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Pourquoi Emmanuel Macron se rend-il à Jérusalem ?

Invité cette semaine en Israël pour commémorer la libération du camp d'Auschwitz avec une quarantaine de chefs d'État, Emmanuel Macron doit profiter de l'occasion pour afficher sa détermination contre l'antisémitisme et appeler au dialogue avec l'Iran.

Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahou à Paris, le 5 juin 2018.
Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahou à Paris, le 5 juin 2018. Crédit : Philippe WOJAZER / AFP
Charles Deluermoz et AFP

C'est un déplacement lourd d'enjeux pour Emmanuel Macron. Invité à commémorer la libération du camp nazi d'Auschwitz mercredi et jeudi avec une quarantaine de dirigeants mondiaux, le chef d'État doit arriver ce mardi 21 janvier au soir à Jérusalem, où sont aussi attendus le président russe Vladimir Poutine et le vice-président américain Mike Pence. 

Mercredi matin, il rencontrera  le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le dirigeant français s'entretiendra ensuite avec le président Reuven Rivlin et Benny Gantz, ancien chef de l'armée et grand rival électoral de Benjamin Netanyahou, afin de rester neutre dans l'optique des législatives de mars en Israël.

En fin d'après-midi, Emmanuel Macron se rendra à Ramallah, en Cisjordanie, pour rencontrer le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Il compte montrer que la France maintient sa position d'une solution à "deux États"  - soit un État palestinien viable au côté d'Israël.

Commémoration de la libération d'Auschwitz

Mercredi soir, le président français retrouvera ensuite les représentants d'une quarantaine de pays lors d'un dîner officiel pour marquer le 75e anniversaire de la libération - par l'armée soviétique - du camp nazi d'Auschwitz-Birkenau.

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Jeudi, le président rendra hommage aux Juifs déportés depuis la France, en se déplaçant au mémorial de la déportation des Juifs de France, à Roglit, à l'ouest de Jérusalem, site inauguré en 1981 à l'initiative de Serge et Beate Klarsfeld. Le couple fait d'ailleurs partie de l'importante délégation qui accompagne le président français.

Sur ce lieu où sont plantés 80.000 arbres, il discutera avec cinq lycéens français et cinq rescapés qui, enfants, avaient été cachés en France pendant la guerre. Pour marquer l'engagement de son gouvernement, il sera accompagné du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

Lutte contre l'antisémitisme

Avant de participer à la cérémonie sur la libération d'Auschwitz au mémorial de Yad Vashem, le chef de l'État s'adressera à la communauté française d'Israël, surtout sur la lutte contre l'antisémitisme, a souligné l'Élysée, alors que la communauté juive française est inquiète d'une montée d'actes antisémites dans l'Hexagone.

Le mois dernier, Emmanuel Macron a appuyé le vote par l'Assemblée nationale d'une résolution non contraignante qui associe l'antisionisme à une forme d'antisémitisme. Ce texte, critiqué par une partie des députés de la majorité et de l'opposition, ainsi que par des intellectuels juifs, répond à une promesse annoncée devant le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) en février 2019.

"L'antisionisme est la forme réinventée de l'antisémitisme" avait-il d'ailleurs déclaré en recevant Benjamin Netanyahou à Paris en 2017 pour commémorer la rafle du Vel d'Hiv, arrestation massive de juifs par la police française en 1942.

Résoudre la question iranienne

Le vote de cette résolution a été applaudi par Israël mais les Israéliens restent très critiques envers Emmanuel Macron, tant en raison du regain d'actes antisémites en France que pour ses tentatives de médiation entre le président américain Donald Trump et l'Iran, que l'État hébreu accuse de chercher à se doter de l'arme nucléaire.

La République islamique, qu'Israël considère comme son pire ennemi, sera inévitablement au centre des discussions à Jérusalem, alors que le contexte régional reste tendu depuis la mort du général iranien Qassem Soleimani dans une frappe américaine le 3 janvier à Bagdad.

Un sondage Ifop pour la chaîne I24News, basée à Tel-Aviv, montre que pour 66 % des Israéliens, le gouvernement français n'agit pas efficacement contre l'antisémitisme et que pour 60 % d'entre eux, les Français de confession ou de culture juive ne sont pas en sécurité en France.

Par ailleurs, seuls 28% des Israéliens estiment que le gouvernement français mène une politique favorable à Israël et 36% seulement ont une bonne opinion d'Emmanuel Macron, contre 57% pour Donald Trump.

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