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Fin de vie : qui est Olivier Falorni, le député à l’origine de la loi sur l’aide à mourir ?

À l’origine de la proposition de loi sur la fin de vie, dont un ultime vote a lieu à l’Assemblée nationale ce mercredi 15 juillet, Olivier Falorni porte depuis des années le combat pour l’aide à mourir et le droit à une fin de vie libre et choisie.

Olivier Falorni à l'Assemblée nationale, le 11 décembre 2018

Crédit : Thomas SAMSON / AFP

Marie-Pierre Haddad

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Le combat d'une vie. Le Parlement doit adopter définitivement, ce mercredi 15 juillet, la loi sur l'aide à mourir, lors d'un ultime vote à l'Assemblée nationale. Une réforme sociétale majeure qui autorise l'aide à mourir pour la première fois en France avec une assistance au suicide, voire une euthanasie, sous conditions. 


Cette proposition de loi est liée à un nom : Olivier Falorni. À l'origine du texte déposé en mars 2025, l'ancien député assistera au vote final depuis les tribunes de l'hémicycle. Désormais maire divers gauche de La Rochelle, Olivier Falorni souhaite être présent lors de cette journée qui marque la fin d'"un marathon avec des haies", comme il l'explique.

"Aujourd'hui, c'est le jour de la fin d'une long marathon pour moi et pour tous ceux qui ont porté le sujet", a déclaré depuis l'Assemblée Olivier Falorni. Sur LCP, il se dit "serein" et "satisfait" du texte.

"Briser l'omerta de cette douleur intime"

Son combat politique est intimement lié à son combat personnel. Sa mère est décédée d'un cancer. À Libération, il racontait : "Son décès a renforcé ma détermination à me faire élire. Je me suis dit qu’en tant que député, je porterais le sujet". 

Avant cela, Olivier Falorni a expliqué avoir été sensibilisé au sujet de la fin de vie alors qu'il avait à peine 18 ans, à l'occasion d'une conférence à laquelle participait le sénateur radical Henri Caillavet. Rapporteur de la loi Veil sur l'interruption volontaire de grossesse, celui-ci a déposé dès 1978 une proposition de loi "relative au droit de vivre sa mort". Henri Caillavet "considérait que le corps des femmes leur appartenait et que notre mort nous appartient", rappelle l'édile de La Rochelle. 

En décembre 2013, le député avait interpellé la ministre des Affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine, sur la question de  l'euthanasie. "Mes chers collègues, si j'ai décidé moi aussi de briser l'omerta de cette douleur intime, c'est que je considère qu'il en est désormais de mon devoir. Non pas de fils, mais de législateur. Car il faut une loi madame la ministre. On ne peut plus accepter la violence inouïe, d'agonies interminables que même les soins palliatifs et le dévouement des soignants ne peuvent plus apaiser", déclarait cet enseignant, diplômé en histoire. Il avait alors déclenché une émotion palpable dans l'hémicycle, comme le rapportait Le Lab.

Une "hypocrisie"

Engagé au PS, puis au Modem et élu du groupe Liot (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires) de Charente-Maritime, Olivier Falorni milite donc depuis des années pour "le droit à une fin de vie libre et choisie". Dans un entretien à Ouest-France datant de 2021, l'édile estimait que la fin de vie était "un sujet majeur". "La fin de vie préoccupe tous les Français (...) Cela ne veut pas dire que les Français veulent être euthanasiés. Mais ils veulent avoir le choix. L’immense majorité n’y aura pas recours. En Belgique, où la loi est passée depuis 20 ans, seule 2% de la population y a recours ! Aujourd’hui, il y a une hypocrisie", expliquait-il.

Olivier Falorni défendait ainsi la nécessité d'avoir une loi qui va, selon lui, "encadrer les euthanasies clandestines qui se pratiquent aujourd’hui". "Et non, bien sûr, on ne va pas tuer les autistes. Non, les personnes dépressives ne pourront avoir recours à cette loi ! Car la dépression n’est pas une maladie incurable ! Cette loi est celle de l’ultime liberté, qui ne retire aucun droit à quiconque. Chacun doit pouvoir mourir comme il veut. C’est un choix supplémentaire que l’on veut donner", assurait-il. 

Le constat a toujours été le même : "On meurt mal en France". "La crise du Covid a montré le manque d’écoute des malades en fin de vie à qui on n’a rien à proposer. Certains décèdent seuls, parfois dans des asphyxies insupportables", indiquait-il auprès de Libération.

L'affaire Vincent Lambert

Le "marathon" a débuté en 2019, année à laquelle Olivier Falorni déposait un projet de loi pour instituer une hiérarchisation de la parole des proches, dans le cas d'un arrêt des soins d'un patient. 

Quelques mois avant la mort de Vincent Lambert, devenu le symbole du débat sur la fin de vie, l'élu estimait dans les colonnes de Ouest-France que si cette loi avait été en vigueur, "la parole de l'épouse de Vincent Lambert aurait été décisive". Cette affaire "est une tragédie qui bouleverse tous les citoyens, quelles que soient leurs opinions". Selon lui, le cas de Vincent Lambert a révélé "une des multiples failles de la loi Claeys-Léonetti" pour les malades en fin de vie.

"La voix qui prime, c'est celle de la personne de confiance qui a été désignée par le patient. S'il n'y en a pas, la décision revient à l'époux, au partenaire de Pacs ou au concubin. S'il n'y en a pas, le choix revient aux enfants majeurs de la personne, puis à ses parents, puis à ses frères et sœurs majeurs", expliquait-il.

Un projet de loi lancé il y a 14 ans

Dans un portrait qui lui était consacré en 2021, Libération rappelle que lors de la campagne pour la présidentielle de 2012, il avait milité pour que François Hollande intègre dans son programme la promesse d’une "assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité". 

Quatorze ans plus tard, Olivier Falorni voit son intime conviction aboutir, mais avec un dernier obstacle : face aux oppositions persistantes, notamment à droite, Sébastien Lecornu saisira le Conseil constitutionnel après l'adoption attendue par l'Assemblée nationale mercredi de cette réforme sociétale majeure.  

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