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Confinement : la Haute Autorité de Santé incite à reprendre d'urgence les vaccinations

En raison du confinement, nombreux sont les Français, de tous âges, à ne pas avoir fait faire leurs vaccinations. La Haute Autorité de Santé appelle à reprendre d'urgence les vaccinations.

Une femme se fait vacciner (photo d'illustration)
Une femme se fait vacciner (photo d'illustration) Crédit : DOUGLAS MAGNO / AFP
Marie Gingault et AFP

En raison de la pandémie de coronavirus et par conséquent des huit semaines de confinement en France, les vaccinations ont considérablement baissé, a alerté la Haute Autorité de Santé (HAS), ce mardi 16 juin. 

L'autorité publique incite donc vivement à reprendre d'urgence les vaccinations. Cet appel concerne à la fois les nourrissons et "les adultes qui ont des maladies chroniques, des fragilités particulières", a expliqué Élisabeth Bouvet, infectiologue et présidente de la Commission technique des vaccinations de la HAS. 

Il s'agit d'une "double préoccupation" pour l'infectiologue qui considère insuffisant "le rattrapage qui a lieu à partir du 11 mai" pour les enfants. "Le déficit reste important pour la rougeole, avec le risque de revoir resurgir des épidémies et de perdre le regain de vaccination qu'on avait semble-t-il réussi à obtenir" contre cette maladie contagieuse, craint Élisabeth Bouvet. 

De -35% à -71% pour les vaccins

Rapport d'Epi-phare du vendredi 12 juin
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On estime "à 44.000 le nombre de nourrissons âgés de 3 à 18 mois" qui n'ont pas reçu de vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, les méningites dues à la bactérie Haemophilus influenzae de type b et l'hépatite B, note la Haute autorité de Santé.

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Ces estimations figurent dans les rapports publiés durant l'épidémie de Covid-19 par Epi-phare, structure réunissant l'Agence du médicament (ANSM) et l'Assurance maladie. Selon les observations d'Epi-phare, qui a publié son troisième rapport vendredi, "il y a eu un effondrement de la consommation sur toute la période initiale du confinement de -35% à -71% pour les vaccins".

"On a su assez vite, avec la première enquête Epi-phare, qu'il y avait une réduction des vaccinations", notamment "des vaccins penta et hexavalents qui ne sont faits que chez le petit enfant de 0 à 2 ans", précise Élisabeth Bouvet. L'infectiologue a mentionné des "diminutions, en proportion, de moins 20% à moins 30% des doses de vaccins achetées, ce qui correspond à une diminution de la couverture vaccinale".

90.000 vaccins à rattraper pour les vaccins anti-papillomavirus

Dès le début du mois d'avril, la HAS préconisait de maintenir l'ensemble des vaccinations obligatoires des nourrissons, celles recommandées au-delà de 2 ans pouvant être différées jusqu'à la levée du confinement. Concernant les vaccins contre le tétanos et le pneumocoque, ce sont "les adultes qui ont des maladies chroniques et des fragilités particulières" qui inquiètent. 

Les délais sont plus courts pour se refaire vacciner contre le pneumocoque que pour le tétanos, souligne la présidente de la Commission technique des vaccinations de la HAS, qui conseille aux personnes à risque de se mettre à jour de cette vaccination. Les vaccins non réalisés sur l'ensemble des 8 semaines de confinement, et donc à rattraper, concerne 90.000 personnes tous âges pour les vaccins anti-papillomavirus (HPV), 123.000 pour le ROR (rougeole-oreillons-rubéole) et 450.000 pour les vaccins antitétaniques destinés aux rappels des enfants, adolescents et adultes, selon le troisième rapport Epi-phare.

Avec cet appel, la haute Autorité de Santé tient à attirer l'attention sur les populations fragiles qui font l'objet de recommandations particulières du calendrier vaccinal (personnes avec des maladies chroniques, immunodéprimées, patients sous chimiothérapie, personnes âgées, femmes enceintes...).

Concernant les personnes présentant des symptômes de Covid-19, avec test virologique (RT-PCR) positif : le rattrapage vaccinal pourra débuter dès la guérison, après disparition des symptômes. Il faudra idéalement attendre au moins 48 heures pour la fièvre et une éventuelle gêne respiratoire. 

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