3 min de lecture Réforme des retraites

Réformes des retraites : "Elle provoque un chaos maximum", dit Mazerolle

ÉDITO - Malgré les tensions que génère le texte à l'Assemblée nationale mais aussi entre les syndicats et le gouvernement, "la réforme pourra être adoptée au début de l’été" selon Olivier Mazerolle.

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Réformes des retraites : "le gouvernement va fixer son orientation financière" dit Mazerolle Crédit Image : CHRISTIAN HARTMANN / POOL / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Olivier Mazerolle édité par Quentin Marchal

Alors que le coronavirus et ses conséquences sont au cœur de l'actualité, le débat sur les retraites continue à l’Assemblée Nationale où de vives tensions sont présentes dans l'hémicycle. Les députés ont voté l’article 1 de la loi organique sur les retraites, celle qui fige les grands principes intangibles de la réforme. 

Cet article 1 introduit une règle d’or qui interdit au futur régime des retraites d’être en déficit sur plus de 5 ans. Une mesure qui pourrait être vue comme rassurante en garantissant que les retraites ne seront pas déficitaires sauf que les députés de la majorité l'ont voté sans avoir si elle pourra être appliquée. Et pour cause, on ne sait pas encore quelles seront les sources de financement des retraites

La conférence qui doit en décider poursuit ses travaux jusqu’à la fin du mois avril et aucune garantie réelle n’existe quant à l’application de cette règle d’or. Depuis vingt ans et l’entrée en vigueur du traité de Maastricht, l’État français s’acharne à ne pas respecter son engagement budgétaire qui est de ne pas dépasser un déficit de 3% par rapport au PIB. Il se pourrait qu'il fasse la même chose pour les retraites.

Les syndicats veulent gérer le nouveau système

La loi organique prévoit que les retraites complémentaires, notamment celles des salariés du privé, seront soumises dès 2022 à la loi de financement de la Sécurité Sociale votée chaque année par le Parlement. C’est donc le gouvernement qui va fixer l’orientation financière des retraites, et non les partenaires sociaux, puisque les députés de la majorité font souvent, c’est le cas en ce moment, ce que le gouvernement leur demande de faire. 

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Pourtant, les partenaires sociaux, qui gèrent les régimes complémentaires auxquels cotisent 80% des salariés français, ont démontré leur esprit de responsabilité lorsque le complémentaires ont été menacés de faillite. De son côté, le gouvernement avait dit vouloir confier la gestion de la future caisse universelle des retraites aux partenaires sociaux mais sans leur apporter la moindre garantie.

C’est tellement flou qu’Emmanuel Macron et Édouard Philippe ont réussi l’exploit de liguer contre eux le MEDEF, la CGT et FO qui veulent être avec les autres syndicats les gestionnaires du nouveau système, sans être soumis à la domination de l’État. Une preuve de plus que la réforme des retraites provoque un chaos maximum

La valeur du point également problématique

La valeur du point garantie par la loi est également une problématique de la réforme des retraites puisque le gouvernement a oublié de garantir que le prix d’achat du point n’augmenterait pas plus que sa valeur. Autrement dit, rien ne garantit que pour obtenir le même nombre de points, il ne faudra pas cotiser davantage. Tous les amendements pour corriger cette lacune ont été rejetés.

Le rouleau compresseur majoritaire continue à fonctionner et la réforme pourra être adoptée au début de l’été comme le voulait Emmanuel Macron. Sauf si Édouard Philippe donne satisfaction à Gérard Larcher, le président du Sénat, qui demande à ne pas débattre du projet de loi avant le mois de mai, qui équivaut à la période où l'on connaîtra les conclusions de la conférence de financement

Ça serait du bon sens, mais rien ne prouve que le Premier ministre va accepter la requête. Emmanuel Macron tient à son calendrier, donc, oui, il peut être tenu. Maïs le prix politique s’annonce lourd. En effet, les départs s’additionnent au sein de la majorité et de plus en plus de députés de La République En Marche (LaREM) ont le sentiment d’être pris pour quantité négligeable. Beaucoup parmi eux réfléchissent même à la manière de le faire savoir clairement.

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