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Coronavirus : faut-il passer à six mois le délai entre deux doses de vaccin ?

L'Académie de médecine le recommande pour accélérer la vaccination, mais la communauté scientifique n'est pas unanime sur le sujet.

Un flacon du vaccin Pfizer/BioNTech. (Illustration)
Un flacon du vaccin Pfizer/BioNTech. (Illustration)
Crédit : INA FASSBENDER / AFP
Coline Daclin & AFP

Pour vacciner plus vite l'ensemble de la population, faut-il prendre plus de temps pour vacciner chacun complètement, avec les deux doses de produit ? Depuis que sont apparus les premiers vaccins contre le coronavirus, la communauté scientifique s'interroge sur l'intérêt de prendre plus de temps entre les deux doses, afin de permettre à un nombre plus important de personnes de recevoir rapidement une première injection. 

Mercredi 14 avril, l'espacement entre deux injections de vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna a ainsi été fixé à 42 jours, contre 28 auparavant. "Ça va nous permettre de vacciner plus vite sans voir se réduire la protection", a assuré le ministre de la Santé, Olivier Véran, au JDD. 

Pour ces deux vaccins en particulier, qui utilisent la nouvelle technique de l'ARN messager, l'Académie de médecine demande d'aller encore plus loin. Dans un communiqué publié lundi 12 avril, elle demande que le délai passe de six semaines à six mois chez les moins de 55 ans. En pratique, cela ne concerne pour l'heure que des personnes exerçant un métier prioritaire ou atteintes de certaines pathologies, les autres personnes de plus de 55 ans devant être vaccinées par la formule d'AstraZeneca ou, prochainement, celle de Johnson & Johnson

Un objectif : accélérer la vaccination

Cela permettrait "d'accélérer la campagne de vaccination de masse" et "d'atteindre une immunité collective beaucoup plus rapidement avec le même nombre de doses tout en assurant une protection individuelle satisfaisante", juge l'Académie de médecine dans son communiqué.

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Elle préconise aussi "de reporter la vaccination des personnes ayant été infectées par le SARS-CoV-2 [...] à 6 mois après" un test PCR positif. 

Pour faire ces recommandations, l'Académie s'appuie sur de récentes études menées aux États-Unis par le Centre de prévention et de contrôle des maladies (CDC) et au Royaume-Uni (l'étude, pré-publiée par The Lancet, n'a pour l'heure pas encore été validée par les pairs). Toutes deux "démontrent qu'une seule dose d'un vaccin à ARN messager confère rapidement une protection très élevée" quinze à vingt jours après l'injection, de l'ordre de 72 à 80%. 

Certains scientifiques sont néanmoins réticents à l'idée d'allonger ainsi l'espacement entre les doses. Ils craignent que la protection incomplète apportée par la première injection favorise l'émergence de nouveaux variants. Les variants brésilien et sud-africain en particulier, qui semblent plus résistants aux anticorps, pourraient profiter de cette immunité collective incomplète.

Le Pr Alain Fischer opposé à une telle mesure

Le professeur Alain Fischer, président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale anti Covid-19, s'est notamment opposé à une telle mesure, rapporte le Huffington Post. "Cet avis représente celui de certains de mes collègues, mais pas celui de l’immense majorité des scientifiques et des médecins qui, de par le monde, s’intéressent à la vaccination", a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse organisée en ligne par l’Agence régionale de santé (ARS) du Grand Est depuis Paris. Lui-même membre de l'Académie de médecine, il regrette de "n’avoir pas été consulté", indique le média en ligne.

L'association de citoyens Citizen4Science a elle aussi dénoncé dans un communiqué la demande de l'Académie de médecine. L'association, créée le 24 novembre 2020 par des professionnels du milieu médical et pharmaceutique, tacle une position "peu rigoureuse, non basée sur les données de la science, avec claire immixtion de la politique". "Les décisions de politique sanitaire devraient clairement être distinguées des avis scientifiques. L’amalgame est fâcheux et source de confusion pour le public", poursuit le communiqué. 

L'Académie de médecine formule un avis, mais elle n'a pas de pouvoir décisionnel sur le sujet. Seule la Haute autorité de santé (HAS) peut trancher sur le sujet, et c'est ensuite au gouvernement que revient le pouvoir d'allonger ou non la durée entre deux injections. 

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