3 min de lecture Carlos Ghosn

Carlos Ghosn au Liban : ce que l'on sait de sa fuite du Japon

ÉCLAIRAGE - Carlos Ghosn est arrivé discrètement au Liban ce lundi 30 décembre. Il était pourtant en résidence surveillée au Japon.

>
Carlos Ghosn au Liban : ce que l'on sait de son évasion du Japon Crédit Image : Kazuhiro NOGI / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
Morad Djabari
et Philippe Dova

C'est un coup de tonnerre et c'est l'information de cette nuit du 30 au 31 décembre : Carlos Ghosn a fui le Japon. L'ex-PDG de Renault-Nissan, qui attendait son procès en résidence surveillée, n'avait logiquement pas le droit de quitter l'archipel. Plus d'un an après son arrestation à Tokyo, il a choisi de fuir un système judiciaire dont il se dit "l'otage".

Dans un communiqué, il affirme : "Je ne pouvais rester otage d'un système judiciaire faussé. C'est pour cela qu'il me fallait échapper à la justice japonaise et à la persécution politique." Carlos Ghosn a la nationalité libanaise, française et brésilienne.

Il est arrivé discrètement à Beyrouth à bord d'un jet privé en provenance de la Turquie, malgré son assignation à résidence à Tokyo depuis le 25 avril dernier. C'est une information révélée par le journal libanais L'Orient le Jour

Les circonstances de ce voyage sont encore floues à ce stade. Ses avocats restent pour le moment muets ou refusent de prendre position. "Je ne suis en l'état pas en mesure de faire un quelconque commentaire, pour l'instant, je ne dis rien", a répondu l'un d'eux à RTL. Son avocat japonais, "abasourdi", a affirmé que c'était pour lui "une surprise totale", et n'a pas eu de contact avec Carlos Ghosn depuis son départ.

Philippe Riès, ancien directeur de l'agence AFP de Tokyo de Tokyo et proche de l'ancien PDG de Renault-Nissan, a affirmé que Carlos Ghosn avait quitté le Japon sans aide extérieure, "comme un grand" a-t-il indiqué sur RTL. "La seule chose, ce que je peux dire, c'est qu'il n'y a eu évidemment, contrairement à certaines spéculations que j’entends ici et là, aucune espèce d'accord secret ou tacite avec les autorités japonaises", a-t-il déclaré.

Un départ surprise qui étoffe un dossier hors-norme

L'assignation à résidence et les conditions très strictes de libération sous caution de Carlos Ghosn ne lui permettaient pas de s'éloigner plus de deux nuits de Tokyo sans l'accord du procureur. Tout déplacement à l'étranger lui était interdit, et les abords de sa résidence étaient surveillés en permanence par des caméras.

À lire aussi
Carlos Ghosn (illustration) justice
Carlos Ghosn : son procès aux prud'hommes contre Renault reporté au 17 avril

Ce mardi 31 décembre matin, les médias japonais ont mis du temps à officialiser la nouvelle, et s'interrogent sur les conditions de cette grande évasion. Ils sont unanimes pour affirmer qu'une telle évasion équivaut à un adieu aux 12 millions d'euros de caution versée. L'un d'eux rappelle par ailleurs que début décembre, le ministre des Affaires étrangères japonais s'est rendu en visite officielle au Liban. 

Carlos Ghosn est toujours sous le coup de quatre inculpations pour corruptionL'homme d'affaires est dans l'attente de son procès au Japon. Il devait débuter au plus tôt au printemps prochain. L'ex-PDG de Renault-Nissan encourt jusqu'à quinze ans de prison et une amende d'un million d'euros.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Carlos Ghosn Évasion Liban
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants