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Facebook, Google : démanteler les géants du numérique, mission impossible

ÉDITO - L'idée monte aux États-Unis de démanteler Google et Facebook. Mais cela ne se fera pas selon François Lenglet : les Américains ont tout intérêt à préserver ces géants face à la Chine.

Les logos des GAFA, acronyme de Google, Apple, Facebook et Amazon
Les logos des GAFA, acronyme de Google, Apple, Facebook et Amazon
Crédit : LIONEL BONAVENTURE / AFP
Démanteler les géants du numérique, mission impossible ?
00:03:17
Lenglet-Co du 23 octobre 2019
00:03:17
François Lenglet - édité par Paul Turban

Démanteler Google et Facebook, c’est l’idée qui monte aux États-Unis. C’est en effet un projet de l’opposition démocrate, porté en particulier par la candidate qui a le vent en poupe, Elizabeth Warren. Parallèlement, une enquête a été ouverte sur ces deux entreprises par les procureurs de la quasi-totalité des États américains. Et la commission parlementaire sur la concurrence enquête également sur ces méga-entreprises.

On reproche à ces géants du numérique leur puissance. Le moteur de recherche de Google a par exemple une part de marché de 92 % au plan mondial, si l’on exclue la Chine et la Russie, qui ont leurs propres sociétés. En France, Google est même à près de 94 %, alors que Qwant, le concurrent français, tout en ayant quadruplé sa part de marché, arrive péniblement à 0,8%. 

Je dois vous dire que pour trouver ces chiffres j’ai dû moi-même chercher sur… Google, bien sûr. Quant à Facebook, il est utilisé par 2,4 milliards de personnes, soit un Terrien sur trois, sans compter les utilisateurs d'Instagram, qui appartient à Facebook. 

Oui, notamment en rachetant leurs concurrents naissants. Elles sont tellement riches que dès qu’elles voient une start-up qui les menace, elles couvrent ses fondateurs de milliards, ou de centaines de millions. Et elles construisent des systèmes informatiques qui handicapent leurs concurrents.

Un outil de puissance américain intouchable

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Il y a des précédents de démantèlements d'entreprises aux États-Unis. La compagnie pétrolière Standard Oil, au début du siècle dernier, ou la compagnie de téléphone ATT, dans les années 1980. Mais cette fois-ci, ça sera bien plus difficile. Il y a même fort à parier que cela ne se fera pas pour au moins deux raisons. D'abord, les services qu’elles proposent sont gratuits. Sur un plan strictement économique, le préjudice pour l’utilisateur est donc difficile à établir. 

Ensuite, ces entreprises constituent un atout stratégique pour les États-Unis, notamment grâce aux recherches qu’elles effectuent sur l’intelligence artificielle et les autres technologies du futur. Les seules qui peuvent rivaliser, ce sont leurs homologues chinois. Comment imaginer que l’Amérique casserait ses atouts pour laisser avancer les Chinois tout seuls ? C’est invraisemblable.

Encadrer plutôt que casser

Ces entreprises vont donc continuer à prospérer, mais pas dans le même cadre réglementaire. A la suite des enquêtes lancées, on pourrait par exemple obliger ces entreprises à rendre accessibles les données qu'elles collectent et qu'elles exploitent, à la fois pour des raisons de liberté publique et pour permettre à la concurrence de se développer.

Droit de suite sur une autre chronique. Le gouvernement avait prévu de mettre sous tutelle la caisse autonome des retraites des avocats dès l'année prochaine, dans la perspective de la mise en place du fameux régime universel de retraite. Et bien hier, face à la colère des barreaux, le gouvernement a renoncé. C'est une brèche dans l'uniformisation des régimes, et l'on peut penser, comme nous le disions ce vendredi, qu'il y en aura d'autres, et que ce régime universel sera en fait... à géométrie variable. 

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