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Confinement : pourquoi les Français ont-ils plus de mal à le respecter ?

ÉCLAIRAGE - Un sondage publié par l'IFOP explique que 3 Français sur 5 ont transgressé au moins une fois les règles du second confinement. Cela s'explique, et pas seulement parce que les Français sont rétifs à l'autorité.

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Confinement : pourquoi les Français ont-ils plus de mal à le respecter ? Crédit Image : THOMAS COEX / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
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Michel Cymes édité par Paul Turban

La France est actuellement reconfinée. Les règles devraient s'appliquer jusqu'au début du mois de décembre, mais il n’est pas à exclure que ça se prolonge. Le souci, c'est que les Français semblent avoir un problème avec la notion de confinement. Il suffit de se balader dans la rue pour s’apercevoir que tout le monde n’a pas bien compris ce qu'est le confinement

Un sondage publié par l'IFOP explique que 3 Français sur 5 ont transgressé au moins une fois les règles du second confinementLes plus nombreux (43 %) sont ceux qui voient en cachette des membres de leur famille ou des amis. Viennent ensuite ceux qui utilisent l’attestation de déplacement pour d'autres motifs que ceux indiqués sur le document (24 %) suivis de ceux qui se promènent plus d'une heure par jour (17 %). En queue de peloton, on en trouve 9 % qui enfreignent les règles pour retrouver leur partenaire sexuel. 

Tout le monde se fait prendre les doigts dans le pot de confiture. Mais il est une catégorie de personnes plus représentées que les autres : il s’agit des jeunes célibataires. Le décryptage est assez évident. Plus on est jeune, moins on se sent vulnérable. Et qui dit célibat dit souvent solitude, une solitude qui pèse d’autant plus que l'automne favorise les dépressions saisonnières

Deux raisons à ce relâchement par rapport au printemps

Ce sondage est d'autant plus intéressant qu'il nous enseigne que ceux qui violent les règles du confinement sont presque deux fois plus nombreux en ce moment qu’ils ne l’étaient lors du premier confinement. Et ça s’explique si l'on en croit Fabio Galeotti, qui est chercheur en économie comportementale au CNRS. 

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Pour lui, il y a 2 raisons à ce relâchement. Primo, lors du premier confinement, nous avons tous été pris par surprise. On découvrait le virus. On n'en connaissait pas vraiment les risques. Et quand on ne sait pas, on a peur. Et quand on a peur, on a tendance à se tenir à carreau.

Secundo, le premier confinement était beaucoup plus strict que l’actuel confinement. Rappelez-vous : toutes les écoles étaient fermées, le télétravail quasi systématique. Les règles du second confinement, plus souples, valident plus ou moins consciemment l'idée selon laquelle les choses ne seraient pas aussi graves qu'elles l'ont été.

Le risque sanitaire n'a pas diminué

Cette idée revient à sous-estimer un risque dont l’intensité n'a pas diminué. Ce qui fausse la donne, c'est paradoxalement l’expérience. Dans Ouest-France, Fabio Galeotti explique que lorsque vous prenez une décision qui implique un risque, vous ne regardez pas les statistiques : vous préférez vous fier à votre vécu

Par exemple, un groupe de personnes à qui l'on propose de jouer à 2 loteries. Dans la première loterie, elles perdent 1 euro à chaque fois. Dans la seconde loterie, elles peuvent perdre 50 euros, mais dans 5 % des cas seulement. Au fur et à mesure, les joueurs, s’apercevant qu'ils perdent rarement, prennent de plus en plus de risques. Et c'est comme ça qu’ils en arrivent à sous-estimer le risque. Sauf qu'avec le coronavirus, celui qui perd à la loterie est contagieux et fait perdre tout son entourage

Une maladie franco-française

À tout cela, s’ajoute peut-être une manière très franco-française de voir les choses. Il y a 8 mois, on reprochait aux autorités d'avoir tardé à décréter le confinement et d'avoir maintenu les élections municipales. Aujourd’hui, on leur reproche d’attenter à nos libertés. C'est vrai, il y a un tropisme français. 

Au risque de céder au cliché, on n'est pas au pays d’Astérix pour rien. Le Français est hâbleur, querelleur. L’autorité, d’où qu'elle vienne, doit être combattue, contestée. Quel que soit le sujet. C'est d'ailleurs un motif de moquerie dans certains pays du nord de l’Europe où il est d’usage de demander aux Français : "C’est quoi, la grève du jour, en France ?" Tout ça nous renvoie à la difficulté de diriger le pays. 

D'ailleurs, le Général De Gaulle, dont on célèbre le cinquantième anniversaire de la disparition cette année, se plaignait de la difficulté de gouverner un pays où il existe des centaines de variétés de fromages. Quelle formule aurait-il inventé s'il avait découvert un jour que la France compte, aussi, 67 millions d’infectiologues ? 

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