Primaire Les Républicains : le plan d’attaque de Bruno Le Maire

PORTRAIT - Un engouement s'était créé autour de sa candidature à la présidence de l'UMP en 2014. Bruno Le Maire annoncera sa candidature à la primaire de la droite et du centre à Vesoul mardi 23 février.

Le député de l'Eure, Bruno Le maire, le 29 novembre 2014 à Paris
Crédit : THOMAS SAMSON / AFP
Le député de l'Eure, Bruno Le maire, le 29 novembre 2014 à Paris

À 48 ans, Bruno Le Maire vient d'officialiser sa candidature à la primaire de la droite à Vesoul ce 23 février 2016. "Oui, je suis candidat pour devenir le prochain président de la République", a-t-il lancé devant plusieurs centaines de militants Les Républicains et le député-maire LR de la ville Alain Chrétien. "Parce que j'aime la France", a-t-il ajouté. Alors que la crise agricole bat son plein dans le pays, l'ancien ministre de l'Agriculture a choisi ces terres rurales de Haute-Saône pour lancer sa campagne. L'exercice est inédit pour l'homme né à Neuilly-sur-Seine qui ne s'était jamais porté candidat à l'élection présidentielle. 

Invité de RTL début janvier 2016, Bruno Le Maire avait laissé entendre qu'il serait candidat. "Si je vous disais que je ne me préparais pas à cette primaire (des 20 et 27 novembre 2016, ndlr), je vous mentirai." D'autres indices étaient à piocher dans un clip qu'il a enregistré pour présenter ses vœux aux Français. "Vous pouvez compter sur moi", avait-t-il lancé dans une ambiance qui n'est pas sans rappeler celle des grands meetings de campagne présidentielle. Son premier rendez-vous de grande ampleur avec les Français est prévu le 5 mars aux docks d'Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. Une première étape d'un plan très élaboré.

1. "Le candidat du renouveau"

Depuis des mois, il en a fait un leitmotiv. Bruno Le Maire entend incarner un nouveau souffle. "Vous en avez assez et bien moi aussi : toujours les mêmes visages, toujours les mêmes idées, toujours les mêmes discours...". Dans un clip dans lequel il n'hésite pas à se mettre en scène, Bruno Le Maire déplore le manque de renouvellement de la classe politique française. 

>
En 2016, tout dépendra de vous ! Vous pourrez compter sur moi.

Dans son programme, le candidat, de la même génération que Nathalie Kosciusko-Morizet et Laurent Wauquiez, prévoit notamment d'"interdire le cumul des mandats, de réduire le nombre de députés et de sénateurs et de limiter le nombre de mandats occupé par un parlementaire à 3 dans le temps...", détaille Challenges

Le futur candidat croit dans sa montée en puissance. "Mes troupes ne bougent pas un œil et pourtant je suis déjà à égalité avec Fillon. J’adore ce moment miraculeux avant la bataille où les armes se fourbissent, où les stratégies se mettent en place", confie Bruno Le Maire au Monde. Selon nos informations, son plan média est déjà programmé. Il publie son livre Ne vous résignez pas le 24 février. Le même jour, il sera l'invité du 20 heures de Gilles Bouleau sur TF1. 

2. Ses débuts aux côtés de Dominique de Villepin en 1998

Candidat du renouveau, vraiment ? Les débuts en politique de Bruno Le Maire ne datent pourtant pas d'hier. La première fois que Bruno Le Maire est aperçu dans les couloirs des hauts-lieux de la République date de 1998. Cette année là, Dominique de Villepin prend sous son aile cet énarque, âgé alors de 29 ans. Il devient alors la plume et le proche conseiller du ministre des Affaires étrangères. Villepiniste, il le restera en 2004 lorsque ce dernier est nommé place Beauvau et en 2005 quand il prend les commandes du gouvernement, mené par Jacques Chirac.

Ce passé resurgit aujourd'hui. En effet, dans le programme économique du futur candidat à la primaire, on retrouve une proposition que n'avait pas réussi à mettre en oeuvre son mentor : le contrat nouvelle embauche. Voté par ordonnance en plein été 2005, il avait suscité de vives manifestations en octobre 2005 ainsi que le rejet du Conseil d'État. Bruno Le Maire souhaite remettre ce contrat nouvelle embauche au centre des débats s'il est élu. "En 2005, nous avons créé le contrat nouvelle embauche (CNE) pour les très petites entreprises. 450.000 embauches ont eu lieu sous ce contrat en deux ans. Des obstacles juridiques ont conduit à son abandon. Si nous voulons mettre en place un nouveau contrat de travail, nous devons donc le sécuriser juridiquement", expliquait Bruno Le Maire dans Les Échos en avril 2015. Côté renouveau, on a déjà vu mieux.

