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Un médecin de retour de RDC, des symptômes aggravés en vol, une charge virale faible.. Ce que l'on sait du premier cas d'Ebola détecté en France

Un médecin humanitaire de retour de République démocratique du Congo a été testé positif à Ebola après son arrivée à Paris. Il a été placé à l'isolement dans un établissement spécialisé.

Le 23 juin 2026, à Bunia, dans l'Ituri (est de la République démocratique du Congo), un agent de santé prélève des échantillons sur un patient atteint de la maladie à virus Ebola au Centre de traitement Ebola du Centre Médical Évangélique

Crédit : Benediction MURHABAZI / AFP

Juliette Vignaud & AFP

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C'est une première en France hexagonale. Un cas d'Ebola a été identifié sur le territoire national, ont annoncé les autorités sanitaires ce mercredi 24 juin. Il s'agit d'un médecin humanitaire de retour de République démocratique du Congo (RDC), où sévit une importante épidémie de la maladie déclarée le 15 mai et qui a fait plus de 250 morts à ce stade, selon un dernier bilan officiel publié lundi 22 juin.  

Le médecin français a été immédiatement pris en charge lors de son arrivée à Paris, le mardi 23 juin, et isolé dans un établissement spécialisé. Son état est stable, rapportent les autorités. 

Le cas français est le premier identifié hors du continent africain pour cette épidémie qui frappe aussi l'Ouganda, et met en jeu une souche rare du virus, dite Bundibugyo, contre lequel il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique. De précédents cas suspects, au Brésil ou en Italie, ont été finalement exclus ou non confirmés.  

Une charge virale "très faible"

Le ministère de la Santé a annoncé, ce mercredi, par le biais d'un communiqué, "l'identification d'un premier cas positif de maladie à virus Ebola sur le territoire national". Selon cette même source, le cas a été identifié en métropole. Il s'agit d'un médecin travaillant pour l'ONG humanitaire Alima, qui a une charge virale "très faible". 

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L'homme a pris un avion de ligne de la compagnie Air France depuis Kinshasa, capitale de la RDC, à destination de Paris en étant quasiment asymptomatique, avec uniquement des "céphalées". Selon le ministère de la Santé, son état s'est ensuite "légèrement dégradé" pendant le vol. Il a été isolé dès son arrivée en France, avant même que le virus ne soit formellement identifié. 

"Air France confirme avoir été informée par les services de l'État qu'un client voyageant à bord du vol AF736 Kinshasa - Paris-Charles de Gaulle a été pris en charge par les services médicaux après être arrivé à Paris-Charles de Gaulle le 23 juin 2026", souligne Air France dans une déclaration à l'AFP. La liste des passagers du vol a été transmise aux autorités sanitaires.

Un protocole strict pour éviter les contaminations

Le médecin a été placé à l'isolement dans un "établissement spécialisé". Selon le ministère de la Santé, il a été transféré depuis l'aéroport "dans des conditions sécurisées afin d'éviter tout risque de contamination", dans un hôpital, un "établissement de santé de référence" où il a été pris en charge "selon des protocoles stricts de sécurité biologique".

Il se trouve actuellement dans un "état stable". Il a été placé dans une "chambre à double flux", autrement dit à ventilation autonome, dotée d'équipements selon des "protocoles dédiés", comme c'est le cas pour les patients atteints d'une "maladie infectieuse hautement transmissible". 

L'identification des cas contacts en cours

La situation est suivie de très près par les autorités sanitaires. Elles se concentrent notamment sur l'identification de cas contacts. Ces derniers pourront être appelés par les Agences régionales de santé (ARS) et devront, au cas échéant, être isolés à domicile pendant trois semaines, sous "surveillance attentive". "En tout état de cause, la situation est sous contrôle", a argué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon lors du compte-rendu du Conseil des ministres ce mercredi. 

De son côté, l'ONG Alima dit chercher à "comprendre comment la contamination a pu avoir lieu" alors que les travailleurs humanitaires sont normalement enjoints à une quarantaine de trois semaines après avoir été en contact avec des cas infectés. "Les conditions de prévention de contamination ont été mises en place depuis le début de notre intervention pour préserver nos équipes", assure-t-elle dans un communiqué. 

La transmission interhumaine de cette maladie se faisant par contact direct, avec les fluides corporels d'une personne infectée, ou de manière indirecte via des draps, des vêtements, des seringues contaminées, les personnes les plus à risques de contracter le virus sont les professionnels de santé lors des soins. Ils doivent donc porter des équipements de protection. 

La prise en charge de cette maladie repose essentiellement sur des soins de soutien, avec de la réhydratation par voie orale ou intraveineuse, et des traitements symptomatiques. Sa période d'incubation varie de 2 à 21 jours, et les personnes infectées ne sont contagieuses qu'après l'apparition des premiers symptômes. Ebola se manifeste par une fièvre hémorragique sévère, dont le taux de létalité est d'environ 50% et varie selon les espèces virales - il est de 25% dans le cadre de l'épidémie actuelle en RDC - et la qualité de la prise en charge. 

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