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Réseaux sociaux : 7 habitudes à adopter pour les utiliser de manière plus saine

MIEUX DANS MA TÊTE 3/3 - C'est une certitude : les réseaux sociaux sont nocifs pour notre équilibre émotionnel. Pourtant, ils peuvent aussi devenir de véritables alliés, à condition de les utiliser correctement : RTL Girls vous montre comment faire.

Selon les chiffres de l'INSEE, en 2017, 45% des Français utilisaient internet pour communiquer sur les réseaux sociaux.
Selon les chiffres de l'INSEE, en 2017, 45% des Français utilisaient internet pour communiquer sur les réseaux sociaux. Crédit : Unsplash/Rawpixel
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy

"Quand tu aimes quelqu'un, c'est la première personne à qui tu penses le matin, et bien moi c'est Instagram." Johanna, 22 ans, ne cache pas son addiction à la plateforme où s'échangent stories et photos de vacances, avec ou sans filtre. Bien qu'elle soit consciente de l'effet néfaste de ces représentations enjolivées de la réalité, elle ne peut s'en passer. "Instagram c'est une relation d'amour et de haine", résume-t-elle.

En 2017, une étude britannique décernait à Instagram le titre de "pire réseau social pour la santé mentale mentale des jeunes". Toutes âgées entre 16 et 24 ans, les personnes interrogées dans le cadre de ce rapport intitulé #StatusOfMind dénonçaient les représentations négatives des corps, l'anxiété ou le manque de sommeil provoqués par l'application et ses concurrentes : Facebook, Twitter, Snapchat.

Pourtant, du mouvement #MeToo aux hashtags body-positive célébrant la diversité des corps, les réseaux sociaux peuvent s'avérer de véritables alliés. RTL Girls vous donne les clés pour mieux les utiliser, et les aimer pour le meilleur plutôt que pour le pire.

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1. Prendre conscience du temps qu'on y passe

Il y a un mois, j'ai découvert l'application "Moments", uniquement disponible sur l'App Store. Sa version light permet de mesurer le temps passé sur son téléphone le temps d'une journée. Au moment où j'écris cet article, je n'ai passé que cinq minutes sur mon smartphone depuis mon réveil. 

Mais ce n'est que le début : je l'utilise généralement entre deux et trois heures par jour - cela peut même monter jusqu'à cinq ou six heures lorsqu'il est question de regarder des vidéos. C'est bien plus que la moyenne française soit 1 heure 42 par jour, d'après une étude réalisée en 2018 par l'agence OMD. Un chiffre qui grimpe à 2 heures 32 pour les 15-24 ans. 

Les Français et Françaises passent en moyenne 1 heure 22 par jour sur les réseaux sociaux.
Les Français et Françaises passent en moyenne 1 heure 22 par jour sur les réseaux sociaux. Crédit : Unsplash/Rawpixel

Selon une autre étude réalisée en début d'année par l'agence We Are Social et le gestionnaire Hootsuit, les Français et Françaises passent en moyenne 1 heure 22 par jour sur les réseaux sociaux, tous appareils confondus. 

Si je n'étais pas avec mon portable pendant trois heures, je ressentais ce besoin de retrouver mon téléphone

Johanna, 22 ans
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Johanna a récemment pris conscience de cette omniprésence des réseaux sociaux dans sa vie. "Si je n'étais pas avec mon portable pendant trois heures, je ressentais ce besoin de retrouver mon téléphone, parce que je me disais que j'allais louper des trucs." 

L'été dernier, les équipes d'Instagram ont mis au point une rubrique "Votre activité", accessible dans les paramètres de l'application. Cette page affiche le temps moyen que vous passez sur la plateforme et vous offre la possibilité de vous fixer un temps maximum, grâce à une alarme de rappel. 

Une technique à première vue efficace, mais qui dans le cas de Johanna s'est avérée plutôt contre-productive. "Je me suis fixée une limite de 35 minutes par jour, mais en ce moment je vois énormément ce rappel et j'hésite à allonger mon temps d'utilisation autorisé..."

Captures d'écran des applications Moments (gauche) et Instagram (droite).
Captures d'écran des applications Moments (gauche) et Instagram (droite). Crédit : Captures d'écran/Moments/Instagram

2. Dire stop aux notifications

Johanna a même supprimé les notifications de ses réseaux sociaux, "sauf Messenger" qui lui permet de rester en contact avec ses ami-e-s. Une technique également adoptée par Mélanie, 30 ans. "Je garde les alertes Messenger, mais comme je suis dans pas mal de conversations groupées, je les mets en sourdine pour une période limitée."

