4 min de lecture
Du personnel de santé en combinaison de protection à l'hôpital de Mongbwalu en République démocratique du Congo, en mai 2026.
Crédit : Seros MUYISA / AFP
Je m'abonne à la newsletter « Infos »
Une épidémie "hors norme". L'épidémie d'Ebola continue de se propager en République démocratique du Congo, le bilan atteignant désormais 204 morts et 867 cas suspects. Le pays a déclaré l'épidémie le 15 mai dernier face à la propagation du virus Bundibugyo, particulièrement létal et contre lequel il n'existe à ce jour aucun vaccin.
Le ministère congolais de la Santé évoque une épidémie "assez fulgurante", qui devient la 17e épidémie à toucher le pays, la plus meurtrière ayant causé près de 2.300 morts et 3.500 malades entre 2018 et 2020.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a également déclenché une alerte sanitaire internationale, alors même qu'une dizaine de pays d'Afrique sont aujourd'hui à risque d'être touchés par l'épidémie. Malgré les moyens déployés, la prise en charge sanitaire reste difficile à mettre en place dans certaines zones de RDC, mal desservies et en proie aux violences.
Dans un dernier bilan diffusé samedi 23 mai, le ministère congolais de la Santé recensait 204 morts et 867 cas suspects. Mais l'Organisation mondiale de la santé (OMS) indiquait dimanche soir que plus de 900 personnes sont soupçonnées d'avoir contracté Ebola.
Le virus provoque une fièvre hémorragique extrêmement contagieuse et reste redoutable, malgré de récents vaccins et traitements. Car ces derniers ne sont efficaces que contre le virus Zaïre, tandis que l'épidémie qui touche actuellement le pays est causé par le variant Bundibugyo, contre lequel il n'existe aujourd'hui aucun vaccin. Ce virus présente un taux de létalité allant jusqu'à 50%.
Le coordinateur de Médecins sans frontières, Florent Uzzeni, a décrit une épidémie "hors norme", estimant même que les bilans sont certainement "sous-évalués" car les "capacités de tester les gens sont extrêmement limitées".
Le premier cas suspect d'Ebola avait été recensé à Bunia, capitale de la province de l'Ituri. À Mongbwalu, ville de 130.000 habitants également dans la province de l'Ituri, 322 personnes sont suspectées d'avoir été infectées, selon un dernier bilan des autorités sanitaires, et 88 morts, vraisemblablement liées au virus, ont été signalés.
Des dizaines de tonnes de matériel ont été envoyées en RDC et des équipes de l'OMS ont été déployées, mais dans le foyer de l'épidémie, la riposte tarde à s'organiser, car la région est mal desservie par les routes et déchirée par des violences. Le foyer de l'épidémie se trouve en effet dans une zone en proie à des groupes armées, et peu de tests en laboratoire ont été menés à ce stade.
L'épidémie s'est alors propagée aux régions voisines du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Samedi, les autorités congolaises ont annoncé suspendre les vols vers et depuis Bunia.
L'Ouganda, pays frontalier de la RDC, a de son côté confirmé deux nouveaux cas d'Ebola ce lundi, portant le total à sept, dont un décès. Le Rwanda voisin a interdit depuis vendredi les ressortissants étrangers passés en sol congolais d'entrer sur son territoire, et imposé une quarantaine aux Rwandais en provenance de la RDC.
Les États-Unis ont également renforcé les contrôles sanitaires aux frontières pour les voyageurs aériens en provenance des pays africains touchés. La Maison Blanche a notamment affirmé vendredi que l'équipe de football congolaise doit s'isoler dans une "bulle" pendant 21 jours si elle veut pouvoir disputer la Coupe du monde.
Aujourd'hui, une dizaine de pays sont à risque d'être touchés par l'épidémie, a alerté ce week-end l'Africa CDC, l'agence sanitaire de l'Union africaine. Le Soudan du Sud, le Rwanda, le Kenya, la Tanzanie, l'Éthiopie, le Congo-Brazzaville, le Burundi, l'Angola, la Centrafrique et la Zambie sont concernés.
Compte tenu de sa situation géographique de Mayotte, située dans l'Océan Indien, le gouvernement français est "très attentif" à l'épidémie d'Ebola. De premières mesures de précaution" ont été annoncées, bien que "le risque d'importation en France hexagonale" et dans l'archipel soit "très faible" à ce stade. La préfecture et de l’Agence régionale de santé ont été mises en alerte, la surveillance sanitaire a été renforcée.
Le centre hospitalier de Mayotte et les autres acteurs de santé "ont été mobilisés afin de préparer, le cas échéant, une prise en charge sécurisée des patients et la protection des professionnels de santé".
Les services de l'Etat (Armées, Affaires Etrangères, Intérieur) ont procédé à un "renforcement des contrôles liées à l'arrivée de migrants en provenance d'Afrique de l'Est, de la région des Grands Lacs et des Comores", et veiller à la "bonne coopération" entre les pays de la zone. Enfin, il est demandé aux voyageurs qui ne pourraient pas reporter leur déplacement dans les pays touchés de se "protéger pendant" leur voyage et "après". Ils peuvent consulter régulièrement le site Conseils aux voyageurs.
Selon l'OMS, l'épidémie pourrait durer plus de deux mois, mais représente toutefois un risque faible au niveau mondial. En plus de la mortalité liée au virus, le pays fait également face à des incidents causé par la méfiance de la population. Dans la nuit de vendredi à samedi, une tente fournie par Médecins sans frontières à un hôpital local a été incendiée. L'ONG précise toutefois que la tente était vide et personne n'a été blessé.
Jeudi, une brève émeute a éclaté dans un autre hôpital de la région. Des jeunes réclamant le corps d'un patient décédé ont pénétré dans l'enceinte et brûlé deux tentes d'isolement, selon un responsable hospitalier.
Bienvenue sur RTL
Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur
Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.
Bienvenue sur RTL
Rejoignez la communauté RTL, RTL2 et Fun Radio pour profiter du meilleur de la radio
Je crée mon compte