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États-Unis : avant Kamala Harris, quelles autres femmes ont été colistières ?

Par le passé, deux candidats, un démocrate puis un républicain, ont choisi de présenter une femme à la vice-présidence. Aucune de ces candidatures n'a fini par gagner l'élection.

Sarah Palin était candidate à la vice-présidence aux côtés de John McCain en 2008.
Sarah Palin était candidate à la vice-présidence aux côtés de John McCain en 2008. Crédit : AFP / GETTY / T.J. Kirkpatrick
Victor
Victor Goury-Laffont Journaliste

Joe Biden l'avait promis, et il l'a officialisé ce mercredi 12 août : la candidate démocrate à la vice-présidence sera bien une femme. Plus particulièrement, il s'agira de Kamala Harris, ex-procureure générale de Californie, devenue sénatrice et désormais la première femme noire à figurer sur un ticket présidentiel. 

À 55 ans, elle souhaitait devenir la première femme présidente des États-Unis, présentant sa candidature à la primaire démocrate 2020. Après s'être ralliée à Joe Biden, l'éventuel vainqueur de cette primaire, elle peut malgré tout espérer accéder à la Maison-Blanche dans le rôle de vice-présidente. 

Kamala Harris n'est cependant pas la première candidate à la vice-présidence, mais la troisième. En 1984, le démocrate Walter Mondale choisit Geraldine Ferraro pour l'accompagner pendant sa campagne, puis en 2008, le républicain John McCain choisit Sarah Palin. Deux candidatures perdantes, mais avec des idées, et des personnalités, très différentes.

Geraldine Ferraro, la première femme candidate

"Ce soir, la fille d'un immigrant italien a été choisie pour se présenter à une élection présidentielle." Le 12 juillet 1984, Geraldine Ferraro accepte d'être la candidate démocrate à la vice-présidence. Walter Mondale, le candidat à la présidentielle, tente une sorte de tout pour le tout : en juin 1984, il traîne un retard de plus de 10 points face à Ronald Reagan dans la plupart des sondages. 

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Geraldine Ferraro, espère-t-il, lui ramènera les voix de la population féminine aux États-Unis, mais aussi des descendants de l'immigration, qui ont déserté le parti lors de l'élection de 1980.

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Geraldine Ferraro Accepts the Vice Presidential Nomination at 1984 Democratic National Convention

Le pari est largement perdant : Ronald Reagan remporta 49 des 50 États et le vote populaire par plus de 18 points. Mais la campagne permet malgré tout, selon Ferraro, une avancée pour la cause féminine aux États-Unis. Interrogée à l'époque dans Time Magazine, elle affirmera : "Si une femme peut être vice-présidente des États-Unis, quel poste ne peut-elle pas occuper ?"

Institutrice puis avocate, Geraldine Ferraro a servi comme élue de New-York à la Chambre des Représentants de 1979 à 1985. Elle termina sa carrière comme ambassadrice des États-Unis aux Nations-Unis, de 1993 à 1996, un poste auquel elle avait été nominée par Bill Clinton. Geraldine Ferraro est décédée en 2011 des suites d'un cancer.

Sarah Palin, le précurseur de Donald Trump

Il a fallu attendre 24 ans, et cinq élections, pour revoir une femme prétendre à une responsabilité présidentielle. En 2008, Sarah Palin est choisie par John McCain pour concourir face au binôme composé par Barack Obama et Joe Biden. 

Son profil est bien différent de celui de Geraldine Ferraro : Sarah Palin est une ex-élue locale en Alaska, devenue gouverneure, et n'a jamais été élue à un niveau national. Représentante d'une branche dure du Parti Républicain (Sarah Palin militera par la suite avec le Tea Party en faveur de baisses d'impôts radicales et contre l'immigration illégale), elle incarne une Amérique rurale et davantage traditionnelle.

La candidate multiplie les attaques contre les médias, qualifie ses adversaires de socialistes... Pour beaucoup, c'est elle qui a ouvert la voie à la présidence de Donald Trump. Là où l'actuel locataire de la Maison-Blanche parle de "Make America Great Again" ("Rendre sa grandeur à l'Amérique"), Palin incitait ses supporters à "Take our country back" ("Reprendre notre pays"). Sa marque sur le Parti Républicain reste majeure, non pas car elle fut la première femme nominée par le parti, mais tant elle influa par son style et ses idées.

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