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Coronavirus : les conséquences de l'épidémie pour la Chine et le monde

ÉDITO - Selon François Lenglet, les conséquences de l'épidémie de coronavirus s'annoncent majeures en Chine comme dans le monde sur le plan économique mais aussi politique.

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Coronavirus : les conséquences de l'épidémie pour la Chine et le monde Crédit Image : CHARLY TRIBALLEAU / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Paul Turban

La Chine est désormais complètement paralysée par l'épidémie de coronavirus. Incroyable spectacle que ces artères désertes des grandes métropoles chinoises, habituellement saturées par les voitures, les vélos, les piétons. La quasi-totalité des commerces est fermée. Les usines sont à l'arrêt. Les salariés ont vu leurs obligations suspendues pour rester chez eux au moins jusqu'au 10 février, en attendant de nouvelles directives. 

À Wuhan, qui est un peu le Détroit chinois comme la ville américaine, les chaînes de l'industrie automobile se sont interrompues. Toutes les grandes enseignes internationales, Starbucks, Apple, Ikea, McDonald's et les autres ont baissé le rideau de fer de leurs magasins. Le trafic aérien chinois est en chute de 80% à une époque où il est en principe au plus haut à cause des congés annuels du Nouvel An qui viennent de se terminer. 

Les conséquences de cette crise sanitaire sur l'économie chinoise pourraient être très élevées au 1er trimestre, alors que la Chine est déjà à son plus bas niveau depuis plus de 30 ans. On attend le pic de l'épidémie pour fin mars/début avril, c'est-à-dire à la fin du 1er trimestre. D'ici-là, l'activité pourrait passer de 6% en rythme annuel à 4%, c'est-à-dire perdre un tiers

Des conséquences inattendues...

Il y aura aussi des conséquences pour l'économie mondiale. Elles ne sont pas toutes négatives. La forte chute de la demande de pétrole chinoise a fait baisser le prix de l'or noir de 20% depuis le début du mois de janvier : tant mieux pour les consommateurs que nous sommes. Mais il est vrai que les autres effets risquent d'être négatifs. 

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En 2003, lors de l'épidémie du SRAS, la Chine comptait pour 8% de l'économie mondiale seulement, et puis elle fabriquait des jouets et des T-shirts. Aujourd'hui, son PIB a été multiplié par 14 et c'est 19% de la planète économique. C'est le cœur de l'industrie mondiale, particulièrement dans l'électronique. Littéralement, la Chine est l'Empire du Milieu, fabriquant produits et pièces détachées qui irriguent le monde. 

... mais pour la plupart négatives

Depuis le SRAS de 2003, la part de la Chine dans le commerce mondial a plus que doublé. Les Chinois sont les premiers clients, et souvent les plus rentables, de nombre de secteurs. Dans l'industrie du luxe, ils font 30% des ventes de LVMH. Dans l'automobile, ils font 40% des profits de Volkswagen, le groupe, et particulièrement chez Audi. 

Il y aura donc ralentissement de ce ralentissement dans les autres pays, c'est inévitable. Ray Dalio, un gourou des marchés financiers, allait jusqu'à pronostiquer "des choses terribles et inimaginables qui déstabiliseraient la finance mondiale." 

Le pouvoir chinois quelque peu dérangé

Cette épidémie a aussi des conséquences politiques très importantes en Chine. On le voit sur les réseaux sociaux qui critiquent ouvertement la gestion tardive de l'épidémie par le pouvoir, en particulier le maire de Wuhan. Il a laissé se dérouler un banquet de 40.000 personnes alors que l'épidémie a été repéré dès le début du mois de décembre. À travers lui, c'est le procès d'une administration inerte et paralysée par une chaîne de commandement stalinienne qui est fait. 

C'est la crise la plus importante qu'ait affronté Xi Jinping, le leader suprême chinois. Un héros a émergé, c'est le docteur Lee, qui aurait découvert en décembre que 7 personnes avaient contracté une maladie bizarre, une sorte de SRAS. Il l'avait identifié comme tel après une visite au marché de Wuhan. Il avait prévenu ses collègues en leur enjoignant de ne pas aller au marché. Il a été aussitôt embastillé pour cause de fortes fièvres... mais il n'est jamais réapparu. 

Plusieurs personnes de Wuhan ont également été arrêtées pour avoir diffusé "des rumeurs" selon le régime. De façon tout à fait inhabituelle, la Cour suprême chinoise les a défendu récemment en appelant les autorités à faire preuve de tolérance. 

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