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Primaire Les Républicains : qui sont les candidats ?

INFOGRAPHIE - La primaire de la droite en vue de l'élection présidentielle de 2017 se déroulera en novembre prochain. Plus de douze candidats ont déjà fait état de leur ambition pour cette investiture.

François Fillon, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy sur la photo de "l'unité pour les journalistes" selon un jeune militant
François Fillon, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy sur la photo de "l'unité pour les journalistes" selon un jeune militant Crédit : JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
Ambre Lefèvre

La primaire de la droite promet d'être un moment inédit pour le parti Les Républicains, peu habitué à ce genre d'exercice. Le scrutin est prévu pour le mois de novembre mais les candidats sont déjà nombreux. Une douzaine s'est déclarée, tandis que d'autres sont fortement pressentis, comme Nicolas Sarkozy qui attend encore le moment adéquat pour se lancer officiellement.

Entre les candidats qui visent réellement la présidentielle - et la victoire finale -, ceux qui pourraient vouloir s'assurer un ministère en cas de victoire de la droite ou ceux qui espèrent faire entendre leur voix et leurs idées, difficile de s'y retrouver dans une campagne où chaque prétendant démarre quand il le souhaite et comme il l'entend, tandis que les modalités de participation évoluent encore.

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Alain Juppé, le favori des sondages

Son annonce de candidature. Alain Juppé a annoncé sa candidature sur son blog le 20 août 2014, avant de publier deux livres programmatiques, l'un sur l'éducation, Mes chemins pour l'école, suivi de Pour un État fort. Ancien premier ministre de Jacques Chirac, il est, avec ses 70 printemps, le plus âgé des candidats. Il a fait de son âge un argument de campagne qui se traduit dans son slogan : "Un seul mandat, un seul président".

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Son ambition. Alain Juppé vise la présidentielle et rien de moins. Il caracole en tête des sondages pour l'instant, avec plus de 40 % des intentions de vote. Le maire de Bordeaux peut en outre compter sur le soutien officiel de Jean-Pierre Raffarin mais aussi sur celui de Benoist Apparu et Hervé Gaymard.

Bruno Le Maire, l'outsider qui monte

Son annonce de candidature. Bruno Le Maire a lancé sa campagne le 23 février lors d'une réunion publique à Vesoul. Le député de l'Eure a publié son livre, Ne vous résignez pas, en février. Un ouvrage qu'il présente comme la somme de trois ans de réflexions. Son programme détaillé attendra le début de la campagne officielle, en septembre prochain.

Son ambition. Présenté comme outsider, Bruno Le Maire a doublé François Fillon dans les sondages et talonne Nicolas Sarkozy. Utilisant lui aussi son âge comme argument, ce quadragénaire se présente comme le candidat du renouveau avec des slogans assez simples : "Le renouveau, c'est Bruno" et "La primaire, c'est Le Maire". Pourtant Bruno Le Maire n'est pas un nouveau venu en politique. Il a déjà été secrétaire d'État puis ministre de l'Agriculture sous Nicolas Sarkozy. 

Nicolas Sarkozy, candidature attendue

Son annonce de candidature. Nicolas Sarkozy n'a pas encore déclaré sa candidature mais personne ne doute de l'ambition de l'ancien chef de l'État. Actuellement président du parti Les Républicains, il devrait lancer sa campagne pour la fin de l'été, quelques semaines avant le scrutin. Un choix stratégique de retarder sa déclaration, selon Bruno Cautrès, chercheur au CNRS et au Cevipof joint par RTL.fr. Son statut de président des Républicains requiert qu'il quitte la tête du parti s'il se met en campagne : "Il tient le parti. Mais s'il est candidat, il devra se mettre en retrait des Républicains. Il ne peut le faire que s'il a mis en place auparavant un maillage assez fort pour préparer la primaire", explique le chercheur.

Son ambition. L'ancien chef de l'État arrive pour l'instant en deuxième position dans les sondages, derrière son rival Alain Juppé. Ses démêlés avec la justice peuvent en outre entraver sa candidature. Nicolas Sarkozy risque un procès, notamment dans l'affaire des écoutes téléphoniques.