Mélanie, ressource manager dans un cabinet de conseil, a récemment repris ses études. "J'ai besoin d'être organisée, et surtout j'ai besoin de ne pas me laisser polluer par des distractions", explique-t-elle à RTL Girls. Pour cela, elle a programmé son smartphone Android pour effacer les notifications. "J'ai désactivé l'affichage des notifications sur mon écran de verrouillage : je n'ai pas de pop-up qui arrive toutes les cinq minutes !"

Je me suis aperçue qu'on ne mourrait pas de ne pas aller voir toutes ses notifications

Mélanie, 30 ans
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Cette décision a été salutaire. "Je me suis aperçue qu'on ne mourrait pas de ne pas aller voir toutes ses notifications", raconte Mélanie. Aujourd'hui, il lui arrive même de ne pas utiliser les réseaux sociaux pendant toute une journée. "Tout cela m'a permis de faire d'autres activités, et je pense que ça a même amélioré ma santé physique : j'ai moins mal au cou et moins de tensions puisque je passe moins de temps la tête penchée !"

3. Supprimer les applications inutiles

Pour ce qui est de Snapchat, Mélanie a totalement supprimé l'application car elle n'en avait plus l'utilité. "Je l'utilisais pas mal, mais Instagram a repris le concept des stories, je l'ai donc enlevée de mon téléphone." 

Supprimer les applications comme Snapchat peut être un bon moyen de se déconnecter.
Supprimer les applications comme Snapchat peut être un bon moyen de se déconnecter. Crédit : Unsplash/Bruno Gomiero

Plus de Snapchat non plus pour Louise, 21 ans, au même titre que toutes les autres applications de réseaux sociaux. "C'est une question de mémoire de mon téléphone", admet-elle. Mais supprimer Messenger, Twitter ou encore Facebook de son smartphone lui a ouvert les yeux. "Ça m'a beaucoup libérée... Même si je suis encore accro !" avoue-t-elle. 

Elle ne résiste pas à ouvrir les réseaux sociaux dans son navigateur Internet. "Je garde un onglet ouvert pour Twitter et même si je refuse, on me demande si je veux recevoir des notifications au moins deux fois par jour !" s'étonne-t-elle. 

4. Complètement se déconnecter

Louise n'hésite pas à se couper entièrement des réseaux sociaux. "Pendant longtemps, je n'avais quasiment pas de données mobiles, ce qui m'obligeait à être raisonnable", explique-t-elle. 

Je me rends compte que les gens qui ont besoin de me contacter ont mon numéro

Louise, 21 ans
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"Aujourd'hui, j'ai largement assez d'Internet pour être connectée tout le temps, mais j'essaie de ne me connecter que lorsque j'ai le Wi-Fi." Ce qui ne l'empêche pas d'être joignable. "Je me rends compte que les gens qui ont besoin de me contacter ont mon numéro", ajoute Louise.

Cette habitude de déconnexion lui est venue lorsqu'elle a commencé ses études de droit, il y a trois ans. "J'ai une concentration très très sensible", explique-t-elle. "Cela m'a posé gravement problème et c'est quelque chose qui m'oppresse constamment." 

Parfois, il est nécessaire de totalement se déconnecter des réseaux sociaux.
Parfois, il est nécessaire de totalement se déconnecter des réseaux sociaux. Crédit : Unsplasg/Tyles Lastovich

Dans sa quête d'indépendance, elle a découvert l'application Forest (environ 2 euros sur Android et iPhone). Le concept : l'utilisateur ou l'utilisatrice se fixe une période de temps - entre 25 minutes et 2 heures - pendant laquelle il va planter et faire pousser un arbre. À une condition : ne pas toucher à son smartphone sur cette même durée. En cas de réussite, l'application assure qu'un véritable arbre est planté.

"Cette application matérialise l'échec de la concentration, ça permet de prendre l'habitude de ne pas utiliser ton téléphone quand tu travailles", explique Louise. Elle et son copain ont même élaboré un système de compétition. "Par exemple je lui fais remarquer quand j'ai déjà planté deux arbres, et lui qu'un seul !"

