1. Accueil
  2. Actu
  3. Tech
  4. Présidentielle 2022 : que proposent Emmanuel Macron et Marine Le Pen pour les réseaux sociaux et le numérique ?
6 min de lecture

Présidentielle 2022 : que proposent Emmanuel Macron et Marine Le Pen pour les réseaux sociaux et le numérique ?

Cinq ans après leur première finale, les deux derniers candidats à l'élection présidentielle défendent des orientations politiques très différentes, particulièrement en matière de numérique.

Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont les deux finalistes de l'élection présidentielle 2022
Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont les deux finalistes de l'élection présidentielle 2022
Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue

Arrivés en tête avec respectivement 28,1% et 23,3% des voix, dimanche 22 avril, Emmanuel Macron et Marine Le Pen brigueront à nouveau l'investiture suprême au deuxième tour de l'élection présidentielle ce dimanche 24 avril. Cinq ans après leur première finale, les deux candidats défendent des orientations politiques très différentes, particulièrement en matière de numérique. 

Après avoir fait campagne sur le soutien aux startups et à la tech au sens large en 2017, avec un grand nombre de propositions, Emmanuel Macron porte cette année un programme resserré autour de quelques thématiques, visant principalement l'accessibilité du numérique, la régulation des plateformes et la lutte contre les menaces cyber. 

Face à lui, la candidate du Rassemblement national défend un projet de soutien au numérique souverain, basé sur la priorité nationale et sur "une fiscalité juste" visant à la fois les entreprises étrangères et les cryptomonnaies. Tour d'horizon des principales mesures en faveur du numérique présentes dans les programmes des deux finalistes.

Marine Le Pen prône la "souveraineté numérique"

Les propositions pour le numérique ont fait irruption tardivement dans le programme de Marine Le Pen qui a finalement publié un livret dédié contenant ses mesures sur le sujet. La souveraineté nationale est le grand enjeu mis en avant par la candidate qui entend "maîtriser la sécurité et les intérêts de la France et des Français dans le cyberespace".

À lire aussi

Pour ce faire, Marine Le Pen propose la mise en place d'un fonds souverain censé "favoriser l'émergence et le développement d'acteurs français du numérique". "Cela passe par davantage de recherche scientifique" avec "des aides ciblées en faveur des entreprises du numérique" et "la priorité accordée aux fournisseurs français" pour "la commande publique dans les domaines militaires et de sécurité nationale", "les matériels informatiques de télécommunication, les logiciels et les services d'hébergements (cloud)".

La candidate souhaite aussi "rendre obligatoire l’hébergement des données des Français, des entreprises françaises et des services publics en France ou dans l’Union européenne, par des opérateurs français ou européens".

La candidate RN veut lutter contre "la censure" des réseaux sociaux

La candidate du Rassemblement national entend lutter contre "la censure" imposée par les réseaux sociaux américains qu'elle décrit comme régis "par leurs propres règles" qui profitent surtout à l'économie américaine. 

Pour ce faire, elle souhaite que les conditions d'utilisation des plateformes soient parfaitement harmonisées avec la loi française afin que "seule l'application du droit national", coordonnée par un juge, puisse prévaloir dans le cadre des politiques de retrait de contenus afin de favoriser la liberté d'expression dans le débat public.

Dans le cas où Facebook, Twitter, Instagram et les autres plateformes venaient à persévérer dans leurs pratiques, Marine Le Pen prévient qu'elle n'hésitera pas à "faire établir et gérer un réseau social public, libre et gratuit" car "le débat public ne peut pas être confisqué". 

Marine Le Pen veut encadrer les cryptomonnaies

Le nationalisme technologique appelé de ses voeux par Marine Le Pen passe aussi par la mise en place d'une "fiscalité juste" au niveau européen afin de "mettre un terme au scandale du paiement de montants dérisoires d’impôts en France d’entreprises étrangères qui y ont pourtant des activités et y réalisent des profits". "Les grands groupes du numérique étrangers échappent au paiement des impôts qu’ils doivent dans de nombreux pays. Les timides réactions françaises et européennes de ces deux dernières années sont très loin de rétablir la justice fiscale", déplore-t-elle. 

En cas d'accession à l'Élysée, la candidate du Rassemblement national entend également œuvrer pour que les cryptomonnaies, dont le régime fiscal des plus-values est appelé à évoluer en 2023, soient "placées sous le régime commun des marchés financiers", sans donner plus de détails. 

Plus largement, la candidate RN entend également "mettre un terme à toutes leurs pratiques anticoncurrentielles", leur faire "payer en France des impôts correspondant à l'activité qu'ils y ont et aux profits qu'ils y font" mais aussi "accorder le statut de salariés aux chauffeurs et livreurs des plateformes numériques".

