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S'il est détecté tôt, ce cancer meurtrier se guérit dans 9 cas sur 10 : "Mars Bleu" fait son retour pour sensibiliser au cancer colorectal

À l'occasion de la campagne de sensibilisation contre le cancer colorectal, "Mars Bleu", des acteurs de la santé lancent tout au long du mois des actions pour dépister la deuxième cause de décès par cancer en France.

Le mois de mars est marqué par la sensibilisation contre le cancer colorectal.

Crédit : VOISIN / Phanie / Phanie via AFP

Corentin Alloune

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Sensibiliser pour mieux guérir. Chaque année au mois de mars, la France consacre une campagne de sensibilisation au cancer colorectal. Ce cancer touche l’intestin (côlon et rectum) et reste l’un des plus meurtriers malgré des outils de prévention efficaces. 

Cette opération porte le nom de Mars Bleu et fait écho à des actions internationales similaires visant à rappeler l’importance de la prévention et du dépistage organisé.

Lancé sous l’impulsion des pouvoirs publics et d'organisations de santé comme l'ARS, Mars Bleu s’inscrit dans les stratégies nationales de promotion de la santé, avec l’objectif principal de réduire le nombre de cas avancés et de décès par cancer colorectal par la détection précoce.

Un enjeu de santé publique majeur

Selon les données de l’Assurance Maladie et Santé publique France, plus de 47.000 nouveaux cas de cancer colorectal sont diagnostiqués chaque année en France et près de 17.000 personnes en décèdent. Ce cancer est classé parmi les plus fréquents et constitue la deuxième cause de mortalité par cancer dans le pays. S'il est détecté tôt, ce cancer se guérit dans 9 cas sur 10.

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Le principal défi reste le faible taux de participation au dépistage organisé. Malgré la simplicité du test immunologique proposé tous les deux ans aux personnes de 50 à 74 ans, la couverture reste bien en deçà des objectifs fixés par les autorités sanitaires. Sur le plan national, moins de 35% des personnes concernées effectuent régulièrement ce dépistage, alors que l’objectif visé dépasserait les 60% pour maximiser l’impact sanitaire.

Le dépistage organisé : simplicité et efficacité

Le dépistage du cancer colorectal bénéficie d’un programme organisé en France, piloté par l’Assurance Maladie en coordination avec les Agences Régionales de Santé (ARS).

Les personnes éligibles reçoivent directement à domicile une invitation assortie d’un kit de test immunologique, entièrement pris en charge. Ce test, facile à réaliser et indolore, permet de détecter la présence de sang invisible à l’œil nu dans les selles, un signe évocateur de lésions pré-cancéreuses ou cancéreuses.

Les autorités de santé rappellent que la détection précoce multiplie fortement les chances de guérison, avec des taux de survie qui peuvent atteindre 90 % lorsque le cancer est diagnostiqué à un stade précoce. 

La mobilisation des acteurs de santé

Dans le cadre de Mars Bleu, l’Assurance Maladie, l’Institut National du Cancer (INCa), les ARS et de nombreux professionnels de santé se mobilisent pour renforcer l’information auprès du public et des acteurs de terrain.

Des campagnes de communication spécifiques sont déployées, des outils sont mis à disposition des médecins généralistes et des pharmaciens, et des initiatives locales sont organisées pour toucher différentes populations.

Par exemple dans le Grand-Est, l’ARS pilote des actions de sensibilisation renforcées qui incluent la sensibilisation dans des associations, établissements de santé, pharmacies, collectivités locales, afin de faciliter l’accès au dépistage et de lever les freins rencontrés par certaines personnes. 

Changer les comportements pour sauver des vies

Au-delà des campagnes d’information, l'évènement tente de déconstruire les idées reçues selon lesquelles un dépistage ne serait nécessaire que si des symptômes sont présents. 

Les autorités de santé rappellent constamment que l’absence de symptômes n’exclut pas la présence de lésions et que le dépistage préventif est précisément destiné à intervenir avant que des signes cliniques n’apparaissent.

L’implication des ARS et de l’Assurance Maladie s’étend aux actions concrètes sur le terrain pour encourager les personnes à réaliser leur test. En 2024, seulement un tiers des personnes concernées se font dépister. Si ce taux atteignait 65%, 5.700 cancers colorectaux et 6.600 décès pourraient être évités chaque année, selon l’ARS.

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