4 min de lecture Pétrole

Énergie : se dirige-t-on vers la fin des industries pétrolières ?

Si le confinement a fait vaciller les industries pétrolières en faisant s'effondrer le prix du baril, aujourd'hui les énergies fossiles représentent encore 80% de notre consommation mondiale d’énergie primaire.

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Énergie : se dirige-t-on vers la fin des industries pétrolières ? Crédit Image : LUCAS SANTUCCI/ZEPPELINNETWORK/SIPA | Crédit Média : RTL | Date :
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Anais Bouissou
Anaïs Bouissou édité par Sarah Ugolini

Plus de 1.000 tonnes de pétrole ont été déversées au large de l'Île Maurice et en parallèle, les cinq plus grandes compagnies pétrolières ont perdu l'équivalent de 45 milliards de d'euros en trois mois à cause de coronavirus. 

D’où cette question, entre l’urgence pour l’environnement et le manque de rentabilité, est-ce qu’on va enfin en finir avec le pétrole ?  La réponse est non, en tous cas pas tout de suite. Cela fait 20 ans que la consommation de produits pétroliers baisse en France, depuis les années 2000. Pourtant en 2019, on en a encore consommé 73 millions de tonnes selon l’union des industries pétrolières, et uniquement à la toute petite échelle de la France.  
 
Le confinement a toutefois marqué un tournant en impactant lourdement les compagnies pétrolières. Moins de déplacements, c’est aussi moins de consommation. En plus de cela, l’Arabie saoudite et la Russie ont joué à "qui pompera le plus fort". Conséquence, il y a eu bien trop d’or noir sur le marché et les prix ont drastiquement chuté 

Total interroge "la pérennité des compagnies pétrolières"

Mais depuis, le prix du baril de pétrole est remonté et il est à l’heure actuelle à peu près au même niveau qu’en mars. Donc non, ni la crise sanitaire, ni même la catastrophe de l’île Maurice en ce moment, ne vont mettre un terme définitif à notre consommation de pétrole

Pourtant le secteur est en crise et les compagnies s’inquiètent pour leur avenir, c’est un fait. D’ailleurs, les plus grosses compagnies mondiales vont sabrer dans leurs investissements et dans leurs effectifs. 10.000 départs de salariés sont prévus chez le britannique BP, potentiellement 10% de salariés licenciés chez l’américain ExxonMobil et le français Total efface 8 milliards de dollars de ses prévisions de gains. 

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Le PDG du groupe Total a même dit que "la pérennité des compagnies pétrolières est posée", dans une interview au Monde. Tout cela est vrai, mais une fois qu’on a fait ce constat, il y a trois raisons de penser qu’on n’est pas prêt du point de rupture sur le pétrole. En effet, une entreprise comme ExxonMobil envisage de licencier, mais c’est en partie pour continuer à verser des dividendes à ses actionnaires. Ces licenciements n’interviennent pas parce qu’elle est en danger de mort, mais a de la réserve.  

Des entreprises parmi les plus rentables du monde

Les agences de notation elles-mêmes ne sont pas inquiètes. Standard and Poor’s, le dit, les dépréciations peuvent sembler "effrayantes", mais ces entreprises restent parmi les plus rentables du monde. Même le PDG de Total qui veut sortir du tout pétrole, n’imagine absolument pas un monde sans pétrole, même d’ici 30 ans.  
 
Les Européens veulent se diversifier, élargir leur gamme, mais pas sortir du pétrole. Les géants européens du pétrole mesurent en effet la volonté politique de développer le marché de l’électrique, pour les voitures notamment. Face au durcissement des règles aux frontières de l’Europe, la taxe carbone pourrait peut-être être un jour adoptée.  

L'économie va de pair avec l’écologie et les producteurs européens croient que les énergies renouvelables vont devenir de plus en plus rentables avec le temps. C’est pour cela que BP, Shell et Total se fixent des objectifs de neutralité en carbone d’ici 2050

En émettant moins et en compensant le C02 produit, les trois grands groupes vont miser sur l’électricité renouvelable, l’éolien, le solaire et l’hydrogène. Ils étoffent leurs savoir-faire. Et en parallèle, le britannique BP réduira sa production de pétrole de 40% et le français Total se contentera d’exploiter des gisements moins coûteux et moins difficiles à extraire.   
 Et les américains ?  

Aux USA, l’avenir est du gaz et du pétrole de schiste

Du côté américain, l’énergie verte n’est vraiment pas le crédo. C’est pour ça aussi qu’un monde sans pétrole, ce n’est pas gagné. Que ce soit ExxonMobil ou Chevron, malgré leurs lourdes pertes ces derniers mois, l’avenir c’est toujours du gaz et du pétrole de schiste, si mauvais pour l’environnement.  

Lors de sa dernière Assemblée Général le PDG d’ExxonMobil, Darren Woods a même expliqué que produire de l’énergie renouvelable "consisterait à descendre dans la chaîne de valeurs".  

On peut se demander si one va pas finir par épuiser les ressources et manquer de pétrole. C'est un argument qu'on entend depuis 50 ans mais le plus probable, c’est que la question de la rentabilité du pétrole se pose avant qu’on ait tout sorti de terre. Il en restera encore très probablement sous nos pieds, à condition que l’impulsion politique se poursuive et que la rentabilité économique se développe.

Les énergies fossiles représentent encore 80% de notre consommation mondiale d’énergie

Cela permettrait peut-être d’entraîner dans le sillage mondial du vert, à terme, les pays producteurs de pétrole, la Russie et les États-Unis. Le virage est lent et douloureux au regard de l’urgence climatique et à l’heure actuelle la réalité c’est l’Agence internationale de l’énergie qui le dit, la réalité, c’est que les énergies fossiles représentent encore 80% de notre consommation mondiale d’énergie primaire. 

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