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Loi "sécurité globale" : comment la crise se referme sur Emmanuel Macron

DÉCRYPTAGE - Le président de la République est sous le feu des critiques de la part de l'opposition. Xavier Bertrand estime qu'Emmanuel Macron est "le seul responsable" de la situation autour de la proposition de loi "sécurité globale".

Les banderoles lors de la "marche des libertés", organisée contre la proposition de loi "sécurité globale" à Paris, le 28 novembre 2020
Les banderoles lors de la "marche des libertés", organisée contre la proposition de loi "sécurité globale" à Paris, le 28 novembre 2020 Crédit : JOEL SAGET / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Faut-il retirer la proposition de loi "sécurité globale" ? C'est sur cette interrogation que s'ouvre la semaine du gouvernement. Le duo exécutif incarné par Emmanuel Macron et Jean Castex va tenter de désamorcer, une nouvelle fois, la crise politique qui s'est installée. 

Dans ce dossier, les perturbations ont été nombreuses depuis quelques jours, tant pour Gérald Darmanin, que pour le président de la République. Face à la violence des images de l'interpellation de Michel Zecler, dévoilées par Loopsider, Emmanuel Macron a dénoncé "une agression inacceptable"

Le président de la République a aussi demandé au gouvernement de "faire rapidement des propositions pour réaffirmer le lien de confiance qui doit naturellement exister entre les Français et ceux qui les protègent et pour lutter plus efficacement contre toutes les discriminations". Une demande déjà formulée au précédent gouvernement lorsque Christophe Castaner était ministre de l'Intérieur.  

Une reprise en main maladroite du dossier par Matignon

Pour amorcer cette nouvelle semaine et tenter d'apaiser les tensions, Emmanuel Macron a décidé de s'emparer du dossier. Réunion ce lundi 30 novembre à l'Élysée, à la demande du chef de l'État, avec le premier ministre Jean Castex, des ministres et les chefs des groupes parlementaires de la majorité. L'objet de la réunion : les sujets régaliens, police et sécurité. 

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Ces derniers jours ont ainsi marqué une volonté de la part du couple exécutif de reprendre la main. Lors des premières crispations autour de l'article 24 et de la proposition de loi "sécurité globale", l'Élysée et Matignon avaient laissé l'Intérieur à la manœuvre. "C’est le problème de Darmanin", répondait-on des deux côtés. 

Mais ça c'était avant. Voyant la situation se dégrader sur le plan politique, Jean Castex a annoncé la mise en place d'"une commission indépendante chargée de proposer une nouvelle écriture de l'article 24" de la proposition de loi "Sécurité globale". Levée de boucliers du côté du Parlement qui estime être contourné par l'exécutif. Les critiques sont venues de toutes parts : le président LR du Sénat Gérard Larcher, le président LaREM de l'Assemblée Richard Ferrand et des députés La République En Marche jugent très sévèrement le gouvernement et l'accuse de mépriser les institutions. 

Jean Castex recule et renonce. Il n'y aura pas donc de commission consultative chargée de réécrire l'article 24. Mais au passage Matignon précise que cette idée avortée a été soufflée par... Gérald Darmanin. Un coup dur supplémentaire pour le ministre de l'Intérieur qui s'enfonce dans la crise.  

Xavier Bertrand attaque Emmanuel Macron

Comment sortir de cette crise ? Pendant que Jean Castex qui se décrit comme le "chef de la majorité" s'attèle à recoller les morceaux avec des députés qui se sentent trahis, Emmanuel Macron, lui, cherche une issue. Et le temps presse pour le président de la République qui commence à recevoir des coups. 

Le premier a été assené par Xavier Bertrand. Le président de la région Hauts-de-France a déclaré sur BFMTV : "Le responsable de tout cela, c'est le président de la République". "Le seul qui soit là depuis le début du quinquennat c'est le président de la République. C'est lui qui a fait ces choix précédents de ministres de l'Intérieur. C'est lui qui, on le voit bien, n'est toujours pas à l'aise sur ces questions. Le seul responsable de tout ça c'est Emmanuel Macron", attaque-t-il. L'ancien ministre de la Santé se garde bien de charger Gérald Darmanin. Ce dernier a été directeur de sa campagne pour les élections régionales de 2015 dans les Hauts-de-France. 

Une réécriture de l'article 24 ?

Première étape : l'Élysée a appelé Michel Zecler le 28 novembre. La présidence aurait joint le producteur pour prendre de ses nouvelles et lui aurait rappelé que pour Emmanuel Macron, ce qu'il avait vécu était "une honte". Le président devra trancher la question du retrait de la proposition de loi "sécurité globale", afin d'éviter le pourrissement. "Certains évoquant même les souvenirs des mobilisations contre la loi Travail sous François Hollande ou contre le CPE sous Jacques Chirac tels des épouvantails", souligne l'AFP. 

Selon nos informations, la majorité va annoncer la "réécriture de l'article 24", après "la colère froide" d'Emmanuel Macron lors d'une réunion organisée à l'Élysée. "Je ne sais pas comment on s'est mis dans cette situation politique qui a été largement coproduite, a indiqué le chef de l'État qui a rappelé qu'"une majorité des Français soutient les objectifs" de cette loi. 

La pression s'intensifie donc pour le président de la République. Son prédécesseur François Hollande a d'ailleurs demandé le retrait de la proposition de loi, enfonçant un peu plus Emmanuel Macron : "Aujourd'hui, s'il y a de l'honneur, il doit se trouver dans le retrait du texte et pas dans son maintien"

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