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Macron tangue entre "optimisme" post-Covid et risque d'"ensauvagement" de la société

DÉCRYPTAGE - Tout en assurant que les Français sont optimistes et dynamiques, le président de la République reconnaît l'existence d'une société "de plus en plus violente".

Emmanuel Macron, le 14 juin 2021
Emmanuel Macron, le 14 juin 2021
Crédit : THOMAS COEX / AFP
Marie-Pierre Haddad

Stratégie du "et en même temps" ou ligne de crête ? Emmanuel Macron jongle avec les émotions depuis la première étape du déconfinement avec la réouverture des terrasses. Qu'il soit en train de prendre un café avec Jean Castex ou de partager un spritz à Nevers, le président de la République veut insuffler un vent d'optimisme dans un pays post-crise sanitaire.

Mais cette situation contraste avec le ton de la campagne des élections régionales, principalement axée sur la sécurité, même s'il ne s'agit pas d'une prérogative de la région. Une ambiance qui pose déjà les enjeux de l'élection présidentielle de 2022.

Le tour de France d'Emmanuel Macron a été marqué par la gifle reçue dans la Drôme. Quelques jours plus tard, Jean-Luc Mélenchon a été enfariné lors de la marche des libertés contre l'extrême. Ce climat présage selon le candidat LFI à la présidentielle, une campagne "sale et violente".

La sécurité, un thème de la campagne de 2022

Dans un entretien à BFMTV, Emmanuel Macron assurait "sentir dans le pays" de "l'optimisme". "C'est une volonté de retrouver la vie, c'est du dynamisme", expliquait-il. Le président de la République a relativisé l'épisode de la gifle assurant qu'il s'agissait d'un fait isolé. "Ne faisons pas dire à cet acte imbécile et violent plus qu’il ne faut lui en faire dire. Il faut relativiser et ne rien banaliser", indiquait le chef de l'État. Une tentative de faire ressentir le retour des "jours heureux", fixés en objectif par le président lors d'une allocution au plus fort de la crise sanitaire. 

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"Et en même temps", Emmanuel Macron ne compte pas fermer les yeux sur l'état de la société post-"gilets jaunes" et post-crise sanitaire. Le 3 juin dernier lors d'un déplacement dans le Lot, il évoquait déjà une société "de plus en plus violente" avec "une dégradation très nette" de la sécurité en France.

Ce que notre nation vit, c'est un sentiment d'insécurité

Emmanuel Macron, le 3 juin 2020

Sujet de prédilection du Rassemblement national, la sécurité s'impose de plus en plus dans le débat politique. Ce à quoi Emmanuel Macron répond qu'il s'agit d'un "sentiment d'insécurité". "Ce que notre nation vit, c'est un sentiment d'insécurité (…) on doit lui apporter une réponse à la fois systémique dans nos politiques publiques mais aussi en termes de valeur de civilisation et de culture", a-t-il encore prôné. 

Macron emploie le mot "ensauvagement"

Le président de la République est en train d'amorcer un tournant dans son discours. Pour la première fois, il a employé et donc reconnu le terme "d'ensauvagement" de la société. Un mot assumé par son ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et qui avait marqué une différence notable de politique avec le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti. "Dans notre pays on voit une montée des violences. On a tous des raisons qui sont propres à nos pays mais elles ont deux racines profondes : les inégalités sécrétées par le fonctionnement de l'économie internationale et l'ensauvagement des discours sur les réseaux sociaux", a analysé le président lors du G7

Un changement de discours notable puisqu'en septembre 2020, Emmanuel Macron fustigeait ce qu'il appelait "le kamasutra de l'ensauvagement". "Ce qui importe, ce sont les actes. On a trop discuté sur les mots. Le travail du gouvernement, c'est l'action : prévenir, arrêter, sanctionner, corriger. Il y a eu des sondages, des commentaires… Vous avez fait le Kamasutra de l'ensauvagement depuis quinze jours ! Demandez aux gens, ils n'en ont rien à faire. Ils veulent qu'on règle leurs problèmes", lançait-il. 

Entre l'aspiration aux "jours heureux" et le "sentiment d'insécurité", Emmanuel Macron se lance dans un jeu d'équilibriste à moins d'un an de l'élection présidentielle

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