dès lors, pas trop le choix : il faut que les Français partent en vacances, et en France, de surcroît. Mais quoi qu’il arrive, les comptes vont être difficiles à équilibrer. D’où la mise en place de différentes mesures de soutien proposées par une centaine de députés de la majorité. 30 millions de Français partent en vacances l’été, en règle générale. On va récupérer les 6 millions de compatriotes qui avaient l’habitude de partir dans un autre pays. Mais sur la saison estivale, on risque aussi de perdre environ 15 millions de touristes étrangers qui venaient à Paris ou sur la Côte d’Azur.

Des mesures pour inciter les Français à prendre des vacances ?

Il faut donc inciter fortement les Français à prendre des congés pour sauver nos hôtels, restaurants, campings, parcs, activités culturelles. Les députés proposent que la prime Macron de 1.000 à 2.000€ soit versée sous forme de chèques vacances, par exemple, et que les billets de train soient gratuits dans un rayon de 200 km de son domicile. Cette dernière proposition a peu de chance de voir le jour, car ça voudrait dire qu’on subventionne à nouveau la SNCF ou qu’on lui demande de travailler à perte. 

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Mais surtout, si on veut que les Français partent, encore faut-il que les activités touristiques, les animations culturelles, les plages soient accessibles. D’où l’idée de commencer à rouvrir dès la mi-main les restaurants. C’est assez logique, car lorsqu’on regarde la carte du virus, on voit que la façade atlantique, par exemple, n’est pas trop touchée. Ça pourrait sauver la saison touristique de printemps et amorcer l’été. 

On peut même imaginer que la moitié des Français qui ne partent pas habituellement puissent s’offrir des vacances subventionnées cet été. Les députés proposent donc une réouverture des restaurants mi-mai et début juin pour les départements les moins touchés par le Covid-19, puis Paris et le Grand Est à partir de la mi-juin.

Des intérêts divergents à Paris et en région

Ces mesures ont toutefois un enjeu sanitaire. Le gouvernement l’a d’ailleurs dit : rien ne serait pire qu’ouvrir pour refermer quelques jours plus tard à cause d’une deuxième vague

Mais il y a aussi, disons-le, une petite guerre Paris/Province entre les restaurateurs. La moitié des touristes à Paris, pendant l’été, ce sont des touristes étrangers. Les habitants fuient la capitale en juillet et en août. Cette clientèle sera absente cette année. Les établissements de la capitale ne veulent donc pas ouvrir et tourner à perte. En Province, en revanche, vous avez beaucoup de petits établissements avec peu de salariés qui font leur saison en ce moment. Ceux-là poussent pour une réouverture rapide.

Il faut s’attendre à des hausses de tarifs

Il faut aussi, probablement, s’attendre à des hausses de tarifs quand tous ces établissements vont rouvrir. Tous les professionnels nous y préparent : des plexiglas entre les tables, des équipements (masques et gants) pour les serveurs, moins de monde dans les restaurants… Tout ça aura un coût, nous dit-on. 

Certes. Mais c’est aussi une partie des négociations actuelles avec le gouvernement pour obtenir des aides de chômage partiel et des exonérations de charges jusqu’en décembre pour sauver la trésorerie des restaurateurs. Certains militent même pour un retour de la TVA à 5,5% pour éviter une hausse des prix. Tout se négocie avec l’État avant la réouverture des restaurants. 

Globalement, il faut se dire que ce marché de l’hôtellerie-restauration, qui fait travailler un million de Français à lui tout seul, est en grande fragilité. 25% des établissements pourraient baisser définitivement le rideau en septembre, selon les organisations professionnelles. Il ne faut donc pas rater la réouverture pour éviter la fermeture définitive.

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