6 min de lecture Élections européennes

Résultats élections européennes : les 7 infos à retenir du scrutin

ÉCLAIRAGE - Victoire du Rassemblement national, percée des Verts, échecs cuisants pour Les Républicains et la France insoumise... Voici le résumé des élections européennes.

Marine Le Pen, le 26 mai 2019
Marine Le Pen, le 26 mai 2019 Crédit : Bertrand GUAY / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
et AFP

L’abstention n'est pas le premier parti de France. Les Européens se sont rendus aux urnes en rangs serrés dimanche 26 mai pour élire le nouveau Parlement européen, au dernier jour du scrutin entamé jeudi aux Pays-Bas et Royaume-Uni, qui s'est achevé dans 21 pays dont l'Allemagne, la France, l'Italie et l'Espagne. 

Une forte hausse de la participation, qui s'établit à 50.12%, soit près de huit points de plus qu'en 2014, est la première grande surprise des européennes de dimanche. Depuis 20 ans, moins d'un électeur sur deux se déplace en France pour élire les eurodéputés, et les derniers sondages n'indiquaient pas d'inversion majeure lors du vote ce dimanche. 

Il s'agit potentiellement de la participation la plus élevée aux européennes en France depuis 1994 (52,76%), même si elle reste très loin de celle de la première désignation au suffrage universel des représentants français au Parlement européen en 1979 (60,7%). 

1. La participation en forte hausse

Déjouant les pronostics, les électeurs européens se sont massivement rendus aux urnes : la participation atteint 50,95% en moyenne dans 27 pays de l'Union selon les chiffres communiqués par le Parlement. En Allemagne, elle a bondi de 12 points par rapport à 2014 avec 61,5% de participation et en France, avec un taux  de 50.95%, elle a augmenté de sept points comparé au dernier scrutin. 

À lire aussi
Marion Maréchal, le 22 février 2018 Rassemblement national
RN : Marion Maréchal voit "une opportunité" dans "l'effondrement de LR"

Plusieurs autres pays affichent ainsi une belle progression : 64.32% en Espagne (contre 43.8% en 2014) ; 66% au Danemark (contre 56% en 2014) ; 49% en Roumanie (contre 32% en 2014), ou encore 59.30% en Autriche (contre 45.39% en 2014). La participation, en baisse régulière au fil des consultations, était tombée à 42% en moyenne lors de la dernière consultation en 2014. 

2. La victoire du RN et les prémices de la présidentielle

Marine Le Pen a estimé ce dimanche soir que le président de la République "n'avait d'autre choix que de dissoudre l'Assemblée nationale" après l'arrivée de la liste LaREM en deuxième place aux élections européennes.

"Compte tenu du désaveu démocratique que le pouvoir subit ce soir, il appartiendra au président de la République d'en tirer les conséquences, lui qui a mis son crédit présidentiel dans ce scrutin en en faisant un référendum sur sa politique, et même sur sa personne", a déclaré Marine Le Pen.  

> Découvrez nos podcasts RTL Originals

Emmanuel Macron n'a "d'autre choix au minimum que de dissoudre l'Assemblée nationale en faisant le choix d'un mode de scrutin plus démocratique et enfin représentatif de l'opinion réelle du pays", a-t-elle ajouté. Saluant la "victoire du peuple qui avec fierté et dignité a repris le pouvoir", Marine Le Pen a estimé que "l'effacement des vieux partis et la bipolarisation RN/En marche confirme le nouveau clivage nationo-mondialiste qui domine maintenant notre vie politique et qui se met en place de manière durable". 

3. Une gifle pour Les Républicains

"Un séisme pour la droite". Quatrième derrière les écologistes, sous la barre des 10% aux européennes, la liste de François-Xavier Bellamy a réalisé le pire résultat national de l'histoire des Républicains (LR), une gifle pour Laurent Wauquiez dont la stratégie va être vivement contestée. "C'est un résultat catastrophique", s'alarme un haut-dirigeant de LR en quittant le siège du parti dimanche soir où l'atmosphère s'est peu à peu alourdie à mesure qu'approchait 20h.

La liste Bellamy recueille en effet 8.48% des suffrages slon les résultats définitifs communiqués par le ministère de l'Intérieur, loin des 11 à 14% que lui prêtaient les ultimes sondages. Après ce premier scrutin intermédiaire du quinquennat, LR voulait se présenter en "première alternative crédible" à Emmanuel Macron. "C'est un séisme pour la droite, son plus mauvais score en France, alors que la droite européenne progresse", a réagi un proche de la présidente de l'Ile-de-France Valérie Pécresse, rivale de Laurent Wauquiez. 

La semaine promet d'être agitée au sein du parti de droite, sur un paradoxe. Au fur et à mesure de la campagne, les voix les plus sceptiques sur le choix de François-Xavier Bellamy, dont celle du président du Sénat Gérard Larcher, avaient fini par se faire moins audibles, au vu du succès remporté dans les meetings. Mais les critiques momentanément mises en sourdine devraient rapidement resurgir au sujet de la ligne prônée par Laurent Wauquiez, du profil "conservateur" de la tête de liste comme de sa gouvernance jugée "solitaire" au sommet du parti. 