30 minutes sans utiliser mon smartphone, et l'application Forest m'a permis de planter un arbre.
30 minutes sans utiliser mon smartphone, et l'application Forest m'a permis de planter un arbre. Crédit : Captures d'écran/Forest

Parfois, il est nécessaire de faire des pauses de plusieurs jours. Quand elle a un sentiment de trop plein, Mathilde, 31 ans, se retire parfois des réseaux sociaux pendant "deux à sept jours", le temps d'aller mieux. "Ou alors je ne publie rien pour ne pas avoir ce 'besoin' de likes", raconte-t-elle. "Peu importe ce qui se passe après, je suis bien."

5. Arrêter la "course aux likes"

Louise est consciente de ce qu'elle appelle une "course aux likes" mais continue de publier régulièrement. "Quand j'étais un peu plus jeune, on stressait tous quand on avait pas de likes", se souvient-elle. "J'ai toujours cette appréhension mais moins, je me dis que je suis juste contente de montrer à quoi ressemble ce que je vis."

Pour limiter l'impact du regard des autres sur nos posts, l'artiste Benjamin Grosser a développé des extensions de navigateurs destinées à supprimer tous les nombres des réseaux sociaux. Likes, commentaires, nombre d'abonné-es : grâce aux "Demetricators" tout disparaît. L'extension est disponible pour Facebook, Instagram et Twitter.

6. (Re)prendre le contrôle de son fil d'actualité

Même lorsqu'on reste attaché aux réseaux sociaux, il est possible d'en tirer le meilleur. Mélanie fait ainsi régulièrement le tri dans les comptes qu'elle suit sur Instagram ou Pinterest. "Une fois par mois à peu près, je fais le tour de mes abonnements et quand je vois qu'un compte ne m'intéresse pas vraiment, je me désabonne." Mélanie parvient ainsi à réellement choisir ce qu'elle veut voir. "Quand je décide d'aller chercher l'information, j'ai directement l'information qui m'intéresse", résume-t-elle.

"Scroller" son fil d'actualité est une habitude tenace. Pour éviter tomber dans ce piège, j'utilise depuis deux ans l'extension de navigateur "NewsFeed Eradicator". Grâce à cet outil, mon fil d'actualité Facebook disparaît au profit de citations inspirantes. Nora Ephron, Malala Yousafzai ou encore Lao Tseu : leurs paroles pleines de motivation et anti-procrastination m'empêchent de céder à l'appel des posts de mes ami-e-s et abonnements.

"Quand j'oublie ce que je suis, je devient qui je pourrait être" - Lao Tseu, grâce à l'extension "NewsFeed Eradicator".
"Quand j'oublie ce que je suis, je devient qui je pourrait être" - Lao Tseu, grâce à l'extension "NewsFeed Eradicator". Crédit : Captures d'écran/Facebook

7. Suivre les bons comptes

Qu'ils soient drôles ou inspirants, de multiples comptes permettent d'injecter une dose de "feel-good" ou de motivation dans nos fils de réseaux sociaux. Certains sont dédiés aux citations inspirantes comme The Good Quote sur Instagram ou Good Vibes Only sur Pinterest, auxquels Mélanie est abonnée. "Les citations sont en images, ce qui permet de prendre le temps de lire et de regarder les posts", explique-t-elle.

Johanna a abandonné les comptes de "toutes les filles qui ont des vies parfaites, des corps parfaits et des copains parfaits" et s'est abonnée à des comptes "body-positive à fond". Parmi eux, celui de la mannequin grande taille, Ashley Graham. Elle essaie également de suivre des femmes engagées comme Laura Wells et Léa Camilleri.

Eva, 23 ans, aime quant à elle les posts Instagram du compte "Amours Solitaires", des déclarations d'amour par messages. Sur le même principe, elle suit "Ex Relou" qui répertorie les meilleurs râteaux d'ex-copains et ex-copines par textos. "Ça fait encore plus de bien", assure-t-elle.

Dans ses abonnements, les comptes féministes ont également la part belle, comme les célèbres "T'as Joui ?" et "Tu Bandes ?". Elle suit aussi "Je M'en bats le clito", un compte qui raconte les déboires et les particularités du corps féminin comme les règles, les sous-vêtements qui rentrent dans les fesses ou les poils pubiens. "Ce sont des comptes qui permettent de déconnecter des instagrammeuses parfaites et lisses qui nous font culpabiliser", conclut-elle.

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Sa race, t’es censé rentrer dans les fesses. #jemenbatsleclito

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2018-11-11 09:14:00
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