2 min de lecture Coronavirus

Coronavirus : à quoi Macron fait-il référence lorsqu'il évoque "les jours heureux" ?

ÉCLAIRAGE - En fin d'allocution, Emmanuel Macron a évoqué "les jours heureux", en référence au documentaire du même nom et au programme du Conseil national de la résistance.

Emmanuel Macron, le 13 avril 2020
Emmanuel Macron, le 13 avril 2020 Crédit : JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

"Nous retrouverons les jours heureux. J'en ai la conviction". C'est sur ces mots qu'Emmanuel Macron a conclu son allocution présidentielle, tenue depuis l'Élysée le 13 avril. Un discours sur un ton plus humble, moins martial et axé davantage sur l'humain et le social

Comme il en a pris l'habitude, le président de la République a glissé une référence à la fin de sa prise de parole. Les "jours heureux" évoqués font référence au programme adopté dans la clandestinité par le Conseil national de la résistance (CNR), le 15 mars 1944. Cette phrase a évidemment fait écho à l'oreille de Gilles Perret, réalisateur du documentaire Les jours heureux, sorti en 2013. 

Ce dernier a donc décidé d'offrir au président de la République un DVD de son documentaire, comme l'a indiqué dans un tweet, repéré par nos confrères du HuffPost. Le réalisateur en profite pour glisser au chef de l'État une série de mesures qu'il estime indispensables : "Nationaliser les banques", "séparer la presse des pouvoirs d'argent", "séparer les féodalités économiques du pouvoir politique"

Pour Libération, la référence du chef de l'État "est une allusion directe au programme adopté par le CNR dans la clandestinité le 15 mars 1944. La comparaison est d’autant plus intéressante qu’Emmanuel Macron a juré ses grands dieux que le jour d’après ne ressemblera pas au jour d’avant". 

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Dans un entretien aux Inrocks, Gilles Perret estime que "conclure sur les jours heureux, ce n’est pas possible" car il s'agit d'une politique "aux antipodes de la politique de Macron". "C’est parce que le CNR est la grande période pendant laquelle l’Etat, les citoyens, le peuple reprennent le pouvoir sur l’économie. C’est cité dans le programme : l’intérêt général doit toujours primer sur l’intérêt particulier. Le texte fait référence à la domination de la finance dans les années 1930, à l’accaparement des richesses par une minorité, à la trahison des banques et des élites", explique-t-il. 

Ce discours aurait pu être tenu par Mélenchon ou Besancenot !

Gilles Perret, réalisateur, dans "Les Inrocks"
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Proche du député la France insoumise François Ruffin, le réalisateur dénonce une récupération mémorielle de la part d'Emmanuel Macron. "Ce discours aurait pu être tenu par Mélenchon ou Besancenot !", ajoute-t-il. C'était justement le cas le 4 avril 2017, comme le rappelle LibérationJean-Luc Mélenchon déclarait lors d'un débat : "Je crois que ce dont il est question, c’est de commencer les jours heureux, car le pays a assez pâti jusque-là, et le moment est venu pour lui de retrouver le goût du bonheur".

Après un discours axé sur la guerre contre le coronavirus, Emmanuel Macron choisit désormais la résistance. Une notion qui n'est pas passée inaperçue dans les rangs de la France insoumise. Alexis Corbière a réagi sur Twitter : "Macron devrait prendre garde, citer abondement des personnages historiques produit rarement un discours historique".

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