3 min de lecture Environnement

Protection de l'environnement dans le 1er article de la Constitution : ce qui va changer

ÉCLAIRAGE - Inscrire la protection de l’environnement au 1er article de la Constitution française, cela change tout et cela ne change rien. En fait, c’est le problème des symboles.

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Protection de l'environnement dans le 1er article de la Constitution : ce que ça va changer Crédit Image : AFP / Jacques Demarthon | Crédit Média : RTL | Date :
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Jean-Mathieu Pernin édité par Léa Stassinet

Nicole Belloubet a présenté mercredi 28 août en conseil des ministres les projets de loi réformant les institutions. Parmi les changements, l’inscription de la protection de l’environnement dans le premier article de la Constitution, mais qu'est-ce que cela va changer ? 


Pour être précis, inscrire la protection de l’environnement au 1er article de la Constitution française, ça change tout et ça change rien. En fait, c’est le problème des symboles. Ça change tout parce que le fait que ce soit inscrit dans la Constitution, ça voudra dire qu’en cas de contestations d’un projet de loi, l'affaire pourra être portée au Conseil constitutionnel et l’argument, souvent entendu, "la protection de l’environnement s’oppose à la liberté d’entreprendre ou au droit de propriété, j’ai quand même le droit de jeter du ciment dans cette rivière", pourra être contesté.

Ça change rien, parce qu'au final, ce sont les sages du Conseil constitutionnel qui trancheront et cela reste passible à interprétation. L’article 1er de la Constitution garantit par exemple la laïcité. On voit à quel point certains veulent toujours en débattre tout comme l’égalité homme-femme qui est censée être garantie, mais qui dans les faits, notamment dans le domaine professionnel, n'est pas toujours une réalité.

Une opération de "green washing" ?

C'est ce qu'on appelle une opération de "green washing" de la part du gouvernement ? "La République favorise toutes les actions en faveur du climat et de la biodiversité", voilà la phrase que l’on devrait voir inscrire prochainement. Depuis l’affaire Benalla, les "gilets jaunes", 2 -3 autres bricoles sont passées par là et cette réforme a été longtemps repoussée.

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Emmanuel Macron a compris que l’opinion était sensible à ces sujets. D'ailleurs en ce moment, il en parle beaucoup mais les associations contestent toujours le jeu trouble  sur la fiscalité écologique, la pollution atmosphérique ou même les pesticides. Mais l’inscription dans la Constitution laissera une vraie trace, il faut toujours se rappeler que l’Histoire ne retient pas tout.

Hulot a laissé son empreinte

Cette inscription, c'est aussi l'héritage d'un homme ? Le monde de la politique est aussi doux qu'un jacuzzi dans une mare infestée de piranhas. Par le plus grand des hasard, la présentation de cette réforme par Nicole Belloubet intervient un an pile après la démission de Nicolas Hulot. C’est quand même bien fait. C’est lui qui s'est battu pour que la protection de l’environnement figure en première ligne dans la Constitution face à Édouard Philippe qui voulait la voir figurer à l’article 34 donc de façon moins importante. Nicolas Hulot, un fantôme qui fait toujours du bruit dans le placard de la République.

Les plus

Jair Bolsonaro tente de reprendre la main sur la situation en Amazonie. Le président brésilien  a annoncé mercredi 28 août que les dirigeants des pays d’Amérique du Sud, sauf le Venezuela, se réuniraient le 6 septembre dans la ville colombienne de Leticia pour mettre au point une politique commune afin de défendre la forêt amazonienne. Oubliez les feux de forêt pour Bolsonaro. La France et le G7 avec leur argent nuiraient à la souveraineté des pays sud américains.

Le plus grand yacht du monde aura pour mission de nettoyer les océans. Mis à l’eau le 24 août dernier, le REV Ocean, propriété d’un milliardaire norvégien, mesure 182 mètres de long. L’idée est de nettoyer les océans du plastique et d’accueillir 60 chercheurs à bord pour étudier l’impact de la pollution.

La note

5/20 pour l'Union européenne, qui vient de se faire prendre par la patrouille. Malgré les recommandations de son agence sanitaire, il n’y aura pas de mise à jour des risques de pesticides sur les produits et donc les abeilles continueront à disparaître, fragilisant un peu plus l’équilibre naturel. Quand les abeilles comprendront qu’il faut se constituer un lobby plutôt que de rester dans leur ruche aussi...

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