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Coronavirus : pourquoi l'épidémie s'emballe au Brésil

ÉCLAIRAGE - Le pays est le deuxième plus endeuillé du monde à cause du coronavirus. Sans mesures coordonnées au niveau national, il s'enfonce dans la crise sanitaire.

Une affiche pro-Bolsonaro recouverte de faux sang et du mot "génocide"
Une affiche pro-Bolsonaro recouverte de faux sang et du mot "génocide"
Crédit : LEO MALAFAIA / AFP
Enquête contre Bolsonaro pour sa gestion de la crise du coronavirus au Brésil
01:34
Coline Daclin & AFP & Sarah Cozzolino

C'est le deuxième pays le plus endeuillé au monde par la Covid-19. Au Brésil, près de 337.000 personnes sont mortes de la maladie. Le plus grand pays d'Amérique latine a franchi mardi 6 avril la barre des 4.000 morts du virus en une journée, son record. La Cour Suprême vient d'ordonner une commission d'enquête sur la gestion chaotique du président Jair Bolsonaro.

En ce mois d'avril, les spécialistes craignent une hécatombe encore pire que celle de mars, qui avait fait 66.000 morts, puis près du double de juillet, le pire mois de 2020. En seulement six jours, plus de 15.000 décès ont été recensés, avec 2.757 morts par jour en moyenne. 

En plus des hôpitaux saturés dans la plupart des régions, la gestion des cadavres devient compliquée. À São Paulo, des autobus habituellement réservés au transport scolaire ont commencé à être utilisés pour les transporter, et les cimetières sont tellement débordés que des enterrements ont lieu de nuit.

Des mesures sans coordination

Au Brésil, chaque ville et chaque État prend depuis le début de la crise sanitaire ses propres mesures anti-Covid, face à un gouvernement fédéral inactif. Le président d'extrême droite Jair Bolsonaro n'a en effet de cesse de remettre en cause les restrictions imposées. Il y a un an, alors que le président qualifiait le coronavirus de "petite grippe", la Cour suprême a décidé que les États et les municipalités avaient le droit d'imposer leurs propres mesures pour tenter de limiter les contaminations. Sans coordination, elles sont souvent insuffisantes et parfois contradictoires. 

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Fin mars, le maire de Rio de Janeiro, Eduardo Paes, avait par exemple décrété la fermeture totale des bars et des restaurants, mais le gouverneur de l'État de Rio, Claudio Castro, a permis qu'ils restent ouverts jusqu'à 23h00. Même chose en début de semaine : après l'annonce du maire d'une fermeture des écoles, un juge a retoqué le décret municipal, réautorisant les établissements à ouvrir.

Samedi 3 avril, veille du dimanche de Pâques, un juge de la Cour suprême récemment nommé par le président Bolsonaro a également décidé d'autoriser l'ouverture des lieux de culte dans tout le Brésil malgré les interdits en vigueur dans de nombreuses villes. Deux jours plus tard, Gilmar Mendes, un autre magistrat de la Cour, a rétabli l'interdiction pour l'État de São Paulo.  

"Dieu devrait plutôt penser à sauver des vies au lieu de donner de l'argent aux églises. C'est un problème économique", soutient Alexandre Valença, au micro de RTL.

Une vaccination encore lente

"Il n'y a pas de définition claire pour tout le Brésil des activités qui doivent être considérées comme 'essentielles'. Chaque ville, chaque État, définit à sa manière ce qui peut rester ouvert ou non, au gré des pressions politiques et économiques locales, c'est pourquoi la situation est si chaotique", explique à l'AFP José David Urbaez, du Centre d'Infectiologie de Brasilia. 

"Nous sommes entre les mains d'un gouvernement irresponsable, génocidaire. Nous vivons vraiment une catastrophe", témoigne Maria Corea auprès de RTL.

La vaccination, qui n'a débuté que tardivement, à la mi-janvier, se poursuit à un rythme encore lent. À ce jour, près de 20 millions de personnes ont reçu la première dose, soit 9,8% de la population, et 5,8 millions la seconde (2,7%). En France, où le rythme de vaccination a été largement critiqué au sein du pays comme à l'international, près de 14% de la population a reçu une première dose, et 4,7% les deux. 

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