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Crise économique : et si l'on ne pouvait plus se passer du soutien de l'État ?

ÉDITO - Depuis le début de l'épidémie de coronavirus, l'État enchaîne les plans de sauvetage, les aides aux entreprises, aux salariés et aux familles.

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Crise économique : et si l'on ne pouvait plus se passer du soutien de l'État ? Crédit Image : Ludovic MARIN / POOL / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
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François Lenglet édité par Maeliss Innocenti

Alors que l'on pouvait penser que le soutien de l'État à l'économie se limiterait aux quelques mois de l'urgence sanitaire, Bruno Le Maire a fait plusieurs annonces qui prouvent le contraire, mardi 9 juin sur RTL. Le ministre de l'Économie a donné plusieurs indications. D'abord, il s'attend à plusieurs centaines de milliers de chômeurs en plus à l'automne, à cause des licenciements et des faillites, et à une mauvaise année pour l'emploi en 2021.


Bruno Le Maire envisage donc, dans la suite de trois économistes qui conseillent le gouvernement, que l'État finance de façon pérenne les emplois des secteurs les plus éprouvés, au moins en partie, avec des formules à inventer. C'est d'ailleurs ce qu'avait indiqué il y a peu Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, qui parlait d'un ou deux ans pour le système du chômage partiel.

Et tout ça sans compter les aides aux entreprises... Les aides comme les prêts en effet, comme les plans sectoriels, mardi c'était l'aéronautique, le tourisme ou l'automobile, et il y en aura d'autres demain. Sans compter encore le soutien à la demande, avec un futur plan de relance. Sans compter les allègements de charges pour les apprentis, les jeunes en premier emploi...

L'État se transforme en acteur économique unique

L'État est désormais à la manœuvre pour soutenir à la fois ceux qui achètent et ceux qui vendent, à la fois les entreprises et les salariés, à la fois l'offre et la demande. Dès qu'il y a une transaction, l'État est là avec son chéquier. Il est en train de devenir l'acteur économique unique.

Un nouveau budget rectificatif, et peut-être pas le dernier

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On n'a jamais vu cela. Bercy présente ce mercredi son budget rectificatif, encore dégradé par rapport au précédent qui ne date que de quelques semaines. Si l'on se fie à ces chiffres, le déficit public français va approcher 300 milliards d'euros cette année, un peu plus de 11% du PIB. Cela veut dire que la dépense publique en France en 2020, va représenter 65% du PIB : les deux tiers de la richesse produite. Et tout cela pour une période indéterminée, qui ira au-delà de 2020. Avec le risque que ce qui était prévu pour être un coup de main ponctuel devienne structurel. Que les Français ne puissent plus faire sans ces aides de l'État financées à crédit.

Ne va-t-on pas être limité par le déficit lui-même ? Pas sûr. La France a l'une des bonnes signatures d'Europe, l'argent nous est prêté, pour l'instant. Et surtout, la Banque centrale remplit notre verre dès qu'il est vide. C'est elle qui achète les obligations émises par le Trésor français, comme celles de tous les pays de la zone euro.

Bruno Le Maire mise tout sur la croissance future

Bruno Le Maire a dit que la dette sera remboursée grâce à la croissance future. Il a tout à fait raison de dire cela, c'est une bonne façon d'éviter la question. Mais ça n'est probablement pas ce qu'il pense. Car pour rembourser une telle dette, il faudrait connaître une croissance comme celle de l'après-guerre, celle des Trente glorieuses. Ça n'est malheureusement pas du tout la perspective.

La stratégie des États dans notre situation peut donc se résumer en trois mots : croisons les doigts. Et espérons que tout cela ne finira pas mal. La réalité, c'est que personne n'en sait rien. 

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