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Une affiche sur l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo, en mai 2026
Crédit : Badru Katumba / AFP
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L'inquiétude à Mayotte face à l'ampleur de l'épidémie d'Ebola. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a alerté mardi 19 mai sur "la rapidité" de la propagation du virus, déjà suspecté d'avoir fait plus de 130 morts dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), et qui pourrait durer.
La singularité de l'épidémie d'Ebola en RDC - pourtant habituée, avec 17 épidémies de cette maladie tuant entre un tiers et la moitié des personnes infectées - inquiète les experts. Le pays fait, cette fois, face à une souche peu commune, dite Bundibugyo. Celle-ci n'apparaît pas forcément plus meurtrière que la souche la plus répandue, dite Zaïre, elle-même très létale. Mais, uniquement identifiée lors de deux précédentes épidémies, elle est mal connue.
S'ajoutent d'autres difficultés liées à la situation en RDC : plusieurs zones de guerre - un premier cas a été détecté dimanche dans une zone contrôlée par les rebelles du M23 - et beaucoup de régions très rurales, difficilement accessibles. Le foyer se trouve également dans une région aurifère, où d'intenses mouvements de population liés à l'activité minière ont lieu quotidiennement.
Mayotte, territoire situé au large de la côte africaine dans l'Océan Indien, accueille une importante population émigrée originaire d'Afrique centrale, entrée sur l'île souvent clandestinement. L'île apparaît ainsi vulnérable quant à l'ampleur de l'épidémie.
Le gouvernement français se veut néanmoins rassurant. Selon un communiqué de Sébastien Lecornu, "le risque d'importation en France hexagonale" et dans l'archipel est "très faible" à ce stade. L'exécutif s'est toutefois dit "très attentif" à la situation et a annoncé avoir pris des "premières mesures de précaution" à Mayotte, qui accueille des migrants de l'Afrique des Grands Lacs.
Le gouvernement a ainsi décidé "la mise en alerte" de la préfecture et de l'Agence régionale de santé, "ainsi que le renforcement de la surveillance sanitaire". Le centre hospitalier de Mayotte et les autres acteurs de santé "ont été mobilisés afin de préparer, le cas échéant, une prise en charge sécurisée des patients et la protection des professionnels de santé".
Selon un communiqué du préfet de Mayotte, diffusé ce mercredi matin, une équipe d'investigation a aussi été constituée pour l'identification d'éventuels cas contacts, des actions de sensibilisation et de formation sont également prévues pour les professionnels de santé.
Des mesures jugées insuffisantes voire "abstraites" pour la députée de Mayotte Estelle Youssouffa, alors que le système sanitaire de l'archipel est très fragile. "Quand on connaît l'état réel de l'hôpital, qui a été détruit par [le cyclone] Chido, qui n'a pas été réparé, qui est en plan blanc depuis plusieurs années, qui fonctionne sur la réserve sanitaire, quand je lis dans le communiqué du gouvernement qu'il y aura une file dédiée, des salles réservées pour des potentiels patients d'Ebola, je ne sais pas comment matériellement c'est possible", a-t-elle regretté ce mercredi matin sur RTL.
Et d'affirmer : "Ce que demande Mayotte, c'est la fermeture de la frontière, qu'Ebola ne rentre pas sur notre territoire." La députée pointe "la porosité de la frontière [qui] fait que des migrants qui arrivent de la région des Grands Lacs, du continent africain qui est contaminé, entrent illégalement à Mayotte".
Notre source de contamination, c'est l'immigration clandestine
Estelle Youssouffa, députée Liot de Mayotte
Outre la fermeture des frontières, Estelle Youssouffa réclame aussi la mise en place de tests de dépistage à l'arrivée sur le territoire. "Il me semble évidemment clair qu'il faudrait des tests massifs pour les personnes, notamment dans les zones où des migrants se massent [...] et pour toutes les personnes interpellées en mer."
Les autorités l'assurent : le dispositif de lutte contre l'immigration clandestine sera renforcé, tout comme la présence médicale dans les "lieux de présence des migrants", comme le camp de Tsoundzou.
Les modélisations du gouvernement français "réalisées à ce stade montrent que le risque d'importation en France hexagonale et à Mayotte est très faible", la République démocratique du Congo se trouvant à des milliers de kilomètres du département outre mer.
"On est en retard par rapport à la propagation réelle de l'épidémie", nuance Estelle Youssouffa. Un mort et un cas ont été enregistrés en Ouganda. Il s'agit de deux Congolais qui avaient voyagé depuis la RDC, mais aucun foyer d'épidémie local n'a été signalé.
Les autorités mahoraises se montrent aussi rassurantes quant au faible risque d'importation de la maladie. La durée d'incubation est de sept jours en moyenne, "or, en pratique, les ressortissants de la République Démocratique du Congo, qui tentent de s'introduire illicitement à Mayotte, mettent deux à trois mois avant d'arriver sur le territoire".
"Le trajet depuis les zones touchées est long, ce qui fait que les personnes contaminées développent généralement des symptômes graves avant d’arriver, limitant fortement les contacts", abonde l'épidémiologiste Mircea Sofonea, dans les colonnes du Parisien. "Pour qu’un cas survienne, il faudrait une incubation exceptionnellement longue ou un cas asymptomatique, ce qui est très rare. Un seul cas peut suffire, mais ce n’est clairement pas le scénario le plus probable."
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