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Des SDF devant l'entrée d'un magasin parisien, le 28 octobre 2012
Crédit : AFP / Archives, Thomas Coex
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"Je veux que nous puissions apporter un toit à toutes celles et ceux qui sont aujourd'hui sans abri". Plus aucun SDF, c'était la promesse d'Emmanuel Macron. Or ce mardi 3 février, la Fondation pour le logement des défavorisés, anciennement Fondation Abbé Pierre, remet son 31e rapport annuel sur le mal-logement au ministère de la Ville et du Logement. La situation continue à se dégrader dans le pays : la France compte au moins 350.000 personnes sans domicile.
Depuis 2018, le président a essayé de la faire oublier en niant l'avoir tenue, comme en janvier 2019, en pleine crise des Gilets jaunes, lors d'un grand débat à Bourg-de-Péage. "Je n'ai pas pris l'engagement de campagne d'avoir zéro SDF et je n'ai pas dit ça même en tant que président. J'ai eu à Orléans un mot sur les personnes demandeurs d'asile qui étaient dans la rue et les bois", affirmait-il.
Alors soit Emmanuel Macron a la mémoire courte, soit il fait preuve d'une mauvaise foi de compétition. Car il a bien fait cette promesse comme président, pas à Orléans où il parlait effectivement des demandeurs d'asile, mais six mois plus tard lors de ses vœux du 31 décembre 2017.
"Je veux que nous puissions apporter un toit à toutes celles et ceux qui sont aujourd'hui sans abri. Nous continuerons donc l'effort indispensable pour réussir à pleinement respecter l'engagement que j'ai moi-même pris devant vous. Comptez sur ma détermination entière", avait affirmé Emmanuel Macron.
Mais il n'est ni le premier ni le dernier à avoir fait cette promesse. Dès la présidentielle de 2002, Lionel Jospin promettait zéro SDF d'ici à 2007. "On dit qu'il n'y a plus d'utopie, mais quand on fixe un objectif dont la formulation est utopique, alors on dit que ce n'est pas crédible. Il faudrait choisir, messieurs les censeurs", avait-il déclaré.
Cinq ans plus tard, c'est Nicolas Sarkozy qui s'y risque : "Je veux, si je suis élu président de la République, que d'ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir." À la fin de son quinquennat, sa promesse n'a pas été honorée, ce qui n'a pas découragé Jean-Luc Mélenchon de l'inscrire à son tour dans son programme présidentiel de 2022.
Malgré tous ces discours, le nombre de personnes sans domicile n'a cessé d'augmenter, les chiffres sont cruels. 2012, à la fin du mandat de Nicolas Sarkozy, plus de 140.000 personnes étaient sans domicile, deux fois plus qu'en 2001. C'est plus encore en 2017 avec 143.000 sans-abri quand Emmanuel Macron a prononcé ses fameux vœux. Depuis, leur nombre a une nouvelle fois plus que doublé : selon le rapport annuel de la Fondation pour le logement des défavorisés, il y avait 350.000 personnes sans domicile en 2025.
Pourquoi les politiques n'arrivent-ils jamais à tenir cette promesse ? L'an passé, la Fondation a dénoncé un renoncement de l'État en la matière. Le ministère du Logement assure pourtant mettre les moyens : trois milliards d'euros pour l'hébergement d'urgence chaque année. Mais il explique que ce n'est jamais suffisant car les besoins sont considérables. La faute, dit-il, à un secteur grippé et à une immigration en hausse.
Pourtant, tout récemment, ce sujet a refait surface à la faveur des élections municipales à Paris. Le candidat PS, Emmanuel Grégoire, jure que s'il est élu, il n'y aura plus aucun enfant à la rue en 2026 dans la capitale. C'est possible selon lui, contrairement à l'objectif zéro SDF.
La promesse "zéro SDF à la rue", est-elle imprudente, voire irréalisable ? La très grande précarité est un sujet d'une très grande complexité et quand on se fixe un objectif qui est par nature inatteignable, par définition, il suscite de l'incompréhension, voire même de l'ironie.
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