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Vote par anticipation : les opposants agitent l'épouvantail de la fraude massive

Comme les partisans de Donald Trump aux États-Unis, les opposants au vote par anticipation en France soupçonnent le gouvernement de vouloir "voler l'élection".

Une femme effectue un vote électronique, le 14 mars 2010 à Mulhouse, le jour du premier tour des élections régionales.
Une femme effectue un vote électronique, le 14 mars 2010 à Mulhouse, le jour du premier tour des élections régionales.
Crédit : SÉBASTIEN BOZON / AFP
Vote par anticipation en 2022 : les opposants agitent l'épouvantail de la fraude massive
03:08
Vote par anticipation en 2022 : les opposants agitent l'épouvantail de la fraude massive
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Jean-Mathieu Pernin
Journaliste

L’élection présidentielle a lieu l’année prochaine et une loi doit être votée, comme à chaque fois, pour définir les modalités de son organisation. Pourtant, mardi, un amendement du gouvernement est venu perturber le paisible examen de cette loi. En effet, ajouté au dernier moment, il prévoit un vote par anticipation dans certains bureaux, via une machine à voter, à une “date fixée par décret, durant la semaine précédant le scrutin”. Les électeurs pourront, selon l’exposé du texte, “demander à voter dans une autre commune de leur choix parmi une liste de communes arrêtées par le ministre de l’Intérieur”.

Concrètement, les électeurs pourront se rendre dans la semaine dans un bureau équipé d’une machine à voter et le dépouillement aura lieu le dimanche soir. Une sorte de vote par procuration sans procuration… Motivé par la volonté de lutter contre l’abstention et la crainte de la Covid-19.

L’opposition est vent debout mais certains se lâchent carrément sur Twitter, comme Nicolas Dupont-Aignan qui a évoqué “un vol d’élection” ou Florian Philippot qui lance une “alerte fraude”. Les critiques radicales s'opposent au vote par anticipation en prenant exemple sur les États-Unis. Début novembre, l’élection de Joe Biden avait été aussitôt contestée par les partisans de Donald Trump, soupçonnant une fraude massive à cause des votes anticipés.

La possibilité de changer d'avis

100 millions d’Américains ont voté ainsi l’année dernière, que ce soit par correspondance ou en se déplaçant dans des bureaux où l’on pouvait voter grâce à une machine. Or ces machines ont fait l’objet d’énormément d’intox et de fausses informations concernant le vote américain : elles ont été accusées à tort par Donald Trump d’avoir supprimé 2,7 millions de votes, alors que l’Agence pour la cybersécurité et la sécurité des infrastructures disait en novembre qu’il n’existait “aucune preuve d’un système de vote ayant effacé, perdu ou changé des bulletins, ou ayant été piraté de quelque façon que ce soit”.

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En France, il y a peu de chances que l’amendement soit adopté puisque la majorité LR du Sénat n’est pas fan de la mesure. Sachez que la mise en place de machines pour voter n’est pas nouvelle. Elle est autorisée en France depuis 1969. Un moratoire bloque cependant son développement depuis 2008, interdisant aux communes de renouveler leur matériel. Il y a des doutes sur une possible cyberfraude, bien sûr, mais également un doute constitutionnel : avons-nous le même avis une semaine avant le vote que le jour même ? 

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