François Fillon, le prétendant précoce

Son annonce de candidature. L'ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy est aussi sur les rangs pour la primaire. François Fillon est même le premier à avoir fait état de son ambition en déclarant "j'irai jusqu'au bout", lors d'un déplacement au Japon en mai 2013. En septembre dernier, il a publié Faire, un livre de confidences et de programme.

Son ambition. Dépassé par Bruno Le Maire dans les sondages, François Fillon a cependant assuré sur RTL : "Il est hors de question que je renonce à quoi que ce soit". Côté soutiens, le député peut compter sur Valérie Pécresse, Éric Ciotti, Thierry Mariani et Gérard Larcher. L'ancien premier ministre a promis qu'il quitterait la politique en cas de défaite à la primaire.

Nathalie Kosciusko-Morizet, la candidate "anti-droite décomplexée"

Son annonce de candidature. Nathalie Kosciusko-Morizet a affirmé sa volonté de participer à la primaire, le 8 mars dernier au JT de TF1. Dans son livre-programme, Nous avons changé de monde, l'ancienne ministre se positionne en chantre de la modernité, en opposition à la "droite décomplexée" dont se sont revendiqués ses adversaires à la primaire.

Son ambition. Si la députée de l'Essonne se voit aller loin dans la course à l'investiture, sa candidature n'est pour l'instant pas certaine. Elle pourrait manquer de parrainages pour faire campagne. Elle doit recueillir les signatures de 20 parlementaires, 250 élus locaux et 2.500 adhérents avant le 9 septembre. Tentée d'aller démarcher les élus de gauche, Nathalie Kosciusko-Morizet a été stoppée par une décision du bureau politique des Républicains votée le 29 mars, obligeant désormais les parrains à "souscrire aux valeurs républicaines de la droite" en signant une charte. Le filloniste Bernard Debré a cependant déclaré que des députés pro-François Fillon pourraient soutenir la candidature de Nathalie Kosciusko-Morizet pour assurer sa présence à la primaire.

Jean-François Copé, le retour gagnant ?

Son annonce de candidature. De retour dans le jeu politique français, Jean-François Copé a annoncé sa candidature à la télévision le 14 février, lors de sa semaine qui a marqué son retour médiatique et la publication de son livre Le sursaut français, dans lequel il livre son analyse des blocages de la société française

Son ambition. L'ancien président de l'UMP espère retrouve un rôle de premier plan grâce à la primaire de la droite. Il assume toujours sa "droite décomplexée" et en a fait son slogan de campagne : "On ne recule plus". Il revendique son absence de responsabilités gouvernementales durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, ce qui, selon lui, renforce sa crédibilité.

Nadine Morano, la candidature-revanche

Son annonce de candidature. Nadine Morano s'est positionnée assez tôt pour la primaire. Elle a assuré de sa participation dès le 4 septembre dernier. L'eurodéputée devrait sortir un livre pour asseoir sa candidature et ses idées, mi-avril. Le titre pressenti pourrait être Tous des lâches. Son slogan de campagne est, lui, déjà trouvé : "Servir la France", après "Ensemble pour la France avec honneur et courage", qui apparaît sur son site de parrainage.

Son ambition. Nadine Morano risque de rencontrer des difficultés pour récolter le nombre de parrainages nécessaires. Elle a donc lancé un site internet pour récolter dons et soutiens : JeParraineMorano.com. Mais sa participation à la primaire lui assure une existence médiatique et une forme de revanche contre Nicolas Sarkozy, qui l'a désavouée après l'épisode de la "race blanche".

Hervé Mariton, pour faire peser ses idées

Son annonce de candidature. Après avoir brigué la tête de l'UMP en novembre 2014, Hervé Mariton s'est lancé dans la primaire en septembre dernier. Se voulant le candidat "libéral-conservateur", il a publié son livre Le printemps des libertés au début du mois de mars. Le député de la Drôme est conscient qu'il a peu de chances de remporter le scrutin, mais compte sur celui-ci pour faire peser ses idées.

Son ambition. "Je n'ai pas d'objectif chiffré en tête, mais j'espère être l'heureuse surprise de cette primaire. Si, au minimum, je réitère mon score lors de l'élection à la présidence de l'UMP (6,32%, NDLR) et que quelques mois plus tard, je suis nommé premier ministre, je ne me plaindrai pas ! Si je peux peser sur la ligne de la droite et du centre pour 2017, je prends", a affirmé Hervé Mariton.

