4 min de lecture Emmanuel Macron

Royal, Sarkozy, Hollande : quand l'ancien monde revient hanter Macron

ÉCLAIRAGE - Pointé du doigt comme étant responsable des limites du système politique français par Emmanuel Macron, l'ancien monde effectue un retour en force.

Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et François Hollande
Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et François Hollande Crédit : AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

L'ancien monde. Cette expression est devenue un concept à part entière depuis la dernière élection présidentielle. Elle désigne les vieux routiers de la politique, qui ont cumulé plusieurs mandats, connus plusieurs gouvernements et qui n'ont fait que de la politique dans leur vie. Cet ancien monde s'oppose ainsi au nouveau monde, qu'Emmanuel Macron souhaite incarner. 

Dans cette nouvelle vision de faire de la politique, le nouveau monde se veut participatif, citoyen et interactif. C'était d’ailleurs la particularité de ces dernières élections législatives qui ont vu l'arrivée à l'Assemblée de personnes de la société civile.  

Pendant les premiers mois du quinquennat d'Emmanuel Macron, la voix de l'ancien monde était en sourdine. Mais ça c'était avant, aussitôt les premiers signes de fébrilité dans les sondages ou dans la politique d'Emmanuel Macron, les ténors de la politique français ont entamé leur retour. 

À lire aussi
Emmanuel Macron, le 12 novembre 2018 politique
Taxes sur les carburants : "Macron a réagi en inspecteur des finances", juge Mazerolle

Ségolène Royal et son livre

Ségolène Royal fait l'actualité politique depuis plusieurs jours, après la publication de son livre Ce que je peux enfin vous dire. L'ancienne ministre de l'Environnement tient une conférence de presse, ce mercredi 7 novembre, sur la justice climatique. Même si elle a indiqué, lors du Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI, que ses mémoires n'étaient en aucun cas un livre-programme, l'ancienne candidate à la présidentielle de 2007 fait l'objet de rumeurs pour le scrutin des européennes

Le Parti socialiste l'envisagerait comme tête de liste pour mener la bataille du 26 mai prochain. "Je suis une femme de gauche, mais je ne suis plus membre volontairement du PS. Je ne suis pas là pour venir à la rescousse des appareils politiques et je l'ai dit très gentiment aux responsables socialistes qui m'ont sollicitée", a-t-elle répondu. 

Elle a la conviction qu’elle pèse quelque chose dans l’opinion

Albe Ventura
Partager la citation

Ségolène Royal laisse cependant ouverte l'hypothèse selon laquelle, elle serait bien tête de liste pour les européennes... d'une liste pluraliste, composée d'intellectuels, d'autres personnalités politiques et qui n'est pas associée au Parti socialiste. 

Selon Alba Ventura, éditorialiste politique à RTL, "Elle a la conviction qu’elle peut encore servir. Elle a la conviction qu’elle pèse quelque chose dans l’opinion. Ça n’a jamais fait de doute chez elle. Quand François Hollande l’a appelée au gouvernement, je me souviens, elle disait : 'Je suis là parce que je suis compétente, peut-être la plus compétente. Je crois que je compte'".

À lire aussi

Nicolas Sarkozy et la technique de l'entretien fleuve

Hasard du calendrier : le jour où Ségolène Royal publie Ce que je peux enfin vous dire, Nicolas Sarkozy fait la une du Point avec une longue interview. Des airs de campagne de 2007. Dans l'entretien à l'hebdomadaire, l'ancien président de la République invite les Français à "donner du temps" à Emmanuel Macron, d'après lui, ils "s'exprimeront" lors des prochaines élections. 

Même s'il a officiellement pris sa retraite politique, Nicolas Sarkozy ne s'en est jamais éloigné. Pourtant, il explique : "Je ne suis plus dans le combat politique. Je sais combien il est difficile de satisfaire toutes les attentes nées d'une élection. Je m'abstiendrai donc de le critiquer. J'observe d'ailleurs qu'en matière de critiques il semble servi... Et c'est si facile de détruire".


"C'est sa manière à lui de montrer qu'il peut encore être utile. Et disons-le, il a décidé de le montrer dans un registre "haut de gamme". Son interview dans Le Point, cela entretient l’image du chef de l’État. Ça le place dans un rôle de référent, d’homme d’expérience, de leader. Plutôt que d’être dans le marécage, de commenter les polémiques ou les bisbilles, il fait du premium, pas du low-cost… C’est assez bien joué", analyse Alba Ventura.

François Hollande et son omniprésence dans les médias

Lors d'une actualité politique forte ou d'une prise de parole d'Emmanuel Macron, François Hollande aura lui aussi son commentaire à adresser à l'actuel président de la République. Le 1er novembre dernier, l'ancien président déclarait : "Nous sommes dans un moment très grave pour les démocraties où nous devons nous méfier de ces personnalités qui à un moment embrassent les aspirations d'un peuple". 

Son retour sur le devant de la scène politique est aussi envisagé. "C'est un scénario absolument plausible. Lui le souhaite, beaucoup de ses anciens ministres, ses anciens collègues le souhaitent aussi", selon Emmanuel Maurelancien socialiste rallié à Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier lui reproche de faire "la tournée des popotes tranquillement dans une sorte de déni absolu", alors que si le parti "est passé d'une situation en 2012 où [il] avait tous les pouvoirs à 2017 où [il] flirte avec la marginalité électorale", c'est entièrement de sa faute.  

Retour ou non, François Hollande a effectué une introspection. D'une part avec la publication des Leçons du pouvoir en avril 2018, mais aussi dans les médias. "La conception de la présidence de la République qui a été la mienne était la présidence 'normale'. Ce concept a été formulé durant la campagne de 2012, ensuite, il a été regardé de manière critique, a déclaré l'ancien président. Je n'aurais pas dû dire 'président normal'".

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Emmanuel Macron François Hollande Ségolène royal
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7795473563
Royal, Sarkozy, Hollande : quand l'ancien monde revient hanter Macron
Royal, Sarkozy, Hollande : quand l'ancien monde revient hanter Macron
ÉCLAIRAGE - Pointé du doigt comme étant responsable des limites du système politique français par Emmanuel Macron, l'ancien monde effectue un retour en force.
https://www.rtl.fr/actu/politique/royal-sarkozy-hollande-quand-l-ancien-monde-revient-hanter-macron-7795473563
2018-11-07 16:11:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/Ok0zbk8TBA4JKFhgP8O2wg/330v220-2/online/image/2018/1107/7795475829_royal.jpg