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Coronavirus : le variant brésilien est-il plus dangereux ?

ÉCLAIRAGE - Pour l'heure, il circule encore assez peu en France métropolitaine. Si certaines de ses mutations inquiètent, les avis des scientifiques ne s'accordent pas sur sa dangerosité potentielle.

Un homme fait un test PCR de détection du coronavirus à Laval, en Mayenne, le 17 juillet 2020 (illustration)
Un homme fait un test PCR de détection du coronavirus à Laval, en Mayenne, le 17 juillet 2020 (illustration)
Crédit : JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
Coline Daclin

Il commence à préoccuper le Conseil scientifique en France. Le variant brésilien du coronavirus a fait l'objet le 16 avril d'un avis du comité, publié dimanche 18 avril. Pour empêcher "un risque d'extension du variant", qui pourrait survenir à l'été, le Conseil recommande d'avancer le couvre-feu en Guyane de 19 heures à 17 heures. La mesure n'a pour l'instant pas été décidée par le gouvernement.

Le variant inquiète néanmoins suffisamment les autorités pour qu'elles aient décidé le 13 avril de suspendre les vols depuis le Brésil, puis le 17 avril de mettre en place une quarantaine de 10 jours et des tests répétés pour les voyageurs en provenance de plusieurs pays d'Amérique latine.

Pour l'heure, le variant brésilien circule assez peu en France métropolitaine. "Actuellement, aucun signal d'une évolution particulière [...] n'a été observé" et sa "détection est marginale", écrit le Conseil scientifique dans son avis. En revanche, son "incidence augmente fortement en Guyane", qui partage plus de 700 kilomètres de frontière avec le Brésil.

Un variant "préoccupant"

En vérité, il existe plusieurs variants dits "brésilien", mais celui qui pose problème, c'est le variant P.1. Il est classé comme "préoccupant" par la principale agence américaine de santé publique, le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC). 

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Comme l'explique le journaliste scientifique Marc Gozlan dans son blog "Réalités biomédicales" sur Le Monde, il renferme trois mutations préoccupantes nommées K417N/T, E484K et N501Y. Elles sont aussi présentes chez le variant sud-africain, et semblent rendre le virus plus résistant aux anticorps, ce qui augmenterait le risque de réinfection. Elles pourraient aussi être à l'origine d'une plus forte contagiosité.

Selon Rémi Salomon, président de la Commission médicale d'établissement de l'AP-HP, le variant brésilien "est probablement plus contagieux que le variant britannique qui lui-même était plus contagieux que le précédent". "Si on lui laisse le temps, il va rentrer dans une phase de croissance rapide", alerte-t-il. 

De son côté, l'épidémiologiste Dominique Costagliola, directrice de recherches à l'Inserm, n'est pas particulièrement inquiète de l'arrivée de ce variant. Invitée de France Inter ce lundi 19 avril, elle a repris l'exemple du variant sud-africain, qui présente les mêmes mutations, et assure que tous deux sont "en concurrence en France avec le variant britannique, beaucoup plus transmissible". Selon elle, le variant britannique est donc pour l'heure plus inquiétant, mais le brésilien pourrait poser problème plus tard, lorsque l'immunité collective commencera à se bâtir réellement, car il pourrait permettre des réinfections.

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