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Immunothérapie : comment révolutionne-t-elle la lutte contre le cancer ?

Le cancer reste l’un des grands défis de la médecine, mais les traitements évoluent à une vitesse impressionnante. Parmi les grandes révolutions de ces dernières années : l’immunothérapie, qui aide notre propre système immunitaire à combattre les cellules cancéreuses.

Cancer : les succès prometteurs de l'immunothérapie

Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP

L'INTÉGRALE - Immunothérapie et cancer, ginger beer... Le programme du samedi 11 avril 2026

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Jimmy Mohamed - édité par Chloé Lacrampe

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« On a fait énormément de progrès au cours des deux dernières décennies », affirme le professeur Jean-Yves Blay, oncologue et directeur du centre Léon Bérard à Lyon. Si la compréhension des mécanismes du cancer a permis de mieux cibler les traitements, l’immunothérapie s’impose aujourd’hui comme l’une des grandes révolutions médicales. Son principe : « En stimulant le système immunitaire de chacun d’entre nous, on est capable de lui permettre de reconnaître les cellules cancéreuses et de nous en débarrasser. »

Contrairement à la chimiothérapie, qui vise à détruire directement les cellules qui se divisent, l’immunothérapie agit en réactivant les défenses naturelles du corps. « Les cellules cancéreuses, pour pouvoir croître et proliférer en dépit de nos contrôles, ont élaboré une stratégie qui est très simple sur le plan biologique : c’est qu’elles vont se masquer du système immunitaire », explique le professeur Blay. Les traitements modernes « vont réactiver le système immunitaire qui était préalablement désactivé par les cellules tumorales ».

Cette approche n’est pas sans limites. L’efficacité de l’immunothérapie dépend de la capacité du système immunitaire à reconnaître la cellule cancéreuse. « Parfois, la cellule cancéreuse est peu mutée; donc elle va quand même échapper à la reconnaissance par le système immunitaire », nuance le spécialiste. Mais dans certains cancers, les résultats sont spectaculaires : « Il y a des pathologies pour lesquelles on avait 5% de survie à 5 ans qui sont passées à 50%. »

L’immunothérapie ne concerne pas tous les patients, ni tous les types de cancers. « Une partie de tous les cancers va être efficacement traitée par une immunothérapie. Mais une partie seulement », précise le professeur Blay. La médecine de précision permet aujourd’hui d’identifier les patients qui pourront en bénéficier, en fonction des caractéristiques de leur tumeur.

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Le traitement se fait principalement par voie intraveineuse, « tous les 21 jours, tous les 15 jours, tous les 6 semaines, parfois », et dure environ 30 minutes. Grâce à l’hospitalisation à domicile, certains patients peuvent même recevoir leur traitement chez eux, un progrès notable pour ceux qui vivent loin des grands centres hospitaliers.

Comme toute avancée, l’immunothérapie n’est pas exempte d’effets secondaires. « Lorsqu’on réactive le système immunitaire, on va le réactiver partout. Et donc le système immunitaire va être capable d’aller reconnaître des cellules, y compris normales, qu’il ne devrait pas reconnaître. » Cela peut entraîner des réactions cutanées, digestives, ou plus rarement, des complications sévères.

Malgré ces défis, l’immunothérapie marque un tournant dans la prise en charge du cancer. « Ce qui est extraordinaire dans cette discipline, c’est qu’on continue à avoir le même rythme de progrès qui ne cesse d’arriver », se réjouit le professeur Blay. De nouvelles stratégies, comme les anticorps conjugués à des chimiothérapies, sont déjà en train de transformer la prise en charge de nombreux cancers. L’espoir, désormais, est de voir ces avancées bénéficier au plus grand nombre, partout sur le territoire.

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