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Coronavirus : le plan de relance de la Commission "juste" mais "problématique", dit Lenglet

ÉDITO - La présidente de la Commission européenne Ursula Van der Leyen a présenté, ce mercredi 27 mai, un plan de relance de 750 milliards pour aider l'Union Européenne à se relever de la crise du coronavirus.

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Coronavirus : le plan de relance de la Commission "juste" mais "problématique", dit Lenglet Crédit Image : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Quentin Marchal

La Commission a présenté son plan de relance de 750 milliards d'euros pour l'Europe ce mercredi 27 mai, avec une petite surprise pour le contribuable européen. Elle prépare en effet une dette et des impôts européens, en plus de la dette nationale et des impôts nationaux. Ursula Van der Leyen, la présidente de la Comission, explique ce nouvel échelon de dépense publique par le fait qu'il y a un risque élevé que la crise actuelle aggrave les différences de niveau de vie entre les pays membres car la morsure de l'épidémie n'est pas la même selon les pays.

Les finances des capitales européennes ne sont pas toutes dans le même état, pour faire face aux dépenses exceptionnelles, d'où cette idée de 750 milliards de soutien sur les prochaines années, allant en priorité aux pays les plus éprouvés. Il s'agit là de la première levée d'argent de la Commission, qui devrait créer une agence de la dette européenne.  Sur les 750 milliards d'euros, 250 seraient prêtés aux États-membres, et donc remboursés à la Commission. 

Il n'y aura donc pas besoin de les financer, au contraire des 500 autres milliards, qui seraient des subventions sans retour des États bénéficiaires. Il faudrait donc que la Commission les rembourse elle-même à ses prêteurs et c'est là qu'interviennent les projets fiscaux de Bruxelles.

Un nouvel échelon fiscal à l'échelle européenne

Le premier projet de ces impôts européens est un impôt sur les déchets plastiques non recyclables, qui est évalué à 7 milliards d'euros par an. Ensuite, il y aura une taxe carbone prélevée sur les entreprises, donc refacturée aux consommateurs que nous sommes, à 10 milliards d'euros et une taxe carbone aux frontières, frappant les produits étrangers, qui sera comprise entre 5 et 14 milliards d'euros.

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Une taxe sur les grandes entreprises transeuropéennes, avec enfin la fameuse taxe Gafa, est également à l'étude. Tous ses impôts et taxes assureraient une quarantaine de milliards d'euros par an, potentiellement.

Ces mesures ne constituent pas réellement les premiers impôts européens puisque la Commission dispose déjà de ressources propres, il s'agit d'une part de la TVA et des droits de douane. Mais avec ces projets, on changerait de nature et il y aurait en fait un nouvel échelon fiscal. Après les communes, les inter communes, les départements, les régions, l'état, la sécurité sociale, voici maintenant l'Europe. 

Même si la cause est juste, relancer l'économie, c'est évidemment un précédent problématique. Car il y a toujours de bonnes causes, et quand les impôts sont là, il suffit de monter les taux. C'est une expérience que les Français ont souvent fait.

La France devrait recevoir 39 milliards d'euros

Trois États seront les grands bénéficiaires de ce plan de 750 milliards d'euros : l'Italie, l'Espagne et la France, qui devrait recevoir 39 milliards. Cela explique aussi pourquoi Paris est si enthousiaste pour cette nouvelle forme de dépense publique, qui ne serait pas à sa charge. 

Pour que ce projet aboutisse, il faut qu'il soit approuvé par les 27 membres de l'Union, et plusieurs d'entre eux, la Suède, l'Autriche, les Pays-Bas, rechignent à donner ces pouvoirs à l'Union et à financer la reconstruction de pays qu'ils estiment mal gérés

On peut prévoir plusieurs sommets d'empoignade entre les États membres, comme d'habitude. Après cela, il faudra un vote du Parlement européen. Et puis un vote de chacun des 27 parlements nationaux. Ce projet n'en est donc qu'à ses prémices.

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