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Régionales 2021 : pourquoi le scrutin est important

DÉCRYPTAGE - Les élections régionales sonnent comme une répétition générale de la présidentielle de 2022. Chaque parti pourra jauger la puissance de son adversaire politique et affiner sa stratégie, à moins d'un an du scrutin.

Bureau de vote. (Illustration)
Bureau de vote. (Illustration)
Crédit : THEO ROUBY / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste

Il est de coutume d'analyser les résultats d'élections locales afin d'en tirer un enseignement national. Les élections régionales des 20 et 27 juin ne feront pas exception à cette règle. Et la pression électorale est même renforcée pour ce scrutin. Pourquoi ? Les enjeux de la campagne présidentielle de 2022 sont déjà posés pour ce scrutin : front républicain, abstention, score du Rassemblement national... 

Cela se ressent au sein des partis. Chaque décision locale a un impact sur la stratégie décidée sur le plan national. Les Républicains avec le psychodrame joué en PACA en est l'exemple. De même pour la gauche qui tente une union aux régionales mais aussi pour 2022. 


À cela s'ajoute le contexte sanitaire avec une campagne de terrain raccourcie et des déplacements à l'ère du coronavirus. Tous les éléments sont ainsi combinés pour transformer les élections régionales en une pré-campagne présidentielle. 

Quid du front républicain ?

C'est l'une des grandes inconnues de cette élection : y aura-t-il un front républicain mis en place contre le Rassemblement national ? Si la digue est rompue pour les élections régionales, cela pourrait créer un précédent pour 2022. Tout ceci dans un contexte où les électeurs de gauche ne souhaitent plus faire systématiquement barrage à Marine Le Pen

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C'est là que La République En Marche entre en scène. Dans un entretien à Libération, le porte-parole du gouvernement et candidat aux régionales dans les Hauts-de-Seine Gabriel Attal estime que "le front républicain qu’on a connu en 2015, avec l’effacement brutal et complet de partis politiques dans l’entre-deux tours, n’a pas montré une pleine efficacité". 

Selon lui, les "désistements ont, certes, permis d’empêcher temporairement le basculement de régions vers le Front national. Mais six ans plus tard, l’extrême droite n’a pas reculé". Le front républicain appliqué jusqu'à présent est donc mort si on en croit LaREM. 

Une nouvelle idée détaillée par Gabriel Attal qui n'a pas manqué de faire s'étouffer l'opposition. "Trouvons une solution pour que toutes les tendances qui peuvent se maintenir au second tour soient représentées, avance le porte-parole du gouvernement (...) En clair, que nous ouvrions nos listes tout en assumant que les candidats qui les rejoignent siégeront dans l’opposition".

Une abstention record ?

Les élections se suivent et se ressemblent : le taux d'abstention est scruté avec la crainte de franchir un record. Au premier tour des régionales de 2015, moins d'un électeur sur deux s'était déplacé. Dans le cas de ce scrutin, l'abstention pourrait faire vaciller un front républicain, déjà fragilisé. 

Le 31 mai dernier, Natasha Polony avait fait la prédiction au micro de RTL que l'abstention sera le grand gagnant du scrutin. "Inéluctable, tragique, ou simple choix des électeurs d'aller en terrasse plutôt que dans l'isoloir ? Dans une perspective plus large, la situation devient très inquiétante", expliquait-elle.

Selon l'éditorialiste, "la question de fond est : à partir de quel niveau d’abstention doit-on considérer que la légitimité des représentants est remise en cause ? Certains disent que le phénomène est inéluctable, qu’on ne peut pas forcer les gens à s’investir dans la démocratie et qu’une majorité de gens aspire à consommer tranquillement pendant que les autres gèrent les affaires. Peut-être".

Des doubles campagnes

Ces élections régionales sont une grande répétition générale de 2022. Tout d'abord parce que le président de la région des Hauts-de-France Xavier Bertrand a déjà annoncé sa candidature pour la présidentielle. Il mène d'ailleurs une double campagne, mélangeant les enjeux locaux et nationaux. Pas encore officiellement déclarée pour la présidentielle, Valérie Pécresse figure dans la liste des potentiels candidats pour 2022. Elle aussi cherche à se faire réélire à la tête de la région Île-de-France.

Les deux candidats, anciens membres des Républicains, ont conditionné leur avenir politique à leur réélection. Xavier Bertrand expliquait sur Franceinfo : "Si six ans après (l'élection à la tête de la région, ndlr) je n'ai pas la confiance" des électeurs des Hauts-de-France, "je ne peux pas aller solliciter la confiance de 67 millions de Français".

De son côté, Valérie Pécresse a posé la condition de son avenir en politique. Si la présidente de la région Île-de-France ne remporte pas le scrutin, cela "sonnerait la fin de (sa) carrière politique"

Se démarquer pour 2022

Les Républicains et aussi la République En Marche sont confrontés à leurs contradictions. Comment s'allier avec LaREM ou faire le front républicain pour quelques mois plus tard s'affronter à l'élection présidentielle. C'est là tout l'enjeu autant pour le parti présidentiel que pour l'opposition.

Du côté des sondages, les popularités d'Emmanuel Macron et de Jean Castex sont stables depuis un mois. Elles s'établissent respectivement à 40% et 38% d'opinions favorables, selon un sondage Ifop pour Le Journal du dimanche. Le chef de l'État enregistre une hausse notable de satisfaits chez les 18-24 ans (59%, +8 points en un mois) et chez les plus de 65 ans (43%, +5 points).

Cependant, le président de la République accuse une baisse de 6 points chez les 25-34 ans. Quatre ans et un mois après son élection, Emmanuel Macron connaît une popularité supérieure à ses prédécesseurs au même moment de leur mandat. François Hollande recueillait 14% d'opinions favorables, Nicolas Sarkozy 30%. 

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