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Coronavirus : cagnottes, bénévolat... Comment aider le personnel soignant ?

ÉCLAIRAGE - En pleine pandémie de coronavirus, médecins, infirmières ou encore ambulanciers sont lourdement sollicités. Voici comment vous pouvez les soutenir.

Les couloirs d'un hôpital (illustration).
Les couloirs d'un hôpital (illustration). Crédit : FRED DUFOUR / AFP
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy

Des pleins d'essence gratuits, des livraisons prioritaires, des véhicules à disposition... Depuis quelques jours, les d'entreprises privées comme Total, Monoprix ou Renault multiplient les mesures pour venir en aide aux soignants, en première ligne pour faire face à la crise sanitaire du coronavirus. Des initiatives qui ne sont pas réservées aux grands groupes : grâce à internet et aux réseaux sociaux, chacun et chacune d'entre nous peut aussi participer à cet élan de solidarité.

Les traditionnels applaudissements aux fenêtres et balcons tous les soirs à 20 heures sont ainsi devenus une tradition du confinement. Un mouvement salué par beaucoup de soignants. Ceux-ci n'hésitent pas à témoigner de la situation dans les hôpitaux et de leurs conditions de travail encore plus éprouvantes que d'habitude. "On ne dort quasiment plus", expliquait ainsi à RTL Amandine, infirmière au service réanimation de l'hôpital Cochin à Paris. 

Toutes et tous insistent : la meilleure manière de les aider est de rester chez soi pour limiter la propagation du virus et ne pas engorger les services hospitaliers. Malgré tout, pour celles et ceux qui souhaitent se rendre utiles de manière active, il est possible de rejoindre plusieurs initiatives qui bénéficient directement à l'hôpital et à son personnel.

Devenir bénévole

Une des premières initiatives à être née aux débuts du confinement, est le site internet "En première ligne". Comme son nom l'indique, il invite d'un côté les personnes "en première ligne" - dont les soignants mais aussi les employés de supermarchés - à s'inscrire pour demander de l'aide au quotidien (pour faire les courses par exemple). De l'autre les personnes souhaitant leur apporter de l'aide peuvent se manifester via un formulaire. Tout cela dans le respect des règles sanitaires

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Aujourd'hui, la plateforme compte plus de 63.000 volontaires inscrits, pour un peu plus de 1.000 personnes ayant besoin d'aide, explique Grégory Grellet, co-fondateur de la plateforme. "C'est un 'déséquilibre' avantageux car dès qu'une personne demandeuse s'inscrit, on est capable de la mettre en relation directement avec un ou une volontaire." Lui et ses deux compagnons de route Titouan Galopin et Adrien Duguet espèrent désormais convaincre davantage de personnes éligibles de s'inscrire pour demander de l'aide.

L'Assistance-Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP) a aussi un système de centralisation pour les personnes qui souhaitent soutenir l'action du personnel hospitalier. Il suffit de s'inscrire via ce formulaire en ligne. Au programme : des missions que l'on peut réaliser à distance en restant chez soi, comme du développement web ou du montage vidéo.

Faire un don aux hôpitaux

Il est aussi possible d'apporter une aide financière aux établissements hospitaliers de la capitale. L'AP-HP a ainsi lancé un fonds d'urgence pour la recherche sur le covid-19. Il est possible d'y contribuer en se rendant directement sur le site internet de l'institution ou de faire un don via Facebook. Plus de 150.000 euros ont déjà été récoltés grâce au réseau social.

Par ailleurs, Paloma Clément-Picos, journaliste de 27 ans a lancé sa propre cagnotte. Elle assure être en lien avec l'AP-HP. "Les dons seront utilisés en soutien aux équipes de l’AP-HP pour l’amélioration de l’organisation des soins et de la recherche dans le cadre de l’épidémie de Covid-19 et en prévision d’autres crises qui pourraient subvenir", explique-t-elle dans la description de sa cagnotte. Celle-ci rassemble aujourd'hui plus de 6.500 euros.

Le label Écotable a par ailleurs lancé une cagnotte pour fournir des repas aux membres du personnel soignant. Les chefs et cheffes de restaurants engagés pour une restauration durable proposent de leur servir 500 repas quotidiens "aussi longtemps que la crise sanitaire l'exigera". Près de trois jours de repas (1.500) ont déjà été financés.

Prêtez votre appartement vide

Avec le confinement, nombreuses sont les personnes à avoir déserté leurs appartements en ville pour se réfugier chez leurs proches en périphérie. Si c'est votre cas, pourquoi ne pas proposer votre domicile à un membre du personnel soignant ? Le ministre du Logement Julien Denormandie a annoncé mardi 24 mars le lancement de la plateforme "Appartsolidaires" en partenariat avec AirBnB qui permet aux particuliers disposant d'un logement vacant de le proposer à la location.

Mais nombreux sont les internautes à ne pas avoir attendu cette décision pour prendre proposer leur appartement gratuitement. Priée de quitter sa chambre dans une résidence étudiante située à "15 minutes à pied du CHU Grenoble", Lucine, étudiante en chimie-biologie, a décidé de la mettre à disposition du personnel soignant dès le début du confinement. 

"Je me suis dit que c'était bête de voir certaines de mes copines qui m'envoient des images d'internes qui dorment dans les couloirs de l'hôpital alors qu'on a des appartements vides juste à côté", raconte-t-elle à RTL.fr. Une personne a répondu à son offre. Elle est médecin en réanimation et devrait "s'installer d'ici deux jours" dans son appartement, se réjouit Lucine qui s'est aussi inscrite sur le site "En Première Ligne". "J'essaie d'aider comme je peux", résume-t-elle.

Ancien étudiant en médecine, réorienté en droit, Youssef a eu le même déclic. Témoin des allers-retours de ses connaissances internes en médecine, il sait combien leurs trajets sont éprouvants. C'est pourquoi, confiné chez ses parents à Châlons-sur-Saône, il a décidé de proposer son appartement situé à Dijon, à "quinze minutes en tramway" de l'hôpital. 

"Pour cette période de confinement, je me suis dit autant qu'il profite à quelqu'un", explique-t-il à RTL.fr. Son annonce postée sur Twitter n'a encore eu aucune réponse. Si d'ici quelques jours personne n'a réagi malgré les centaines de partages de son message, il changera de stratégie et le proposera "à quelqu'un qui vit dans la rue".

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