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Alzheimer : pourquoi ce médicament prometteur n’arrivera pas à ce stade en France

La Haute Autorité de santé a refusé, mardi 9 septembre, l’accès précoce au Leqembi, traitement récemment approuvé aux États-Unis et dans l’Union européenne. En cause : des bénéfices jugés limités face à des effets secondaires graves et potentiellement mortels.

Des boîtes de Leqembi, un nouveau traitement contre la maladie Alzheimer, vendues au Japon

Crédit : Kota Kiriyama / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun via AFP

Loraine Dion & AFP

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Il représentait un espoir pour des dizaines de millions de malades dans le monde. Mais le nouveau traitement contre la maladie d’Alzheimer ne sera, pour l’heure, pas remboursé en France. Ainsi en a décidé la Haute Autorité de santé (HAS), dans un avis rendu ce mardi 9 septembre. L’institution estime en effet que les effets secondaires du médicament sont trop lourds au regard de ses bénéfices.

Ce traitement, développé par les laboratoires Biogen et Eisai, ainsi qu’un autre médicament au fonctionnement similaire, le Kisunla (donanémab) du laboratoire Eli Lilly, avaient suscité l'optimisme lors de leurs essais cliniques. Ceux-ci avaient montré une capacité à ralentir légèrement le déclin cognitif des patients aux premiers stades de la maladie.

Pour plusieurs spécialistes, il s’agissait d’une avancée majeure après des décennies de recherche sans résultats tangibles. Mais d’autres ont jugé que les bénéfices restaient trop limités, sans véritable amélioration concrète pour la vie des patients, et que les risques étaient importants : hémorragies cérébrales, œdèmes, et parfois des effets indésirables mortels.

Autorisé par l'UE et les États-Unis

La décision de la HAS a donc provoqué des réactions contrastées. "Il y a quand même une déception", admet par exemple le neurologue Bruno Dubois, de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), rappelant l’importance de "quelques mois en plus à pouvoir parler à ses petits-enfants ou aller au théâtre". À l’inverse, le psychiatre britannique Rob Howard, spécialiste du grand âge à l’University College de Londres, salue  "la meilleure décision pour les patients atteints d’Alzheimer et leurs familles", estimant que des données récentes confirment que Leqembi et Kisunla "ne modifient pas réellement la maladie".

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L’avis de la HAS, consultatif mais généralement suivi par le gouvernement, intervient alors que d’autres autorités sanitaires ont déjà statué : les États-Unis et l’Union européenne ont approuvé ces traitements, mais l’UE a restreint leur usage aux patients les moins à risque d’effets graves.

Reste la question du coût : aux États-Unis, ces médicaments sont facturés plusieurs dizaines de milliers de dollars par an. C’est précisément sur le principe d’un" accès précoce" que la HAS devait se prononcer : ce mécanisme permet un remboursement immédiat à un prix fixé par le fabricant. Le refus de l’autorité française ne ferme toutefois pas la porte à un remboursement futur. La HAS rendra dans quelques mois un nouvel avis, cette fois dans le cadre de la procédure classique. 

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