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Loi "sécurité globale" : Jean-Louis Debré fustige sur RTL une "loi absurde"

INVITÉ RTL - L’ancien ministre de l’Intérieur Jean-Louis Debré a estimé que la proposition de loi "sécurité globale" était "absurde", et a appelé l'exécutif à ne pas "persister dans l’erreur".

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Loi sécurité globale : Jean-Louis Debré fustige une "loi absurde" Crédit Image : RTL | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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Thomas Sotto édité par Florise Vaubien

"Les bras m'en tombent !". L’ancien ministre de l’Intérieur Jean-Louis Debré a vivement réagi face à ce qu’il considère comme une loi "absurde". Il estime que le projet de loi "sécurité globale" et son article 24 représente une politique "de gribouille" : "Je ne comprends pas autant de maladresse", a-t-il déploré, tout en appelant l'exécutif à "ne pas persister dans l'erreur".

En pleine polémique politico-policière, l’ancien président du Conseil constitutionnel, qui sort ce lundi son livre La Rumeur chez Robert Laffont, a ainsi exprimé son désaccordL’article 24 de cette proposition de loi, celui qui voulait interdire la diffusion malveillante d'images de policiers, va être réécrit. Mais Jean-Louis Debré juge que les politiques "jouent avec les mots", puisque quand on veut "réécrire" un projet de loi, cela consiste finalement à le "retirer". 

"Il faut savoir que cet article a été imposé par le gouvernement sur une proposition de loi de députés", mais "sur un sujet aussi sensible, il faut travailler, étudier et confronter les points de vue". "C’est une loi absurde", a-t-il martelé, citant Montesquieu : "Les lois inutiles tuent les lois utiles". Si le gouvernement veut assurer la sécurité des policiers, "il faut s’attaquer aux hébergeurs des réseaux sociaux" et non aux journalistes, a estimé l’ancien président du Conseil constitutionnel. 

Un appel "à ne pas persister dans l’erreur"

Jean-Louis Debré s’est dit surpris de la stratégie du gouvernement alors que la France est en pleine crise sanitaire et terroriste : "On rajoute une crise politique !". "Peut-être qu’il s’agit-là d’un affichage politique pour montrer les muscles", poursuit l’ancien ministre qui a appelé à rester "à l’écoute" de la population "et ne pas persister dans l’erreur". "Changeons tout le monde et prenons de vrais professionnels", a-t-il même encouragé. 

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Jean Castex a voulu créer une commission extraparlementaire pour réécrire l’article 24, mais l’ancien président de l’Assemblée nationale note que le pouvoir législatif n’appartient pas à une commission, dénonçant "une méconnaissance totale des institutions"

"On demande à des personnes de l’extérieur qui n’ont aucun mandat et qui n’ont aucune légitimité d’écrire une loi en plein débat parlementaire", regrette-t-il, "C’est ridicule !". "Les députés ont le pouvoir d’écrire la loi, donc demandons à la commission des lois de l’Assemblée nationale et du Sénat d’écrire le texte". 

Il faut restaurer l’autorité et la parole du politique

Jean Louis Debré, ancien ministre de l'Intérieur, au micro de RTL le lundi 30 novembre 2020
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"Le drame", selon Jean-Louis Debré, "c’est que la loi est devenue un objet de communication politique". "On se fiche complètement de ce que contient la loi, on veut juste afficher", puisque "le politique n’arrive plus à faire de réforme", a-t-il ajouté, rappelant que l’article 24 est "inapplicable". "On devrait avoir un pouvoir politique qui cherche à apaiser, et non une politique du 'faire croire'". 

"Je pense que la politique est un métier qu’il faut apprendre, dans lequel il faut être le plus modeste possible. On a à faire à des gens qui ne m’apparaissent pas professionnels et qui sont trop sûrs d’eux", poursuit-il. "Il faut restaurer l’autorité et la parole du politique". Si il y a de l’abstention, c’est parce que "les gens s’interrogent sur le politique", et "vers qui se tourner". 

En ce qui concerne la réforme des retraites, l’ancien ministre déplore là aussi une énième crise inutile : les politiques "cherchent peut-être des crises" au moment où la France a besoin de "calme et de sérénité". "On remet un sujet pour faire oublier", s'interroge-il. 

Quant à l’affaire Michel Zecler, passé à tabac par trois officiers de police, Jean-Louis Debré fustige une société "de plus en plus violente et agressive", en y voyant "l’expression d’un doute, d’une angoisse et d’une incertitude, amplifiée par les réseaux sociaux". "Nous sommes dans une société de violence et cela m’inquiète", a-t-il dit.

Tout me manque chez Jacques Chirac

Jean Louis Debré, ancien ministre de l'Intérieur, au micro de RTL le lundi 30 novembre 2020
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Dans son livre, Jean-Louis Debré a voulu souligner que "la rumeur remplace aujourd’hui la réalité dans les cercles politiques". "Quand une rumeur se répand, on cherche son origine et on se retrouve face à des conflits d’intérêts. On perd la notion du 'vrai'", déplore l’ancien président du Conseil constitutionnel. 

Enfin, l'ancien politique âgé de 76 ans a voulu évoquer Jacques Chirac et rappeler sa profonde affection pour l’ancien président, décédé le 26 septembre 2019. "Tout me manque chez lui : les gens sentaient qu’il les aimait et aujourd'hui, le politique est replié sur lui-même", et ne donne pas l’impression "d’aimer les Français". 

Jacques Chirac avait "la capacité d'écouter le peuple" : "il était vrai", et aujourd’hui, "on a besoin de ça", conclut l’ancien ministre. 

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