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Quand Emmanuel Macron use et abuse des héros

ÉDITO - Dans quelques heures Thomas Pesquet décollera en direction de la Station Spatiale Internationale. Ce garçon a l’étoffe des héros et cela n’a bien sûr pas échappé à Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron et Thomas Pesquet, le 2 mai 2019
Emmanuel Macron et Thomas Pesquet, le 2 mai 2019
Crédit : Yoan VALAT / POOL / AFP
Quand Emmanuel Macron use et abuse des héros
02:42
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William Galibert

Le spationaute français, Thomas Pesquet, retourne ce vendredi 23 avril dans la Station Spatiale Internationale et, soyons honnêtes, avec lui c’est toute la classe politique qui essaye de récolter quelques poussières d’étoiles, de se mettre dans le sillage de notre fierté spatiale. Cela fleure bon la récupération.

Jeudi soir, Nicolas Dupont-AignanValérie Pécresse, et beaucoup d’autres ont posté des ultimes messages d’encouragements, teintés de patriotisme. Jean Castex lui aussi devait aller voir le décollage au Centre National des Études Spatiales, il a dû annuler, mais deux ministres iront à sa place. Enfin, il y a le Président bien sûr, dont le quinquennat aura été rythmé par les exploits du spationaute. 

Coup de fil dès son atterrissage dans les steppes du Kazakhstan en 2017 après une première mission, rencontre au Salon du Bourget, Thomas Pesquet invité dans la délégation du Chef de l’État pour un voyage à Washington, puis sollicité par le Président quand le robot Perseverance a atterri sur Mars. Quand Thomas Pesquet est là, Emmanuel Macron n’est jamais loin pour louer celui qu’il considère comme un héros français !

Un chef d'État adepte des héros

Johnny Hallyday "fait partie des héros français" dit le Président quand le chanteur décède en 2017. Deux militaires meurent en opération au Burkina Faso, "ils sont morts en héros" lance Emmanuel Macron dans la cour d’honneur des Invalides. Les pompiers de Paris sauvent Notre-Dame de la destruction, ce sont des "héros". Début de l’épidémie de Covid, à Mulhouse, il salue "les héros en blouse blanche". Lors de ses derniers vœux aux Français, éboueur, gendarme, libraire, il célèbre "les héros du quotidien".
 
Cette fabrique macronienne des héros est assumée, il l’a même théorisée dans une interview au Point au début de son mandat. "Notre pays ne propose plus de héros. Pourquoi des jeunes de banlieue partent-ils en Syrie ? Parce que les vidéos de propagande qu’ils ont regardées sur Internet ont transformé à leurs yeux les terroristes en héros (…) Notre société a besoin de récits collectifs, de rêves, et d’héroïsme", expliquait le président.
 
À l’évidence, ce n'est pas au chef de l'État de décréter qui sont les héros. Au bout du compte c’est l’Histoire qui décide, c’est nous qui choisissons de retenir untel ou untel dans la mémoire collective et pas le président de la République quel qu’il soit. Le risque à multiplier ces figures dans le récit national, comme a voulu le construire Emmanuel Macron, c’est tout simplement de banaliser la chose, de galvauder la figure du héros. Si tout le monde peut le devenir alors qui en est vraiment un ? 

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