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Nucléaire : la fermeture de Fessenheim alimente les doutes

ÉDITO - La fermeture de la centrale de Fessenheim engendre des doutes et provoque un débat au sein du gouvernement en ce qui concerne le nucléaire, une filière en pleine déroute et qui coûte de plus de plus cher.

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Nucléaire : la fermeture de Fessenheim alimente les doutes Crédit Image : SIPA / M. Astar | Crédit Média : RTL | Date :
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L'Edito Politique - Olivier Bost
Olivier Bost
édité par Quentin Marchal

L’arrêt du dernier réacteur de Fessenheim, qui a débuté ce lundi 29 juin en fin d’après-midi, alimente les doutes sur le nucléaire en France. Cette fermeture de la plus vieille centrale du pays soulève la question de savoir s'il y a des anti-nucléaires au sein du gouvernement. Si cette tendance ne va pas jusque-là, les sceptiques ne manquent pas.

"On n’est pas devenu anti-nucléaire, on est devenu moins pro-nucléaire" explique par exemple la secrétaire d’État Emmanuelle Wargon. De son côté, Élisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique a demandé, sans jouer la carte de la provocation, un scénario à 100% d’énergie renouvelable et 0% de nucléaire à EDF, pour voir.

Il faut dire qu’EDF et tous ses partenaires ont du mal à penser autrement que par l’atome. C’est une culture d’entreprise et pas mal de corporatismes en découlent : "Les polytechniciens et les ingénieurs des Mines sont des nucléophiles" décrit un conseiller qui ajoute que "c’est une filière qui vit en autarcie et qui se regarde le nombril". 

Élisabeth Borne s’en moque de temps en temps en expliquant que "ces brillants ingénieurs sont obligés de m’expliquer pourquoi après avoir coulé une dalle de béton de plusieurs centaines de tonnes, ils se rendent compte qu’ils ont oubliés de passer les câbles avant". Voilà comment est vu le nucléaire au ministère de la Transition écologique : une filière en pleine déroute et qui coûte de plus de plus cher.

Un coût qui ne cesse d’être réévalué à la hausse

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À force de construire des centrales pendant des années, nous avons perdu certains savoir faire. Par exemple, Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie raconte comment il faut faire venir des soudeurs d’Amérique centrale parce qu’eux savent encore faire des soudures sur les cuves. C’est aussi l’argument de ceux qui défendent un nouveau de plan de construction de plusieurs centrales en France.

On va réduire la part du nucléaire à 50% mais pour rester à 50%, il faudra remplacer les vieilles centrales. Un sujet épineux qui rend dubitative Emmanuelle Wargon : "Construire de nouvelles centrales, j’attends de voir". Ce que regarde la secrétaire d’État, avec d’autres, c’est leur coût.

L’EPR de Flamanville a par exemple vu son prix initial être multiplié par quatre. Plus de 12 milliards d’euros ont été dépensés et, de retards en retards, pas un Kwh n'a été produit à ce jour. Chaque démantèlement de centrale en France coûte un milliard d’euros avec un coût qui,  là encore, ne cesse d’être réévalué à la hausse.

Un débat et des doutes à l’intérieur du gouvernement

Un autre exemple de ces coûts exorbitants, à Bure dans la Meuse, montre que pour enterrer les déchets nucléaires dont on ne sait pas quoi faire, le premier chiffrage est à 34 milliards d’euros. Si vous additionnez tout, cela fait passer les 15 milliards d’euros pour la transition écologique, annoncés ce lundi 28 juin par Emmanuel Macron, pour de l‘argent de poche.

Cela ne veut pas dire qu’on pourrait ne plus jamais construire de nouveaux réacteurs en France, la décision a même été habilement repoussée à l’automne 2022 au plus tôt, soit après la prochaine présidentielle. Mais le débat et les doutes sont là et vivent déjà à l’intérieur du gouvernement.

L’énergie la moins intermittente de toute et décarbonée, qui ne réchauffe pas la planète, est mise en cause non plus seulement sur sa sécurité mais sur sur son coût. Les pros-nucléaires qui veulent de nouvelles centrales et ceux qui en veulent un peu moins pourront se compter après le remaniement, à Matignon, à la Transition écologique et même à Bercy.

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