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Budget 2026 : l'Assemblée nationale rejette les motions de censure de la gauche et du RN après le recours au 49.3

Les députés ont examiné e vendredi 23 janvier deux motions de censure déposées par la gauche (hors Parti socialiste) et le Rassemblement national, en réponse à l'utilisation de l'article 49.3 par Sébastien Lecornu sur la partie "recettes" du budget, un choix que le Premier ministre assume au nom de la responsabilité gouvernementale.

Sébastien Lecornu, à l'Assemblée nationale, le 20 janvier 2026

Crédit : Adnan Farzat / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Yasmine Boutaba

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Après "350 heures de débat" sur le budget, selon les propos de Sébastien Lecornu, la censure était difficilement envisageable. La première motion, déposée par La France insoumise, les communistes et les écologistes, a recueilli 269 voix "pour" la censure, et 288 voix "contre".

Celle-ci a été rejetée à 19 voix près. Le texte accusait Sébastien Lecornu d’avoir "renié sa propre parole", après sa promesse faite le 3 octobre de ne pas recourir au 49.3, et dénonçait des "coupes budgétaires d’un niveau inégalé" pour atteindre l’objectif de 5% de déficit.

La seconde motion, à l’initiative du Rassemblement national, a obtenu 148 voix pour, ce qui est trop peu, il aurait fallu 288 voix pour son adoption. Le parti d’extrême droite critiquait un budget qui "continue de creuser le déficit", sans parvenir là non plus à rallier une majorité de députés.

Une issue sans suspense

Aucune des deux motions n’avait de réelle chance d’aboutir. Le Parti socialiste et Les Républicains avaient annoncé qu’ils ne les voteraient pas, scellant par avance leur rejet. En engageant la responsabilité de son gouvernement, le Premier ministre a donc survécu à ce nouveau test parlementaire et assumé un choix politique qu'il a présenté comme nécessaire pour sortir d'un débat qu'il jugeait enlisé.

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Sébastien Lecornu n’en a toutefois pas terminé avec l’outil constitutionnel. Dans la foulée du rejet des motions, l’exécutif devrait engager sa responsabilité sur la partie "dépenses" puis sur l’ensemble du texte budgétaire. Deux nouvelles motions de censure devraient alors être déposées et examinées en début de semaine prochaine, avec une issue similaire attendue.

Après un bref passage au Sénat, le projet de budget devrait revenir à l’Assemblée nationale pour un troisième et dernier recours au 49.3, suivi d’ultimes motions de censure, avant l’adoption définitive du texte. Pour l'exécutif, ces séquences de censure doivent désormais constituer des moments de clarté démocratique, où chaque groupe est appelé à assumer sa position.

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