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Présidentielle américaine : 4 raisons pour lesquelles Joe Biden a choisi Kamala Harris

ÉCLAIRAGE - Dans une décision historique, le candidat démocrate Joe Biden a choisi la sénatrice noire Kamala Harris pour défier avec lui Donald Trump le 3 novembre.

Joe Biden et Kamala Harris, le 13 septembre 2019
Joe Biden et Kamala Harris, le 13 septembre 2019 Crédit : Robyn Beck / AFP
Thomas Pierre
Thomas Pierre Journaliste

De l'aveu de beaucoup, elle était la candidate la plus solide pour accompagner Joe Biden dans sa conquête de la Maison Blanche. Sans grande surprise, Kamala Harris a donc été choisie mardi 11 août comme colistière par le candidat démocrate. Une décision historique dans une campagne, marquée par la pandémie de coronavirus et les protestations contre le racisme, qui ne l'est pas moins. 

L'ex-procureure s'est dite "honorée" de ce choix, qui donne un coup de fouet à la présidentielle à moins de 100 jours du scrutin. Une élection qu'elle connaît bien. Faute de bons résultats et de moyens, Kamala Harris avait jeté l'éponge dès décembre dans la course à l'investiture présidentielle, avant de se rallier derrière Joe Biden en mars.

Forte d'un parcours brillant, digne du meilleur rêve américain, la sénatrice de 55 ans, qui se se voyait alors devenir la première présidente noire des États-Unis, tentera donc en novembre un challenge a priori moindre, mais en apparence seulement ; devenir la première vice-présidente américaine. Car ce choix pourrait bien se révéler crucial pour la suite. Et ce, pour au moins quatre raisons.

1 - Une pionnière

Cette fille d'un père jamaïcain et d'une mère indienne accumule les titres de pionnière depuis les débuts de sa carrière. Après deux mandats de procureure à San Francisco (2004-2011), elle avait été élue, deux fois, procureure générale de Californie (2011-2017), devenant alors la première femme, mais aussi la première personne noire, à diriger les services judiciaires de l'EÉtat le plus peuplé du pays.

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Puis en janvier 2017, elle avait prêté serment au Sénat à Washington, s'inscrivant comme la première femme originaire d'Asie du Sud et seulement la deuxième sénatrice noire du pays. À ce titre, Kamala Harris pourrait de nouveau marquer l'histoire américaine en novembre en devenant également la première femme vice-présidente du pays. 

Seules deux colistières avaient jusqu'à présent caressé cette ambition: Geraldine Ferraro en 1984 et Sarah Palin en 2008. "La différence cette fois-ci est que c'est la première fois qu'un candidat qui est perçu comme le favori et qui a une véritable chance de l'emporter choisit une femme", notait récemment Joel Goldstein, professeur de droit à Saint Louis University.

2 - Une ex-procureure opiniâtre

Les détracteurs de Kamala Harris lui reprochent notamment de ne pas avoir agi contre les violences policières quand elle était procureure. Un bilan qui passe mal auprès d'une partie des électeurs noirs et d'origine latino-américaine. Et plus généralement, la sénatrice afro-américaine, née dans la contestataire ville d'Oakland, n'a pas laissé une image de procureure progressiste. 

Mais cette expérience de procureure "dure" lui avait aussi valu les applaudissements des démocrates, et les critiques des républicains. Donald Trump a ainsi rappelé mardi qu'en 2018, lors de l'audition du candidat conservateur controversé à la Cour suprême Brett Kavanaugh, Kamala Harris avait été "la plus méchante, la plus horrible, la plus insolente de tout le Sénat". 

À l'époque, l'élue de Californie avait interrogé le candidat soutenu par la Maison Blanche sur un éventuel lien avec un proche du milliardaire républicain. Le futur juge ne répondant pas à la question, elle la lui avait reposé pas moins de 15 fois. C'est peu dire que, depuis, le camp républicain ne porte pas vraiment dans son cœur cette adversaire politique connue pour ne rien lâcher.

3 - Une relation chaleureuse avec "Joe"

"Lorsque Kamala était procureure générale (de Californie), elle a travaillé en étroite collaboration avec Beau" Biden, son fils décédé d'un cancer en 2015 dont il était très proche, écrit Joe Biden, un vétéran de la politique américaine, en annonçant son choix de colistière. "J'ai observé comment ils ont défié les grandes banques, aidé les travailleurs, et protégé les femmes et enfants face aux mauvais traitements. J'étais fier à l'époque, et je suis fier désormais de l'avoir comme partenaire pour cette campagne".

Kamala Harris entretient en effet une relation chaleureuse avec Joe Biden, même si des tensions ont marqué leurs campagnes pour l'investiture démocrate, notamment lors d'un échange très vif pendant le premier débat, en 2019. Si elle est proche du candidat, qu'elle appelle "Joe" en public, la sénatrice avait surpris en l'attaquant avec virulence sur ses positions passées concernant les politiques de déségrégation raciale dans les années 1970.

En racontant comment, petite fille, elle était dans l'un des bus amenant les écoliers noirs dans les quartiers blancs, elle avait ému, et bondi dans les sondages. Ils s'étaient depuis réconciliés. La sénatrice le soutenait ouvertement et Joe Biden lui avait fait un appel du pied appuyé en lui déclarant publiquement il y quelques mois : "En avançant ensemble, nous pouvons faire une grande différence".

4 - Une "présidente" en puissance

Kamala Harris n'a jamais cachée qu'elle désirait être présidente. Joe Biden, de son côté, a expliqué par le passé que sa colistière devrait être "totalement" en phase avec sa philosophie politique, mais également "prête à devenir présidente dès le premier jour". 

À 78 ans en janvier, le candidat démocrate serait le plus vieux président américain à prendre ses fonctions s'il gagnait en novembre. Et il a laissé entendre qu'il ne ferait qu'un mandat. Sa vice-présidente devrait donc apparaître en dauphine désignée pour l'élection de 2024, voire être appelée à le remplacer en cas de grave souci de santé, ou de décès. 

Si un tel événement se produisait, il incomberait alors à Kamala Harris de prendre les commandes du pays. Elle deviendrait alors la première femme présidente des États-Unis. Le choix fait par Joe Biden ce mardi 11 août se révèle donc bien déterminant, que ce soit pour la campagne démocrate, qu'à plus ou moins long terme, pour l'avenir politique du pays. 

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