5 min de lecture Famille royale

2019, nouvelle "annus horribilis" pour la famille royale britannique ?

ÉCLAIRAGE - De l'affaire Epstein aux états d'âme d'Harry, en passant par le Brexit, les crises se sont succédées pour la famille royale britannique cette année.

La reine Elizabeth II et le prince Charles, le 19 décembre 2019
La reine Elizabeth II et le prince Charles, le 19 décembre 2019 Crédit : TOBY MELVILLE / POOL / AFP
Thomas Pierre
Thomas Pierre et AFP

De mémoire de tête couronnée, la monarchie britannique n'avait pas connu d'année aussi tumultueuse depuis 1992. Date à laquelle, après des mois jalonnés par les déboires conjugaux de ses enfants (Andrew, Anne et Charles), étalés dans la presse, une Elizabeth II lasse avait fini par fendre l'armure en qualifiant l'année écoulée d'"annus horribilis". 

À bien des égards, cette année 2019 se sera montrée tout aussi difficile pour la reine et la famille royale - ses vœux de Noël ne nous contrediront pas - à commencer par le chaos politique dans lequel le Brexit a plongé le Royaume. La tempétueuse sortie de l'Union européenne aura mis à rude épreuve la légendaire placidité de la souveraine de 93 ans. 

Fidèle à son habitude, la monarque s'est montrée dans un premier temps d'une neutralité sans faille dans cette séparation de l'UE, laissant aux commentateurs le soin de dénicher des supposés indices, dissimulés dans ses discours voire sa tenue, sur sa véritable opinion. Ainsi, un chapeau aux soit disant couleurs du drapeau européen porté au Parlement en 2017 aura fait couler beaucoup d'encre. 

Une neutralité discutée sur le Brexit

Pourtant, la reine s'est malgré elle retrouvée prise dans la tourmente du Brexit en donnant son assentiment à la suspension du Parlement voulue par son Premier ministre. Une suspension annulée ensuite par la Cour suprême. En lui présentant un projet aux motifs rejetés par la justice, Boris Johnson a-t-il menti à la souveraine?, s'est aussitôt interrogée la presse. 

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Mais, outre le Brexit, force est de constater que les différentes crises qui se sont succédées tout au long de l'année ont émané au sein même de la famille royale britannique. 

Les relations troubles avec Jeffrey Epstein

Plus connu pour sa vie de jet-setteur que pour ses prouesses militaires lors de la guerre des Malouines, cela fait longtemps que le prince Andrew, souvent considéré comme le "fils préféré" d'Elizabeth II, défraye la chronique. Néanmoins, un nouveau scandale est venu cette année faire écho au retentissement internationale de l'affaire Jeffrey Epstein. 

En cause : son amitié passée avec le financier américain lui vaut des accusations particulièrement graves depuis que ce dernier, soupçonné d'avoir exploité sexuellement des mineures, s'est suicidé en prison.

Non seulement le deuxième fils de la reine se voit reprocher de ne pas avoir pris ses distances avec le pédophile mais une Américaine, Virginia Roberts, épouse Giuffre, affirme avoir été forcée d'avoir des relations sexuelles avec lui alors qu'elle était mineure et se trouvait sous l'emprise d'Epstein.

Se défendant sur la BBC, Andrew, 59 ans, a donné une image désastreuse, avec des dénégations jugées peu convaincantes, un manque de regrets pour son amitié avec Epstein et peu d'empathie pour les victimes. Lâché par nombre d'entreprises et d'universités avec lesquelles il collaborait, il a dû se retirer de la vie publique et fait depuis profil bas, n'apparaissant en public que pour un déjeuner familial au palais de Buckingham.

Meghan Markle, la "duchesse capricieuse"

Les tabloïds avaient d'abord salué le mariage du prince Harry avec Meghan Markle, une actrice américaine métisse, comme un souffle d'air frais. Après une série de démissions au sein du personnel de la maison royale, ils n'ont toutefois pas tardé à se retourner contre elle avec des articles au vitriol, l'affublant au passage du sobriquet de "duchesse capricieuse" (Duchess Difficult). 

La presse à scandales s'est également emparée des fissures apparaissant entre Harry et son grand frère William, deuxième dans l'ordre de succession à la reine Elizabeth, alimentées par une supposée mésentente de leurs épouses. Elle a relevé aussi son utilisation de jets privés pour se rendre en vacances, notamment chez Elton John à Nice.

Le prince de 35 ans est monté au créneau en accusant les médias de harceler son épouse comme sa mère Diana, morte en 1997 dans un accident de voiture à Paris alors qu'elle était poursuivie par des paparazzi. Il a lancé une série de plaintes contre plusieurs journaux.

Le couple s'est ensuite épanché sur la pression médiatique dans un documentaire, une complainte très critiquée en pleine tournée en Afrique australe. Meghan dit avoir été peu soutenue pendant sa grossesse tandis qu'Harry reconnaît s'être éloigné de son frère.

Les deux époux ont décidé de se mettre en retrait quelques semaines, auprès de la famille de Meghan aux Etats-Unis puis au Canada pour Noël, le premier de leur fils Archie.

Philip lâche le volant

Connu pour un caractère impétueux qui s'est souvent heurté au protocole, l'époux de la reine, Philip, 98 ans, a pris sa retraite en août 2017. Mais il est revenu dans l'actualité en janvier en provoquant un accident spectaculaire au volant de son Land Rover qui s'est renversé. Indemne, le duc d'Edimbourg a dû renoncer à son permis de conduire.

Et en fin d'année, son état de santé a provoqué l'inquiétude puisqu'il a été hospitalisé "pour des problèmes préexistants" quelques jours avant Noël, pour finalement sortir le 24 décembre. 

Cure d'austérité

Une accumulation de tensions, dont la presse à scandale aura fait ses choux gras tout au long de 2019, et qui n'aura pas eu comme effet de redorer le blason de la famille royale. La pression pour la soumettre à une cure d'austérité s'est donc accentuée dans l'opinion. Face à ces incidents, beaucoup d'experts royaux s'attendent ainsi à une baisse du train de vie pour la famille, dont de nombreux membres disposent d'un rang valant rémunération.

À tel point que le prince Charles, qui se prépare à prendre la suite de sa mère, souhaiterait "ramener (la famille royale) à un noyau de membres hauts placés qui travaillent à plein temps", d'après la biographe Penny Junor, auteure de nombreux livres, dont "La Firme", d'après le surnom parfois donné à la monarchie. 

Le quotidien The Telegraph a d'ailleurs récemment appelé à "rationaliser la Windsor S.A.": "les familles royales élargies fonctionnent quand vous régnez sur un quart du monde (...) pas sur une Grande-Bretagne (...) au bord de la récession".

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