3. Député en 2007, Secrétaire d'État en 2008, ministre en 2009

Après avoir été dans l'ombre, Bruno Le Maire a choisi de se frotter au suffrage universel. En 2007, il est parachuté dans l'Eure, terre de ses vacances, pour succéder à Jean-Louis Debré, parti au Conseil constitutionnel, comme député dans la première circonscription. Il est élu avec 58,3% des voix. Il fait le choix de nommer son épouse assistante parlementaire. Rien d'anormal jusque-là si ce n'est que Pauline Le Maire, la mère de ses quatre enfants, a été rémunérée par l'Assemblée nationale pour un poste à temps plein qui n'était pas totalement justifié, selon des informations publiées par Mediapart en 2013. Bruno Le Maire a reconnu "une erreur de parcours" dans le Figaro Magazine.

En 2008, il change d'échelle. Le 12 décembre, Nicolas Sarkozy le nomme Secrétaire d'État aux Affaires européennes dans le gouvernement de François Fillon. Il monte encore en grade en 2009 en devenant ministre de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche. Il récupère les porte-feuilles de la Ruralité et de l'Aménagement du territoire en 2010. 

Des thèmes sur lesquels il entend bien faire entendre son expertise pendant la campagne pour la primaire des Républicains, en pleine crise de l'agriculture.

4. Près de 30% des voix pour la présidence de l'UMP en 2014

Bruno Le Maire a été la révélation de l'année 2014. Deux ans après la défaite de la droite à la présidentielle et après l'épisode de la guerre des chefs qui avaient opposé Jean-François Copé à François Fillon, il prend pour la première fois ses distances avec Nicolas Sarkozy. À tel point qu'il décide de l'affronter pour la présidence de l'UMP. 

Une campagne pas toujours d'un très haut niveau qui a notamment été marquée par une phrase choc de Nicolas Sarkozy à l'encontre de son ancien protégé. Dans Le Parisien Magazine et L'Express, l'ex chef de l'État s'est moqué de son livre Le Ministre, publié en 2004. Un livre qui comporte quelques passages érotiques et autobiographiques. "Le pauvre, il écrit des livres que personne ne lit. Ah si, il y en a un que j'ai lu, c'est celui où il se masturbe." Hervé Mariton, également candidat à la présidence de l'UMP, s'était fendu du même argument. "Moi, dans mes livres, je ne raconte pas comment ma femme me caresse le sexe. Je présente un réel projet", avait-il assuré.

Une mauvaise publicité qui n'a pas empêché le député de l'Eure de "changer de stature" comme l'écrivait Les Échos après avoir terminé à la deuxième place de la compétition pour la présidence de l'UMP avec 29,18% des suffrages. "La volonté de renouveau devra être entendue et respectée", avait-il déclaré au soir des résultats, le 29 novembre 2014. "Avec cette campagne, j'ai gagné ma liberté". À neuf mois de la primaire, Bruno Le Maire doit encore transformer l'essai...

La rédaction vous recommande

 

VOUS AIMEREZ AUSSI
PLUS DE VIDÉOS
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

article
7782007097
Primaire Les Républicains : le plan d’attaque de Bruno Le Maire
Primaire Les Républicains : le plan d’attaque de Bruno Le Maire
PORTRAIT - Un engouement s'était créé autour de sa candidature à la présidence de l'UMP en 2014. Bruno Le Maire annoncera sa candidature à la primaire de la droite et du centre à Vesoul mardi 23 février.
http://www.rtl.fr/actu/politique/primaire-les-republicains-bruno-le-maire-nicolas-sarkozy-7782007097
2016-02-23 10:00:00
http://media.rtl.fr/cache/R2oRUGTsANls47ZAnPsOvw/330v220-2/online/image/2015/0721/7779166710_le-depute-de-l-eure-bruno-le-maire-le-29-novembre-2014-a-paris.jpg