Emmanuel Macron veut renforcer le contrôle parental

Le programme d'Emmanuel Macron en matière de numérique est résumé dans une dizaine de propositions auxquelles se sont greffées deux ou trois mesures égrenées à l'approche du deuxième tour.

Les propositions du président sortant concernent d'abord l'accessibilité du numérique avec une volonté affichée d'achever la couverture numérique du territoire par la fibre d'ici 2025, promesse à laquelle il s'était déjà engagée il y a cinq ans. Le candidat entend aussi simplifier les procédures administratives à la faveur du numérique.

Concernant la jeunesse, le candidat entend généraliser l'enseignement du code informatique et des usages numériques à partir de la 5e. Le programme d'Emmanuel Macron vise également un renforcement du contrôle parental pour les écrans des enfants. Une mesure dans la lignée de la loi adoptée par la majorité en début d'année visant à rendre obligatoire l'installation par défaut de ce type de logiciels sur les smartphones et les tablettes neufs.

1.500 "cyberpatrouilleurs" et un filtre anti-arnaques

Parmi les propositions mises en ligne par son équipe de campagne, un chapitre est consacré à la cybersécurité, qualifiée de "grande menace de notre temps". Emmanuel Macron promet le recrutement de 1.500 "cyberpatrouilleurs" pour veiller à la sécurité informatique. Le candidat souhaite aussi l'instauration d'un filtre anti-arnaques visant à protéger les internautes des nombreuses escroqueries qui prolifèrent en ligne.

L'idée est de filtrer préventivement les adresses internet correspondant à des sites malveillants connus afin d’éviter qu’un internaute peu averti ne télécharge des logiciels infectés, à savoir des rançongiciels, virus, logiciels espions et dispositifs de phishing. Des sites qui se font passer pour des intermédiaires de confiance pour soutirer des données personnelles ou de l'argent aux victimes.

Emmanuel Macron veut plus de régulation des GAFAM

Les géants mondiaux du numérique, dont Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, autour d'Emmanuel Macron pour le sommet "Tech for Good", le 23 mai 2018
Les géants mondiaux du numérique, dont Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, autour d'Emmanuel Macron pour le sommet "Tech for Good", le 23 mai 2018
Crédit : CHARLES PLATIAU / POOL / AFP

Dans un entretien au Point, Emmanuel Macron s'est positionné face aux grandes plateformes américaines, les fameuses GAFAM. Le président-candidat a indiqué qu'il n'hésiterait pas à envisager de démanteler les grands acteurs du numérique qui sont en situation de monopole pour mieux les réguler. 

"Sur les réseaux sociaux, on peut tuer des réputations, propager des fausses nouvelles, pousser des gens au suicide", a-t-il affirmé, jugeant que "les plateformes viennent utiliser nos libertés antiques ou post-révolutionnaires pour les détourner de leur essence", avec des acteurs privés. 

L'hypothèse de la régulation des grandes plateformes du Web est déjà évoquée par des élus en Europe et aux États-Unis, où Facebook et Google sont visés par des plaintes pour abus de position dominante. Emmanuel Macron souhaite aller plus loin que les directives DMA et DSA mises en place récemment en Europe pour protéger la libre concurrence dans le marché numérique européen dans la lignée du RGPD avec les données personnelles. 

Pousser les plateformes à collaborer davantage avec la Justice

Dans cet entretien, le chef de l'État s'est aussi prononcé en faveur de la levée de l'anonymat en ligne. "Dans une société démocratique, il ne devrait pas y avoir d'anonymat", a-t-il expliqué au Point. Une sortie quelque peu surprenante, et contraire à la position des derniers secrétaires d'État au Numérique sur la question, alors qu'en pratique, les internautes ne sont jamais vraiment anonymes mais utilisent plutôt des pseudonymes en ligne, qui leur permettent d'être traçables via leur adresse IP par les plateformes et les autorités en cas de problème et de requête judiciaire. 

Invité à préciser la sortie du candidat par BFMTV, le député Éric Bothorel, chargé des questions numériques auprès d'Emmanuel Macron, a souligné que l'enjeu était surtout ici de faire collaborer les plateformes pour qu'elles livrent ces données aux autorités, dans des situations de propos haineux par exemple, tout en rappelant que le programme du candidat ne se positionne pas contre le pseudonymat, dont la levée imposerait aux plateformes de demander aux internautes de fournir leur véritable identité à leur inscription.

Une prime pour le retour des anciens smartphones

Enfin, Emmanuel Macron a sorti une nouvelle mesure de son chapeau à quelques heures du débat de l'entre-deux-trous en proposant l'instauration d'une "prime au retour" afin de favoriser la collecte et le recyclage des appareils multimédias inutilisés qui dorment dans les placards des Français.

Les détails chiffrés de la mesure n'ont pas filtré pour l'instant mais des concertations doivent être menées avec les distributeurs de bornes de récupération des vieux appareils et les entreprises du secteur du reconditionnement pour élaborer le dispositif.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/