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New York : le 11-Septembre 2001, le jour où le monde a basculé

PODCAST - Le 11-Septembre 2001, l'Amérique était attaquée en son cœur. L'ambassadeur de France observe alors l'impuissance américaine face à cette menace nouvelle qu'ils n'ont plus connu depuis Pearl Harbor. Une chronique RTL en partenariat avec l’ouvrage "Dans les archives secrètes du quai d’Orsay".

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New York : le 11-Septembre 2001, le jour où le monde a basculé Crédit Image : SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Philippe Corbé
Philippe Corbé
édité par Thomas Pierre

Il est 8h50, ce mardi de septembre 2001. Le ciel de Manhattan est d'un bleu immaculé, la lumière dorée, lorsque les télévisions montrent les premières images d'un incendie en haut d'une des tours du World Trade Center, à New York. "Une fumée intense", raconte en direct une témoin, "un grand boum et une boule de feu". Elle se demande si c'est une bombe ou un avion : "Est-ce un accident ?".  

Et à 9h03, quand tout le monde est devant son écran, deuxième avion, deuxième tour. "Oh mon Dieu !", murmure la journaliste. Direction Washington, où un autre avion vient de frapper le Pentagone. Mais New York reprend l'antenne aussitôt : une tour vient de s'effondrer. 

L'ambassadeur de France observe tout cela depuis la capitale fédérale, dont le ciel s'est teinté de gris avec la fumée. François Bujon de l'Estang envoie un premier télégramme au quai d'Orsay. Il s'appelle "America under attack" ("L'Amérique attaquée"). 

"America under attack"

Télégramme de François Buson de l'Estang, ambassadeur de France aux États-Unis, le 11 septembre 2001. Crédits : Crédit : AMAE, 20100045AC/108 | Date : 06/07/2020
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Télégramme de François Buson de l'Estang, ambassadeur de France aux États-Unis, le 11 septembre 2001. Crédits : Crédit : AMAE, 20100045AC/108 | Date : 06/07/2020
Télégramme de François Buson de l'Estang, ambassadeur de France aux Etats-Unis, le 11 septembre 2001. Crédits : Crédit : AMAE, 20100045AC/108 | Date : 06/07/2020
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Tout de suite, il compare le choc à Pearl Harbor en 1941, l'unique attaque étrangère sur le sol américain, un Pearl Harbor terroriste. Mais cette fois-ci, ça ne se passe pas au milieu du Pacifique. C'est bien le cœur de l'Amérique qui est visé. "Les symboles de la puissance américaine", notent immédiatement François Bujon de l'Étang, "le World Trade Center" et le "Pentagone", la finance et la défense. 

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Le choc psychologique est considérable. Cette attaque sera inévitablement perçue comme une réaction à la politique de l'administration Bush au Proche et Moyen-Orient, alors même que Washington recevait "de nombreux avertissements sur les risques liés à ces choix", rappelle le diplomate. 

Le soir, le président Bush s'adresse à la nation meurtrie et commence avec la même formule que le télégramme diplomatique français : "America under attack" ("L'Amérique attaquée"). "Nous sommes unis pour gagner la guerre contre le terrorisme", prévient le président.

Ce n'est pas un crime, c'est une guerre. La constatation est dans tous les esprits"

François Buson de l'Estang, ambassadeur de France, le 12 septembre 2001.
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Télégramme de François Buson de l'Estang, ambassadeur de France aux Etats-Unis, le 12 septembre 2001. Crédits : Crédit : AMAE, 20100045AC/108 | Date : 06/07/2020
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Télégramme de François Buson de l'Estang, ambassadeur de France aux Etats-Unis, le 12 septembre 2001. Crédits : Crédit : AMAE, 20100045AC/108 | Date : 06/07/2020
Télégramme de François Buson de l'Estang, ambassadeur de France aux Etats-Unis, le 12 septembre 2001. Crédits : Crédit : AMAE, 20100045AC/108 | Date : 06/07/2020
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Le lendemain, deuxième télégramme de l'ambassadeur de France : "Ce n'est pas un crime, c'est une guerre. La constatation est dans tous les esprits", note François Bujon de l'Étang. Il décrit le sentiment nouveau d'impuissance qui rattrape les Américains face à une menace qu'ils ne connaissent pas et ne comprennent pas. Le territoire américain est désormais hautement vulnérable.
 
"Et si c'est une guerre ?" écrit l'ambassadeur de France. Comment la mener ? La gagner ? La conclure ?. Il n'imagine pas encore l'invasion de l'Irak 18 mois plus tard. Et pourtant, il anticipe déjà son échec en écrivant que "la destruction, la capitulation et l'occupation d'États ennemis relève d'un mode inadapté pour répondre à cette menace nouvelle". 
 
Huit jours plus tard, devant le Congrès, le président Bush confirme ce qu'écrivait l'ambassadeur de France dans ce télégramme au Quai d'Orsay : "La guerre contre le terrorisme commence avec al-Qaïda, mais elle ne s'arrêtera pas là".

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