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"ISF, limitation à 80km/h... Il faut rester sur la ligne", dit François Patriat

ENTRETIEN - En pleine crise des "gilets jaunes", François Patriat, prône la fermeté et ne s'en cache pas. Le patron des 23 sénateurs La République en Marche ne souhaite pas de nouvelles concessions.

Le sénateur François Patriat à Versailles en 2018
Le sénateur François Patriat à Versailles en 2018 Crédit : ludovic MARIN / AFP
Geoffrey Marain-Joris
Geoffrey Marain-Joris
et Leia Hoarau

Le sénateur de Côte-d'Or parcourt chaque année 100.000 kilomètres avec son 4x4. "J'ai passé des mois à défendre le passage au 80km/h sur les routes secondaires. Si Emmanuel Macron ouvre un espace pour aménager la réforme, sur les 400.000 km de voies concernées, les gens ne vont plus rien comprendre", explique François Patriat. Selon lui, rien ne sert de changer le cap des réformes : "ISF, 80km/h, suppression de la taxe d'habitation : il faut rester sur la ligne".

Le grand débat national va-t-il faire bouger les lignes ? Il faut déjà trouver des volontaires pour animer les réunions. Beaucoup de maires sont réticents. "Le gouvernement vise 5.000 communes participantes. Cela fait en moyenne 50 par département. En Côte-d’Or, 70 maires m'ont fait part de leur intérêt. Cela fait à peine 10% des 700 communes du département. Beaucoup ont peur de se retrouver en première ligne, avec des 'gilets jaunes' violents face à eux", constate l'élu.

Pour lui, les 10 milliards d’euros mis sur la table par Emmanuel Macron le 10 décembre dernier pour éteindre la grogne sont une erreur. "On a baissé la garde", dit-il. Sa solution pour sortir de la crise ? Un référendum avec 4 thèmes : "La reconnaissance du vote blanc, la baisse du nombre d'élus, une dose de proportionnelle à l'Assemblée, et un RIC (Référendum d’initiative citoyenne) encadré".

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Il dénonce les "gilets jaunes" radicalisés

Sénateur depuis 2008, François Patriat, 75 ans, ne se considère pas comme un privilégié. "Avec le nombre d'heures que je fais par semaine, je suis payé à 7 euros de l'heure ! Je n'ai pas de résidence secondaire. Mon fils, informaticien, gagne 1.800 euros par mois. Je sais ce que cela fait de vivre avec peu". 

L'élu regrette notamment les "fake news", alimentées par les réseaux sociaux, concernant les rémunérations des élus, "comme une prime de fin d’année de 10.000 euros que les parlementaires auraient touchées. Archifaux".

Il dénonce également la radicalisation du mouvement des 'gilets jaunes' : "Depuis plusieurs semaines, des dizaines de 'gilets jaunes' se relaient devant ma maison. Samedi dernier, j'ai passé trois heures à discuter avec eux. C'est une impasse. Ma maison est isolée, en lisière de forêt, dans un bourg de 18 habitants. Les gendarmes font des patrouilles pour s'assurer qu'il n'y a pas de dégradation".

On a retrouvé un Emmanuel Macron pugnace, sincère, sympathique

François Patriat, sénateur de Côte d'Or
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Ce rallié de la première heure à la candidature Macron, en 2017, qui fut pendant 11 ans à la tête de la région Bourgogne, écarte toute fracture entre le chef de l'État et le peuple. "Je l'ai trouvé très bon face aux 600 maires, pour la première du grand débat national. Il avait face à lui des élus de Normandie, de la Manche, de l'Orne. Des zones très conservatrices. On a retrouvé l'homme que je connais : pugnace, sincère, sympathique".

Chaque mardi, il voit aussi Édouard Philippe, lors des rencontres avec les élus de la majorité. "Comme un boxeur, il encaisse les coups", loue-t-il. Selon lui, le couple Élysée / Matignon ne vacille pas. "Il y a toujours eu des complémentarités, comme avec le tandem Chirac / Juppé". Ce-dernier avait toutefois été emporté par la réformes des régimes spéciaux de retraite, en 1997. Et si l'histoire bégayait ? 

Si le Premier ministre devait s'en aller, il n'en voit qu'un pour le remplacer : Bernard Cazeneuve, l'ancien ministre de l'Intérieur – et éphémère Premier ministre - du quinquennat Hollande, actuellement revenu à ses premières amours : avocat.

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ENTRETIEN - En pleine crise des "gilets jaunes", François Patriat, prône la fermeté et ne s'en cache pas. Le patron des 23 sénateurs La République en Marche ne souhaite pas de nouvelles concessions.
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2019-01-18 10:47:00
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