4. La surprise Jadot

Il a créé la surprise en contribuant, au côté des Verts allemands, à la "vague verte européenne" dimanche. La tête de liste des écologistes, Yannick Jadot (EELV), s'est offert une inespérée troisième place avec 13.47% des suffrages. Thème majeur des dernières semaines, l'écologie avait fait l'objet d'une tentative de préemption de la quasi-totalité des listes, à commencer par La France Insoumise, qui entendait remporter le match contre les troupes de Yannick Jadot. Son score est finalement inférieur de moitié. 

La République En Marche avait également fait des enjeux environnementaux l'un de ses principaux chevaux de bataille, en affichant quelques prises de guerre : l'ex-EELV Pascal Canfin, numéro deux de la liste Loiseau, ou le soutien de Daniel Cohn-Bendit. La stratégie Jadot n'avait pourtant rien d'évident. Soucieux de prendre sa revanche sur la présidentielle de 2017, lorsqu'il avait dû se résoudre à faire une alliance avec le PS de Benoît Hamon, c'est en cavalier seul que les Verts avaient décidé de se lancer. 

Le résultat lui donne raison. Pendant la campagne, Yannick Jadot s'était aussi attiré les foudres des tenants de l'orthodoxie écologiste pour avoir affirmé qu'il était disposé à travailler avec les bonnes volontés social-démocrates, libérales voire conservatrices. 

5. Une catastrophe pour la France insoumise

Catastrophe pour La France insoumise. La liste emmenée par Manon Aubry obtient 6,31% des voix, très loin derrière les verts d'EELV, avec qui elle était au coude-à-coude dans les sondages. Ce résultat pourrait plonger le mouvement de Jean-Luc Mélenchon dans une profonde crise. 
 
Les sondages avaient, depuis plusieurs mois, prévu la dégringolade de LFI par rapport aux 19,58% réalisés par Jean-Luc Mélenchon en 2017. Cette semaine, l'un d'eux en pointait le facteur-clé: seuls 18% des électeurs du chef de file prévoyaient de voter à nouveau pour la France insoumise, tandis que 57% d'entre eux s'abstenaient. 

Mais les Insoumis se voyaient tout de même au-dessus d'EELV, eux qui avaient fixé leur objectif autour des 11,3% des législatives de 2017. Manon Aubry avait même affiché la volonté, la semaine dernière, de dépasser Les Républicains dans la dernière ligne droite pour "déjouer le duo" LaREM-RN et "représenter l'alternative portant les aspirations écologiques et sociales de toute une population". La formation de Jean-Luc Mélenchon en est réduite au voisinage avec le PS, le parti qu'il a quitté en 2008. Un résultat qui place LFI en position de faiblesse dans la recomposition à suivre de la gauche. 

6. LaREM deuxième... mais optimiste

Avec 22.41% des suffrages, la liste La République En Marche, portée par Nathalie Loiseau a réalisé un "score honorable" qui montre que "la majorité présidentielle tient bon", a estimé ce dimanche soir l'entourage d'Emmanuel Macron. "On n'a jamais vu un parti au pouvoir avoir un score aux européennes aussi haut par rapport à l'élection présidentielle", a ajouté l'Élysée

Édouard Philippe a déclaré "accueillir avec humilité", les résultats des élections européennes, estimant que "quand on termine deuxième à une élection, on ne peut pas dire qu'on a gagné". "Beaucoup de nos compatriotes ont le sentiment que l'heure est aux solutions de repli, aux solutions d'extrêmes, ce message nous l'avons reçu cinq sur cinq, comme nous avons reçu le message sur l'urgence écologique", a déclaré le premier ministre.  

7. Très faible mobilisation pour les listes "gilets jaunes"

Les "gilets jaunes" ont mobilisé dans la rue, pas dans les urnes. Les deux listes issues du mouvement de contestation sociale, qui a provoqué la plus grande crise du quinquennat, ont recueilli à peine 1% des suffrages aux européennes dimanche. "Alliance jaune", menée par le chanteur Francis Lalanne, a remporté environ 0,5% et "Évolution citoyenne", avec à sa tête Christophe Chalençon, moins de 0,5% des voix lors de ce scrutin européen, loin du seuil des 5% nécessaire pour envoyer des élus au Parlement européen. 

"On nous vole le scrutin", a accusé Christophe Chalençon en assurant à l'AFP qu'il déposerait des "recours" partout en France pour "faire invalider les élections", du fait du rejet, dans les bureaux de vote, des bulletins de vote "Evolution citoyenne" imprimés sur du papier 80 grammes. "À partir de demain, nous allons mettre le feu", menace-t-il. 

"C'est décevant, je visais plutôt entre 1 et 2%", regrette de son côté Frédéric Mestdjian, cinquième sur la liste "Alliance jaune". "Le succès c'est d'avoir pu porter cette liste jusqu'au bout", ajoute-t-il. Tous les deux regrettent que le "vote sanction contre Emmanuel Macron", se soit "cristallisé" autour du Rassemblement national (RN). Au-delà des deux listes, le mouvement s'est aussi immiscé dans des partis qui ont intégré des "gilets jaunes" sur leurs listes. Benjamin Cauchy était ainsi en neuvième position de la liste de Nicolas Dupont-Aignan (DLF, environ 3,6%) alors que Jean-François Barnaba s'est allié aux Patriotes de Florian Philippot (entre 0,5 et 0,7%). L'UPR et le PCF ont également revendiqué la présence de quelques "gilets jaunes" sur leurs listes. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Élections européennes Rassemblement national EELV
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants