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Présidentielle 2022 : de la violence verbale à la violence physique

ÉDITO - Les débats et la vie politique sont violents en ce moment. Et la gifle contre le Président de la République l’a illustrée le 8 juin dernier.

Emmanuel Macron entouré de gardes du corps lors d'un déplacement à Valenciennes, le 23 mars 2021
Emmanuel Macron entouré de gardes du corps lors d'un déplacement à Valenciennes, le 23 mars 2021
Crédit : Yoan VALAT / POOL / AFP
Présidentielle 2022 : de la violence verbale à la violence physique
02:43
Présidentielle 2022 : de la violence verbale à la violence physique
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L'Edito Politique - Olivier Bost
Olivier Bost
Journaliste

Les débats et la vie politique sont violents en ce moment. Et la gifle contre le Président de la République l’a illustré mercredi.

Il y a d’abord dans ce qui s'est passé de quoi se rassurer : tous les politiques ont condamné la violence qui a visé le Président. Inutile de mesurer le degré de condamnation, d’y chercher les sous-entendus, les mots sont là et c'est le plus important. Gifler le Président, c'est bien effectivement une attaque contre un homme politique, contre une fonction. C'est assez basique me direz-vous, mais ça va beaucoup mieux quand tout le monde le dit. 

Gifler le Président, c'est une violence physique et une violence symbolique. Ça fait mal aussi politiquement, même si ce type d'évènement n'est pas inédit, qu'on peut le relativiser comme l’a fait le chef de l’État, il ne faut pas l'accepter. Comme il ne faut pas oublier les agressions d'élus, de députés, de maires, qui se sont multipliées ces dernières années. Il faut continuer de s'émouvoir et de s'offusquer des agressions physiques.

Est-ce que cet acte dit quelque chose de la période ?

Nous avons vécu 2 périodes très différentes mais aux conséquences lourdes pour notre société : les "gilets jaunes" et le confinement. Deux phénomènes qui profitent aux marginalités politiques et qui sont source de violence.

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Le mouvement des "gilets jaunes" a été porteur de radicalité et a agrégé des colères. Et le confinement, à l'inverse, a amplifié l'isolement social et le refuge sur des réseaux sociaux, diffuseurs de haines. Sorti de ces 2 phénomènes, la période que nous vivons est une période incertaine, instable et dangereuse, ces déplacements d'Emmanuel Macron en France le montrent bien. 

Un jour, c'est la "covida", le retour de la liberté et des jours heureux et un autre jour, une tension sociale et une violence décomplexée avec cette gifle. La journée de mercredi a montré qu'il était parfaitement possible de basculer d'un état à l'autre en quelques secondes. Ce sera probablement aussi ce que nous allons vivre dans les mois qui viennent.

Macron a-t-il raison de prendre le pouls du pays... avec son tour de France ?

Plus que jamais. Il faut des moments politiques même si la colère s'y exprime parfois sans filtre ou jusqu'à la bêtise avec cette gifle. La déstructuration de la vie politique a annihilé tous les débats tempérés. Il n'y a plus que les propos extrêmes, choquants, clivants, qui portent les invectives, les outrances, les appels au meurtre sur YouTube.

Il faut donc que les choses soient dites, entendues et pas seulement sur les réseaux sociaux ou sur des plateaux télés sans modération. Il faut du débat pour sortir de la violence verbale et de la violence physique. C'est ce que doit continuer de faire Emmanuel Macron.

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