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Coronavirus : quelles mesures pour protéger les sans-abris ?

ÉCLAIRAGE - Des associations demandent à l'État de venir en aide aux sans-abris, population très fortement exposée au coronavirus.

157.000 places en hébergement d'urgence sont déjà financées par l'État.
157.000 places en hébergement d'urgence sont déjà financées par l'État.
Crédit : JOEL SAGET / AFP
Coronavirus : message de prévention
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Marie-Pierre Haddad
Journaliste

Confinement, jour 2. Alors que le pays tout entier se cloître, la France affronte la pandémie de coronavirus. Salariés, "télé-travailleurs", personnes à risques, enfants, personnel hospitalier... l'Hexagone s'organise peu à peu à mesure que se dessine les 15 jours minimum de confinement mis en place depuis le 17 mars, midi. 

Le gouvernement a tenu à rassurer les grands réseaux associatifs qui apportent de l'aide d'urgence aux plus démunis en leur assurant qu'elles accéderaient aussi aux dispositifs d'urgence promis aux entreprises, en raison du coronavirus. 

Les Restos du Cœur, le Secours populaire, la Banque alimentaire, Emmaüs, les Petits frères des pauvres... L'exécutif a promis à toutes ces structures de mettre en place un dispositif pour recruter des volontaires et pallier le manque de bénévoles dont elles souffrent à cause de la crise sanitaire. Mais qu'en est-il des sans-abris ? Comment se confiner ? 

Distribution de nourriture et de gel hydroalcoolique

Des associations s'inquiètent de la situation des personnes vulnérables, en temps de crise sanitaire. Dans une lettre collective, elles rappellent que "plus de 3.500 personnes sont aujourd’hui à la rue, en demande d’asile ou non, en région Île-de-France, sans accès à l’hébergement ni à un accompagnement médico-social". "Aujourd’hui, cette population doit faire face non seulement à une présence policière accrue, des dispersions, des contrôles, des évacuations, une absence de prise en charge juridique et sociale, mais aussi désormais à l’épidémie de Covid-19", dénoncent ces associations.

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Elles interpellent l'État et demandent "la réquisition des centres culturels, des bâtiments scolaires vides" afin de mettre à l’abri toutes les personnes qui dorment dehors en Île-de-France et de permettre la mise en place des mesures sanitaires et d’hygiène nécessaires pour faire face au virus.

Autre mesure évoquée dans leur lettre : la mise en place de distributions alimentaires organisées par les pouvoirs publics pour pallier le fait que les associations ne peuvent plus poursuivre leur action dans ce domaine". À cela s'ajoute aussi l’installation ou la réouverture de points d’eau et la mise à disposition de savon et de gel hydroalcoolique.

Mise à disposition de lits

Invitée à l'antenne de RTL ce mercredi 18 mars, Valérie Pécresse a annoncé que "la région, qui est propriétaire de 9.200 lits d’internats dans les lycées qui sont aujourd’hui vides, va les mettre à la disposition de l’État". Une partie de ces lits pourra servir "au confinement, à l’accueil, à l’hospitalisation et aux soins de personnes à la rue". La présidente LR de la région Île-de-France assure que "l’État est en train de mobiliser tout le tissu associatif, mais aussi le tissu des personnels soignants hospitaliers". 

Concernant l'accueil des sans-abri, un nouveau gymnase a été ouvert à Paris. Anne Hidalgo a dans la foulée proposé à l’État 14 autres gymnases supplémentaires. L'édile a demandé à ce que des chambres d'hôtel soient mises à la disposition des associations pour accueillir des familles avec enfants.

Enfin, la restauration scolaire municipale préparera quotidiennement des repas en soutien à des associations humanitaires et les bains-douches municipaux resteront ouverts durant toute la durée de la crise.

Des centres dédiés aux sans-abris atteints du coronavirus

Un premier centre d'isolement sanitaire dédié aux sans-abri atteints du coronavirus ouvrira vendredi à Paris, comme l'a annoncé ce mercredi 17 mars, le ministère du Logement. "Les deux premiers centres dits de 'desserrement' ouvriront à Paris dans les prochains jours, pour un total de 150 places, dont le premier d'ici vendredi", a déclaré le ministère dans un communiqué. 

Ces centres sont à destination des SDF contaminés par le coronavirus mais dont l'état ne nécessite pas une hospitalisation. Le dispositif sera progressivement déployé sur tout le territoire. Les autorités prévoient d'établir un centre de desserrement par région, voire plus dans les régions les plus étendues. 

Pour l'instant, plus de 80 sites ont été pré-identifiés par les autorités dans toute la France, pour un total de 2.875 places. "L'accès à ces centres se fera sur avis médical", en lien avec les Agences régionales de santé (ARS), selon le ministère.

Report de la fin de la trêve hivernale

Actuellement, 157.000 personnes sont hébergées dans des centres, dont 14.000 dans le cadre du "plan hiver". Jeudi, le gouvernement a annoncé le report de la fin de la trêve hivernale du 31 mars au 31 mai. "Les structures d'hébergement doivent rester ouvertes afin de pouvoir continuer à héberger les personnes en situation de détresse", souligne le ministère du Logement. "Ces structures ne sont ainsi pas concernées par la décision de fermeture des lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays", rappelle-t-il.

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