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Coronavirus aux États-Unis : le pétrole, secteur économique essentiel, touché de plein fouet

ÉCLAIRAGE - En 2018, les États-Unis sont devenus le premier producteur mondial de pétrole brut, dépassant la Russie et l'Arabie saoudite.

Un champ de pétrole en Californie, le 21 avril 2020
Un champ de pétrole en Californie, le 21 avril 2020 Crédit : Frederic J. BROWN / AFP
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Thomas Pierre et AFP

L'Amérique touchée en plein coeur... économique. Donald Trump a annoncé mardi 21 avril avoir demandé à son administration de mettre sur pied un plan d'aide d'urgence à l'industrie du gaz et du pétrole, frappée de plein fouet par la chute vertigineuse des prix de l'or noir.

Avec cette initiative, le président américain tente de rassurer un secteur essentiel à l'économie du pays, mais qui traverse parallèlement à la pandémie de coronavirus, l'une des pires crises de son histoire, chutant même lundi 20 avril sous la barre du zéro dollar à la bourse de New York. 

Car, bien au-delà de leur rôle économique, les hydrocarbures représentent pour les États-Unis un enjeu géopolitique crucial. Depuis le choc pétrolier de 1973, les États-Unis se sont efforcés de parvenir à l'indépendance énergétique pour ne pas trop dépendre de leurs importations du Canada, du Moyen-Orient ou d'Amérique du Sud.

Premier producteur mondial

Cette ambition, martelée par tous les présidents américains, est longtemps restée une chimère. Mais les avancées de certaines méthodes d'extraction, dont la fracturation hydraulique et le forage horizontal, décriées par les défenseurs de l'environnement, ont permis au pays d'augmenter considérablement sa production de pétrole et de gaz de schiste depuis une dizaine d'années.

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En 2018, les États-Unis sont devenus le premier producteur mondial de pétrole brut, dépassant la Russie et l'Arabie saoudite, selon les chiffres de l'Agence américaine d'information sur l'Energie (EIA). La production de brut a même atteint un plus haut historique le mois dernier avec 13,1 millions de barils par jour (mbj).

Une production en chute libre

Le rythme s'est toutefois ralenti ces dernières semaines sous l'impact de l'effondrement de la consommation dû à la pandémie de coronavirus et aux mesures de confinement. Au 10 avril, les États-Unis produisaient ainsi 12,3 mbj.

En parallèle, les réserves de brut ont gonflé dans des proportions impressionnantes, à plus de 500 millions de barils. Les réserves stratégiques de pétrole, destinées à parer aux urgences, s'élèvent elles à 635 millions de barils, soit un taux de stockage proche de 90%. Mais Donald Trump souhaite les porter à leur niveau maximum.

Comme celle de pétrole, la production de gaz naturel a beaucoup augmenté ces dernières années. Depuis septembre 2017 et pour la première fois de leur histoire, les États-Unis exportent plus de gaz naturel qu'ils n'en importent.

Des perspectives inquiétantes pour l'emploi

Selon un rapport annuel publié récemment, l'industrie pétrolière américaine employait, en début d'année, près de 825.000 personnes. Celle du gaz naturel embauchait un peu plus de 636.000 Américains. Les conséquences de la chute des cours pourraient donc être aussi dévastatrices sur le terrain de l'emploi. 

Sur les quelque 9.000 entreprises du secteur, environ 140 pourraient faire faillite en 2020 si le baril reste à environ 20 dollars et près de 400 en 2021, selon le cabinet spécialisé Rystad Energy.

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