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Climat : le gouvernement fait-il assez contre le changement climatique ?

ÉCLAIRAGE - Le Conseil d'État a donné trois mois à la France pour prouver son engagement contre le réchauffement climatique. Cet avis est d'abord symbolique, alors que les progrès du gouvernement en matière environnementale ne rentrent pour l'instant pas dans les objectifs.

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Climat : le gouvernement fait-il assez contre le changement climatique ? Crédit Image : Anne-Christine POUJOULAT / AFP | Crédit Média : Virginie Garin | Durée : | Date : La page de l'émission
Virgine Garin
Virginie Garin édité par Victor Goury-Laffont

Le gouvernement fait-il assez pour lutter contre le changement climatique ? Ce jeudi 19 novembre, le Conseil d'État lui a donné trois mois pour justifier ses actions, après un recours de la commune de Grande-Synthe (Nord) menacée par la hausse du niveau de la mer.  

Un évènement qualifié d'historique par les défenseurs de l'environnement, mais qui est surtout dans le symbolique. D'abord, on ne peut pas parler de décision : elle ne sera prise que dans trois mois. Le Conseil d'État n'a pas assez d'éléments et demande donc au  gouvernement plus de preuves de son engagement. 

Il est déjà arrivé que le Conseil d'État condamne l'État. Par exemple, sur la pollution de l’air, il lui a donné deux ans pour prendre des mesures, sous peine de le condamner à payer des astreintes de 10 millions d’euros par semestre. À qui l'État les payerait ? À lui-même. Après l'annonce du Conseil État, le ministère de l'Écologie n'avait pas l'air particulièrement inquiet. 

Des renoncements en série

Le 12 décembre, on va fêter les cinq ans de l’accord de Paris, et la France n'est pour l'instant pas dans les clous. Ce n'était d'ailleurs pas la peine d'attendre l'avis du Conseil d’État pour le dire : Emmanuel Macron a lui-même créé un Haut conseil du climat, avec des spécialistes, scientifiques, économistes, qui, il y a un mois encore, jugeait les mesures nettement insuffisantes, et disait qu’il était urgent d’accélérer.
  
Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, il y a eu des décisions remarquées : l'abandon de l’aéroport de Notre-Dame des Landes, la promesse de fermer les centrales à charbon... Et puis, rapidement, la taxe carbone a été abandonnée, les budgets ou les règles pour développer les énergies renouvelables revus à la baisse.  

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Le gouvernement avait tout misé sur la fameuse convention citoyenne, et une loi devait être examinée à l’automne. Sans cesse repoussée, l'examen aura sans doute lieu en janvier, et on se rend compte que petit à petit que bon nombre des 146 propositions qu’Emmanuel Macron avait pourtant promis de soutenir sans filtre sont soit abandonnées, soit détricotées, sans doute à cause de la crise sanitaire. 

La dernière : le malus sur les véhicules lourds ne touchera finalement que 2% du parc des voitures. Réponse du gouvernement : un tiers du plan de relance, 30 milliards d'euros, vont être consacrés à la transition écologique.

Une réduction insuffisante des émissions

La France a fait baisser ses émissions, mais aurait dû faire deux fois mieux. Cette année, elle va encore les réduire grâce, ou à cause, du coronavirus et du ralentissement économique. Mais, les spécialistes du climat, même parmi les plus modérés qui reconnaissent au gouvernement certaines avancées, disent que la trajectoire pour arriver à vraiment baisser nos émissions de 40% d’ici à 2030 n’est toujours pas réaliste.   

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