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Des étudiants circulent sur le campus Paul-Valéry a Montpellier, le 5 mars 2025
Crédit : Eric Beracassat / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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"On meurt dans vos universités." Dans une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron, Anne Fraïsse, présidente de l'université Paul-Valéry à Montpellier, interpelle le président de la République après une série de décès parmi son personnel. "On meurt dans mon université. D'excès de travail, de stress, d'usure, de désespoir, d'indifférence", écrit-elle, dans le document publié dans les colonnes du Monde.
"En cinq ans, on a eu quatre suicides de personnel titulaire de l'université, alors que le dernier suicide remontait à 25 ans. Forcément, ça interpelle", dit-elle au micro de RTL. Elle recense également "trois crises cardiaques au travail, deux AVC sans compter les arrêts de travail longue maladie pour burn-out".
Selon la présidente de l'université, un cours sur deux est assuré par des vacataires, ce qui pose "d'énormes problèmes car ils ne peuvent pas faire le même travail que les titulaires". Elle déplore aussi un manque de moyens financiers : "Notre université est une des moins dotées et, plus grave, des moins encadrées de France", écrit-elle dans sa lettre.
"Quand j'entends le ministre dire 'il y a une dizaine d'universités qu'on va aider parce qu'elles sont en grande difficulté', moi je ne demande pas de l'aide, je demande de la justice. Ce n'est pas tout à fait la même chose", regrette Anne Fraïsse au micro de RTL.
"Ce sont des mots très forts. C'est évidemment très grave", réagi Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace sur nos antennes. Face à ce cri d'alarme, il assure avoir lancé une inspection "pour comprendre, identifier les responsabilités et prendre des mesures si nécessaire".
Concernant le manque de moyens évoqué par Anne Fraïsse, le ministre se veut plus réservé. "Elle a un campus qui a été complètement rénové, par exemple, il n'y a pas très longtemps. Donc, bien sûr, oui, il y a des difficultés (...) et en même temps, il y a objectivement beaucoup d'argent qui a été mis ces dernières années dans le système", assure Philippe Baptiste. "On a besoin de comprendre exactement ce qui se passe, comment cet argent, où est-ce qu'il est fléché, sur quelle mission, et comprendre ce qu'on a bien fait."
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