Geoffroy Didier, la Droite forte

Son annonce de candidature. Geoffroy Didier, vice-président de la région Île-de-France chargé du Logement, a officialisé sa candidature en mars. L'avocat a pour ambition d'incarner "la relève" et "mettre fin à l'entre-soi des professionnels de la politique", a-t-il déclaré sur RTL

Son ambition. Âgé de bientôt 40 ans, il est le cofondateur du courant de la "Droite forte" avec Guillaume Peltier. Ce proche de Brice Hortefeux plaide notamment pour un renforcement des moyens de la police et de la justice, pour l’école maternelle obligatoire dès 3 ans et une limitation des allocations "à 75 % du Smic".

Frédéric Lefebvre, l'inattendu

Son annonce de candidature. Prétendant inattendu, Frédéric Lefebvre a annoncé son intention de participer à la primaire dans un courrier adressé aux maires le 21 janvier. Ancien porte-parole de Nicolas Sarkozy, Frédéric Lefebvre, député des Français de l'étranger (Amérique du Nord), porte notamment le projet d'une allocation universelle. 

Son ambition. "Je ne suis pas un candidat de plus, mais celui qui porte un projet différent", a-t-il affirmé dans sa lettre. Même si pour l'instant ce projet est encore un peu flou. Frédéric Lefebvre n'a pas détaillé les réformes qu'il entend mener, ni dans un livre ni par un slogan.

Jean-Frédéric Poisson, dans la lignée de Christine Boutin

Son annonce de candidature. Président du Parti chrétien-démocrate, Jean-Frédéric Poisson s'est déclaré en septembre lors d'une interview accordée à Valeurs Actuelles. Proche de Christine Boutin, dont il a été le suppléant, il a pris sa succession à la tête du parti en 2013.

Son ambition. Connu pour avoir été un opposant farouche au mariage pour tous, il peut espérer faire entendre sa ligne politique dans le débat politique. En octobre, ce député Les Républicains fait parler de lui pour sa rencontre avec le dictateur syrien Bachar al-Assad.

Jacques Myard, le candidat souverainiste

Son annonce de candidature. Député des Yvelines, Jacques Myard a fait part de son intention de participer à la primaire le 5 avril. Une candidature que personne n'avait anticipée, qu'il a annoncée par un communiqué et sur LCI. 

Son ambition. À 68 ans, il veut "faire entendre sa voix dans ce débat" et "poser la question de la souveraineté de la France". Fondateur du courant de la droite populaire au sein de Les Républicains, il se revendique comme "gaulliste et souverainiste".

Hassen Hammou, l'inconnu

Son annonce de candidature. Inconnu du grand public, Hassen Hammou veut affronter les cadors de la droite à la primaire. Ce Marseillais de 27 ans s'est fait connaître en interpellant François Hollande lors d'une émission télévisée, en novembre 2014. Entrepreneur à la tête d'une société de nettoyage, il avait déjà fait une incursion en politique en 2014 pour les municipales, dans les quartiers Nord de la cité phocéenne en 2014.

Son ambition. Son compte Twitter le présente toujours comme candidat à la primaire mais il ne s'est pas exprimé dans les médias depuis quelques mois.

Michèle Alliot-Marie, la candidate pressentie

Son annonce de candidature. Même si aucune annonce n'a encore été faite, le nom de Michèle Alliot-Marie est régulièrement évoqué. À 69 ans, l'eurodéputée pourrait participer à la primaire. Une candidature de plus en plus probable : l'ancienne ministre vient de lancer un nouveau parti, "Nouvelle France", qui pourrait lui permettre d'asseoir son projet. 

Son ambition.  Après avoir occupé différents ministères régaliens : Défense, Justice, Intérieur et Affaires Étrangères, elle a affronté Luc Chatel en février pour la présidence du Conseil National des Républicains en février, raflant 45 % des voix, à défaut de la victoire. Elle peut donc prétendre à un ministère ou espérer nuire à la candidature d'Alain Juppé, tous deux se positionnant comme héritiers de Jacques Chirac.

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