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Explosions à Beyrouth : pourquoi la France et le Liban sont-ils si proches ?

ÉCLAIRAGE - "La France est toujours aux côtés du Liban", selon Emmanuel Macron. "C'est la famille", estime Jean-Yves Le Drian. Depuis les explosions à Beyrouth, les autorités multiplient les messages affectueux à destination du Liban.

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian avec le président libanais Michel Aoun le 23 juillet à Baabdat (Liban)
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian avec le président libanais Michel Aoun le 23 juillet à Baabdat (Liban) Crédit : DALATI AND NOHRA / AFP
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Paul Turban Journaliste

Ce mardi 4 août, une immense double explosion a dévasté la moitié de Beyrouth, la capitale du Liban. Dans la foulée, Emmanuel Macron a fait envoyer trois avions avec plusieurs tonnes de matériel sanitaire, avant d'annoncer qu'il se rendrait ce jeudi au Liban. "La France est toujours aux côtés du Liban", a-t-il déclaré sur Twitter. 

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian est allé encore plus loin. "La France, c'est la famille du Liban. Le Liban, c'est la famille de la France. Nous avons une telle histoire commune, de telles passions communes, de tels combats communs, de telles amitiés communes, que nous sommes en deuil comme les Libanais aujourd'hui", a-t-il déclaré sur BFMTV
Ces liens sont le fruit d'une longue histoire. Le Liban compte depuis le Ve siècle une importante communauté chrétienne, les maronites, des catholiques orientaux disciples du moine saint Maron. Le roi Louis IX, saint Louis, à l'occasion de la VIIe croisade à laquelle il a participé, leur promet en 1250 une "protection comme aux Français eux-mêmes" des rois de France, comme l'indique un rapport d'information du Sénat

Nous sommes persuadés que cette nation est une partie de la nation française ; car son amitié pour les Français ressemble à l'amitié que les Français se portent entre eux.

Charte aux Maronites de Louis IX (saint Louis) le 24 mai 1250.
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Ce lien entre chrétiens d'Orient (donc maronites) et les rois de France est confirmé à plusieurs reprises dans l'Histoire. En 1536, les capitulations entre François Ier et le sultan Soliman Ier le magnifique confirme le rôle de protection de la France sur les lieux saints et les chrétiens d'Orient.

"En 1625, le père Joseph, l'éminence grise de Richelieu, obtient l'autorisation d'envoyer des missionnaires à Alep. En contact étroit avec les consuls français, ils tissent un réseau très dense de soutien aux chrétiens locaux", rapportait l'historien Jean-Louis Thériot dans FigaroVox

La France et l'indépendance du Liban

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En 1860, un conflit violent oppose les Druzes (musulmans) aux maronites : des massacres sont perpétrés contre les chrétiens. Sous la pression de l'opinion et avec l'accord des puissances européennes, l'Empire français de Napoléon III intervient militairement pour une "opération à but humanitaire". 

Au terme de cette expédition, le moutassarifat du Mont-Liban est créé, une région autonome au sein de l'Empire ottoman. Son chef est un sujet ottoman catholique mais non-libanais, nommé par l'Empire ottoman avec l'accord des Européens. 

Au terme de la Première Guerre mondiale, avec le démantèlement de l'Empire ottoman, la Société des Nations (ancêtre de l'ONU) confie un mandat à la France sur la Syrie et le Liban en 1919. Cela aboutit à la création du "Grand Liban", devenu la République libanaise en 1926 avant d'accéder à l'indépendance en 1943. 

Des liens qui restent forts

Le Liban est aujourd'hui membre de l'Organisation internationale de la francophonie. En 2010, selon cette organisation, 1.616.900 de Libanais parlaient français, soit plus du quart de la population. 

L'ambassade de France au Liban évoque aussi sur son site "des échanges culturels, particulièrement denses dans les domaines de la coopération universitaire et de la recherche." En visite à Jérusalem en janvier 2020, Emmanuel Macron a lancé "un nouveau fonds par lequel nous allons financer l’ensemble des écoles des chrétiens d’Orient", comme le rapportait La Croix, y compris au Liban. 

Selon l'ambassade, la France est aussi active au pays du Cèdre dans "le renforcement des forces armées libanaises", l'accueil d'un "important afflux de réfugiés syriens" ou encore dans l'économie libanaise. Le 23 juillet dernier, en visite au Liban, Jean-Yves Le Drian a sommé les autorités libanaises à "s'engager de manière concrète dans la voie des réformes", dénonçant leur "côté passif", signe que la France garde un œil sur le Liban. 

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